27 mai 2021

nu – nudité

Classé dans : Vocabulaire — Français_Dictionnaire simple @ 11 h 40 min

nudité

Fait d´apparaître sans fard, dans la vérité de son être ; sans faux-semblants. Se montrer au naturel.

L´incident a révélé sa méchanceté, a montré à nu son manque de cœur, l´a montré tel qu´il est réellement.

◊ Peu de personnes montrent tout d’abord leurs défauts à nu. Généralement, chacun tâche de se donner une écorce attrayante. — Balzac, Le Curé de Tours, 1832.

Emploi littéraire de nudité au sens moral.

Je voile la nudité de ma scélératesse avec des lambeaux du Texte sacré.

Je couvre la nudité de ma scélératesse de quelque vieux bout de phrase pris dans les Évangiles, pour mieux paraître un saint, quand je joue à fond le rôle du diable. — (trad. 2021) …And thus I clothe my naked villainy
With old odd ends, stol’n forth of holy writ;
And seem a saint, when most I play the devil. (I, 3. 336-338) — Shakespeare, Richard III, 1602.

 

NU, NUE (du lat. nudus) adj. Qui n’est couvert d’aucun vêtement : Un enfant nu. Des épaules nues. Dans l´état de nature, in naturalibus, à poil.

Dès qu´une femme est nue, on oublie son visage. (Joubert)
— Par exagér. Peu vêtu : Incendiés qui se sont enfuis NUS. || Mal vêtu : Arriver nu de sa province, || Par ext. Dépourvu des ressources de la vie : Ceux qui viennent au monde pauvres et nus. (A. de Vigny.)
nudité_sincérité — Par anal. Sans enveloppe, sans fourreau, sans étui :
Des mollusques à corps nu. Des épées nues, || Vin nu. Se dit du vin acheté (ou vendu) sans le vaisseau qui doit le contenir, || Sans ornements, sans décoration : Des murailles NUES. Il Sans verdure, sans feuillage : Une campagne nue. Il Maison nue, Sans meubles.
— Fig. Privé d’agrément, de consolation : Je me trouve toute NUE, toute seule de ne plus vous avoir. (Mme de Sévigné)
|| Simple à l’excès: La chasteté est nue comme Ève avant sa faute. (G. Sand.) || Sans fard, sans ornement, sans recherche : La vérité toute nue. || Style nu. Sans ornement.
— Loc. fam. Nu en chemise. Sans autre vêtement qu’une chemise, || Nu comme un ver, comme la main, comme un singe, Complètement nu; privé de tous biens, || S’enfuir,
S’en aller un pied chaussé et l’autre nu, Fuir, S’en aller précipitamment. || Être fait à quelque chose comme un chien à marcher nu-tête, Y être tout à fait habitué.
— Bot. Se dit des parties dépourvues des enveloppes qui entourent les mêmes parties dans d’autres végétaux.
|| Réceptacle nu, Celui qui est dépourvu d’écailles, de paillettes. || Fleur nue. Celle qui est dépourvue de bractées et d’involucre. || Amande nue. Celle dont les enveloppes propres sont soudées aux parois de la loge.
— Dr. Nue propriété. Propriété exclusive du fonds, sans usufruit, || Nu propriétaire. Celui qui possède la nue propriété. || Titre nu. Charge achetée sans clientèle.
— Manège. Se dit d’un cheval sans selle ni bride.
— Miner. Métal nu. Métal que l’on trouve pur, dépouillé de toute gangue.
— Physiq. Œil nu. Œil qui n’est aidé, dans les observations, d’aucun instrument : Étoiles visibles à l’œil nu.
|| Feu nu. Feu directement appliqué aux corps que l’on veut chauffer ou au vase qui les contient ; Chauffer un corps à FEU NU.
— Zool. Se dit de toutes les parties d’un animal qui ne portent ni duvet, ni poils, ni revêtement écailleux : La plupart des oiseaux ont les tarses nus.
— Gramm. Quand l’adjectif nu accompagne le nom d’une partie du corps, il peut se placer avant ce nom, auquel on le joint par un trait d’union, et il devient invariable : Aller nu-tête. nu-jambes, nu-pieds. (Cette forme n’est guère employée qu’avec les parties du corps énoncées ci-dessus, et l’on ne dirait pas Nu-épaules, nu-gorge, etc.)
— n. m. Personne nue ou mal vêtue : C’est une oeuvre de miséricorde que de vêtir les nus.
— Fig. Fond de la pensée, considérée indépendamment du style et des ornements du langage : Le NU de vos raisonnements. (Cormen.)
— Loc. adv. À nu. Sans vêtement : Mettre ses bras à nu.
|| Sans plumes, en parlant d’un oiseau : Un dindon ayant de trop belles plumes fut mis à nu par ses confrères. (H. Taine.) || Sans enveloppe : Meubles couverts de housses qui ne gagneraient rien à être montrés à nu. — Sans déguisement, sans mystère : Peu de personnes montrent tout d’abord leurs défauts à nu. (Balzac) — Sans ornement, sans apprêt : Les lettres, c’est le style à  nu ; les livres, c’est le style habillé. (Lamartine) — Monter un cheval à nu, Le monter sans selle et sans rien qui en tienne lieu. Monter à poil.
— B.-arts. Corps ou partie du corps dépouillé de tout vêtement : Le nu, en art, est chaste, || Forme réelle du corps nu : Même sous les plis flottants d’une draperie, il faut qu’on sente toujours les lignes du nu. (Sainte-Beuve.)
— Constr. Nu de . Partie du mur où l’épaisseur n’est augmentée ni diminuée par aucune espèce de saillie ou d’ornement.
— Larousse, Nouveau Larousse illustré, 1898.

<> Sincérité de Montaigne.

◊ « Au lecteur » — C’est ici un livre de bonne foi, lecteur. (…) Si c’eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu’on m’y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c’est moi que je peins. Mes défauts s’y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l’a permis.
Que si j’eusse été entre ces nations qu’on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t’assure que je m’y fusse très volontiers peint tout entier, et tout nu. — Montaigne, Essais, 1595.

« Je n’emporterai rien de toi, Hormis ma nudité, ô cité détestable ! » — (Shakespeare)

<> Audace de Rousseau. — Les Confessions, « une entreprise qui n’eut jamais d’exemple »

◊ Mis en accusation, Rousseau répond en se montrant dans sa nudité, à la fois différent des autres et naturel, fidèle à la bonté originelle.
Il accepte de dire l’individualité irréductible d’un moi dans tous ses détails, dans ses hontes, dans ses particularités physiques et sexuelles. « Voici le seul portrait d’homme, peint exactement d’après nature et dans toute sa vérité, qui existe et qui probablement existera jamais. » — (Michel Delon)

« Le nu est la sincérité du corps. »

« Pour être vraiment grec, il faut être nu. »

Références

↑ encyclopedie_universelle.fr-academic.com sincérité

↑ ► nudité  nudité en contexte

­ ↑ ► Balzac Joubert Montaigne Rousseau Shakespeare

¢ nudité_sincérité

<> 29/05/2021

11 mai 2021

éphèbe en contexte

Classé dans : en contexte,Vocabulaire — Français_Dictionnaire simple @ 10 h 43 min

Au Paradis, Les éphèbes beaux comme des perles récompensent les hommes pieux en leur versant à boire.

Aventures marocaines.  (Auguste Mouliéras)

◊ Dans cette délicieuse contrée des Djebala, surnommée Ech-Cham Ee-Cer’ir (la petite Syrie), tant la nature l’a gratifiée de ses dons, toutes les nuits, tous les soirs que Dieu fait, depuis Tétouan jusqu’à l’Ouad Çbou, des milliers de satyres ardents souillent, dans leurs priapées nocturnes, des êtres humains des deux sexes, en présence souvent de leurs compagnons de débauche.  (p.20).

danseur nu

Éphèbe de la Scala (Roberto Bolle)

◊ En parcourant ce pays, si différent de sa patrie, le derviche, qui n’est pas un ange, devait succomber un jour ou l’autre aux tentations de la chair. Jusqu’à présent, il avait constamment refusé toutes les bonnes fortunes qui se présentaient à lui, évitant de se mêler des affaires qui ne le regardaient pas, fuyant les prostitués des deux sexes.

En 1874, revenu à El-Djaya après de longues courses poussées jusqu’à la Méditerranée, on l’avait vu reparaître dans le hameau des Beni-bou-Zoulaih. Pour son malheur, un jeune écolier, comme il y en a tant dans les abominables universités djebaliennes, s’attacha à l’explorateur, s’instruisant près de lui, prodiguant à son mentor une fidélité de chien couchant. Le vagabond était servi comme un prince. L’éphèbe lui évitait toutes les corvées, faisant chauffer, apportant l’eau de ses ablutions, allant mendier pour lui la nourriture quotidienne, lui procurant toutes les douceurs qu’un instituteur marocain est en droit d’attendre de son élève.

Un mercredi matin, le derviche, dans le but de faire une surprise agréable à son page, lui annonça son intention de le mener au Souk’ el-Arbâ, tout près de Zrarda. L’enfant, ravi, s’écria – Partons tout de suite. Ils se mirent en route. Il est de mode, chez les Djebaliens, de ne jamais conduire un giton ou une gitonne au marché sans lui acheter des meh’asin, c’est-à-dire des raisins secs, des noix, des amandes, oranges, sucreries, etc. Aller au souk’ est une fête pour ces misérables créatures. Aussi Mohammed gava l’écolier de friandises avec les 2 ou 3 sous qu’il avait gagnés en vendant des talismans. Leurs emplettes faites, les deux amis sortirent du marché.

En gravissant la côte, au-dessous de Zrarda, ils s’aperçurent qu’ils étaient suivis. C’était un groupe d’individus, vêtus de djellabas noires, le fusil sur l’épaule, le sabre au côté. Les malandrins, pressant le pas, eurent bientôt fait de les rejoindre. Halte-là aïl, dirent-ils au giton à moitié mort de peur. Immédiatement, un fort gaillard, saisissant l’enfant par la main, l’entraîna sous bois. Pendant ce temps, deux hommes immobilisaient l’explorateur, lui faisant subir un long interrogatoire. – D’où es-tu ? – De Cenhadja. – Et le giton ? – Des Beni-bou Zoulath. – Comment ! Tu es Cehnadjen et tu te permets d’enlever un aïl de notre tribu ? Mohammed expliqua que c’était son élève ; il faisait son instruction, lui enseignait le Coran (…)

Un peu plus tard, réfugié dans une mosquée, il entend une agitation à l’extérieur : c’est le garçon qui s’est échappé. Mohammed sortit, aperçut l’enfant debout contre le mur de la mosquée, entouré d’une meute de clercs qui lui faisaient des avances. À la vue de son maître, l’aïl se précipita vers lui, le tira à l’écart, lui raconta que ses agresseurs, après lui avoir fait subir dans le bois les derniers outrages, l’avaient entraîné dans ce hameau, au beit eç-çoh’fa, où il avait été obligé de danser avec les autres gitons et gitonnes. Profitant d’un moment d’inattention de ses geôliers, il avait fui, espérant trouver à la mosquée aide et protection auprès de l’instituteur. Et maintenant, ses terreurs redoublaient en présence des étudiants, de cette bande de satyres, dont l’unique désir était de lui faire subir l’horrible supplice de la touiza.

Il y a, chez ces brutes humaines, une coutume d’une immoralité, d’une atrocité révoltante. Quand un giton ou une gitonne tombe, à la suite d’un vol ou d’une guerre, entre les mains des clercs de la mosquée ou des célibataires du club de la Gamelle (béït eç-çoh’fa), on le fait danser d’abord. Ensuite, tous les assistants, à tour de rôle, souillent la malheureuse victime. Cette abomination, la plus monstrueuse de toutes celles qui se passent sur notre petit tas de boue, a reçu le nom de touiza, par analogie avec la corvée de labour chez les Arabes. On punit aussi de la touiza tout mignon, toute courtisane, qui tente de s’évader, qui vole ses maîtres, leur désobéit, etc. » p.40.

Et si quelqu’un s’avise de s’élever contre l’abominable coutume, on lui répond, en haussant les épaules : – C’est écrit sur le soulier : tout sodomisé devient sodomite. Il est impossible d’avouer plus cyniquement la lèpre générale qui ronge la société (…et) a contaminé les femmes messariennes elles-mêmes. Moitié par lubricité, moitié par vengeance, elles se ruent sur les gitons, les entraînent à l’écart, et alors ce sont des scènes que je me refuse à décrire. Dans les petits centres dépourvus de bèït-eç-çoh’fa, les célibataires, les travailleurs des champs, les veufs, n’ont que la ressource du gros bétail   (p.472).  (tome 2 – exploration des Djelaba) — Auguste Mouliéras, Le Maroc inconnu, 1899.

<> Le monde rêvé des Claristes à Monte Veritá.

éphèbes nus Paradis

Bienheureux éphèbes.

Elisàr von Kupffer, Klarwelt der Seligen (Le monde clair des bienheureux).

<> Les jeunes amis des messieurs.

Les « imberbes »  accompagnent les hommes dans la vie quotidienne

◊ Le derviche continua sa promenade jusqu’à la mosquée que des mains pieuses ont élevée au centre du marché. Il croisait à tout instant des riches, des pauvres, des lettrés, des ignorants.

Tous se promenaient avec des gitons, car c’est une gloire de posséder un de ces éphèbes. Non seulement certaines femmes mariées ne sont point jalouses de cette répugnante concurrence, mais encore elles reprochent à leurs maris de ne pas avoir de âïl, quand il leur arrive d’en manquer. Il est difficile à un étudiant, qui n’a pas son mignon, d’obtenir la retba dans une mosquée, car on craint qu’il ne veuille s’emparer d’un éphèbe appartenant à l’un de ses condisciples. Il va sans dire que ces mœurs épouvantables sont l’apanage exclusif des individus sans aucune moralité.

Les vrais savants, les vieux chérifs, les marabouts, tous ceux qui se respectent, – oh! une bien petite minorité, – ont une conduite à peu près convenable. Ils ne songent pas, il est vrai, à s’élever contre le vice universel, sachant bien qu’ils seraient impuissants à le faire disparaître. Toutefois, en guise de protestation, ils répondent aux chansonnettes obscènes, au mépris affiché de la femme en général et de la femme honnête en particulier, par cette glorification du mariage et de la jeune fille immaculée.

anges nus angelus

Prière du soir.

Hymne à la vierge marocaine

O mon Dieu ! donne-nous pour femme légitime
Une vierge gracieuse comme le croissant,
Ayant déjà jeûné deux ou trois fois (ayant 10 ou 13 ans),
Jeune et charmante,
À la poitrine et aux épaules larges,
À la chevelure et au teint bruns ,
Aux lèvres et aux joues écarlates,
Aux yeux noirs comme de l’encre,
Obéissante envers son Dieu et son mari,
Faisant ses prières à l’heure prescrite.
— Auguste Mouliéras, Le Maroc inconnu – T. 2 Exploration des Djebala (Maroc septentrional) — Beni Zéroual – (p. 65)

<> Enlèvement d’un éphèbe     

< Toute cette belle province des Djebala est d’une fertilité étonnante. C’est le jardin du Maroc, l’Éden des paresseux et des libertins, la région la plus favorisée et aussi la plus perverse de l’Empire, celle où l’on ose ériger en axiome cet abominable proverbe:

Celui qui n’a pas été éduqué en giton ne sera jamais un homme ! >

Le derviche aura toute la vie présent à la mémoire le jour néfaste où il vit son condisciple et ami, le fils du magister du village des Beni-Izzou, enlevé par une troupe de satyres, entre En-Nok’la et Er-Rkiba. (Voir la carte des Beni-Zéroual.)

Le jeudi étant un jour de vacances, le vieil instituteur en profita pour aller rendre visite à son collègue d’Er-Rkiba. II emmena avec lui son fils, petit jeune homme d’une vingtaine d’années, complètement imberbe. Mohammed ben T’ayyéb, comme toujours, voulut être du voyage. Tout alla bien jusqu’à là côté située entre En-Nok’la et Er-Rkiba. Au moment où les trois clercs s’engageaient dans le bois d’oliviers, au milieu duquel ces deux villages sont bâtis, huit hommes armés, dissimulés derrière les arbres, surgirent soudain devant eux.

— Salut, dirent-ils. D’où venez-vous ?
— Des Beni-Izzou, répondit l’instituteur.
— Ah ! Ah ! firent les bandits, justement nous cherchions des gens de ce village Et ce mignon, à qui est-il ?
— C’est mon fils, dit le magister.
— N’importe Il viendra avec nous.

En disant ces mots, ils saisirent le jeune homme, l’entraînèrent avec eux derrière les oliviers. Le père suivait, les suppliant de lui rendre son enfant. L’un des chenapans se retourna, assena sur la tête du vieillard un coup violent avec un bâton crochu appelé dans le pays bt´on el-h’out (ventre de poisson). L’instituteur ne tomba pas, mais un flot de sang l’aveugla, ruisselant sur son front et son visage. Mohammed s’étant rapproché de son maître, l’homme vint lui crier sous le nez

— Dis donc, le fou ! Un pas de plus, et je t’en fais autant !

Et il se planta là, leur barrant la route d’Er-Rkiba. L’instituteur et le derviche obliquèrent alors du côté d’En-Nok’la, où ils passèrent la nuit, non sans se plaindre au maître d’école de ce qui leur était arrivé.

Celui-ci, dès le lendemain matin, raconta aux membres de la djemaâ la mésaventure de Mohammed et de son compagnon. L’agression n’ayant pas été commise par les habitants d’En-Nok´la, il était évident que les gens d’Er-Rkiba en étaient les auteurs.

Le Conseil expédia aussitôt vers le hameau voisin une cinquantaine de piétons armés. La députation arriva à Er-Rkiba, exposa aux membres de la djemaâ le but de sa visite, ajoutant que, si le jeune homme n’était pas rendu immédiatement à son père de graves évènements auraient lieu. On n’eut pas à chercher l’étudiant bien loin. Il était au beït eç çoh´fa, où on l´avait fait danser une grande partie de la nuit. On le ramena à l´auteur de ses jours. Le vieillard se dispensa d’interroger son fils, se doutant d’avance des réponses que le malheureux enfant aurait pu lui faire sur les conséquences de sa capture.  — Auguste Mouliéras, Le Maroc inconnu – Exploration des Djebala — Beni Zéroual –  (p. 77)

éphèbe : Paradis Maroc mœurs_sexe giton esclave_sexuel touiza Monte_Veritá

<> 16/05/2021

dévolu 177

Classé dans : Dictionnaire français — Français_Dictionnaire simple @ 7 h 28 min

dévolu    177  > diapédèse
DÉVOLU, UE. adj.
*  T. de Droit. Qui passe, qui est transporté d’une personne à une autre, qui est acquis, échu à quelqu’un en vertu d’un droit. La moitié affectée à la ligne maternelle a été, faute d’héritiers dans cette ligne, dévolue à la ligne paternelle. Sa pension vous est dévolue de droit. Le droit qui lui est dévolu. Terre dévolue à la couronne. On a dit dans un sens analogue, Procès dévolu à la cour. Voyez DÉVOLUTIF.
DÉVOLU. s. m.
*  Provision d’un bénéfice vacant par l’incapacité ecclésiastique de celui qui en est en possession. Avoir un bénéfice par dévolu. Prendre, obtenir un dévolu. Plaider, poursuivre un dévolu. On dit dans un sens analogue, Un bénéfice tombé en dévolu, vacant par dévolu.
*  Jeter un dévolu, Faire signifier un dévolu.
*  Fig. et fam., Jeter son dévolu, un dévolu sur quelqu’un, sur quelque chose, Arrêter ses vues, fixer son choix sur quelqu’un, sur quelque chose.
DÉVOLUTAIRE. s. m.
*  Celui qui a obtenu un dévolu.
DÉVOLUTIF, IVE. adj.
*  T. de Jurispr. Qui fait qu’une chose passe, est transportée d’une personne à une autre. Il se dit principalement D’un appel qui saisit de la connaissance d’une affaire un juge supérieur. Appel dévolutif.
DÉVOLUTION. s. f.
*  T. de Droit. Transport, transmission d’un bien, d’un droit, etc., qui se fait d’une personne à une autre en vertu d’un droit. Cette terre, cette seigneurie revint au roi, lui fut acquise par dévolution. Il y eut dévolution de la ligne paternelle à la ligne maternelle. Droit de dévolution.
DÉVORANT, ANTE. adj.
*  Qui mange en dévorant. Lion dévorant. Bête dévorante.
*  Il signifie également, Qui consomme beaucoup, ou Qui excite à manger beaucoup et avidement. Estomac dévorant. Faim dévorante. Appétit dévorant.
*  Il signifie figurément, Qui consume, qui détruit avec plus ou moins de rapidité. La flamme dévorante. Le temps, dans sa marche dévorante.
*  Il se dit aussi figurément, tant au sens physique qu’au sens moral, De certaines choses qui se font sentir avec plus ou moins de violence. Un mal dévorant. Soif dévorante. La chaleur est dévorante. Sentir dans les entrailles un feu dévorant. Ardeur dévorante.
*  Air dévorant, Air extrêmement subtil, et dangereux pour les personnes dont la poitrine est délicate. On dit à peu près dans le même sens, Un climat dévorant.
DÉVORER. v. a.
*  Manger une proie en la déchirant avec les dents. Les bêtes l’ont dévoré. Il a été dévoré par les lions, par les tigres, etc. La Fable dit que Saturne dévorait ses enfants.
*  Il signifie aussi, Avaler goulûment, manger avidement. Les crocodiles dévorent quelquefois des hommes. Les requins dévorent les autres poissons. Il eut dévoré le tout en un moment. On l’emploie souvent sans régime, surtout dans le langage familier. Cet homme ne mange pas, il dévore.
*  Il se dit quelquefois dans le sens de Manger entièrement, sans rien laisser, surtout en parlant Des animaux destructeurs. Les chenilles ont dévoré toutes les feuilles de ce rosier. Les oiseaux dévorent tous nos raisins.
*  Fig., Dévorer un livre, des livres, Les lire avec avidité, avec une extrême promptitude. Il ne lit pas les livres, il les dévore. J’ai dévoré ce roman.
*  Fig., Dévorer des yeux, Tenir les yeux fixement attachés sur une personne ou sur une chose, avec l’expression du désir. Il la dévorait des yeux.
*  Fig., Dévorer une chose en espérance, La convoiter avec ardeur et avec l’espérance de la posséder bientôt.
*  Fig., C’est une terre qui dévore ses habitants, se dit D’un pays où ceux qui y demeurent ne vivent pas d’ordinaire longtemps.
*  Fig., Dévorer les difficultés, Venir à bout courageusement des difficultés que l’on rencontre dans ses études.
*  Fig., Dévorer ses larmes, Retenir ses larmes quand elles sont près de s’échapper. Dévorer ses chagrins, etc., Ne pas les laisser paraître. Dévorer un affront, une injure, etc., Cacher le ressentiment d’un affront, etc.
*  DÉVORER, signifie figurément, Consumer, détruire. Les flammes ont dévoré ces chefs-d’oeuvre. Le temps dévore tout.
*  Il se dit, dans un sens analogue, De l’effet que produisent en nous la faim et la soif, quand elles sont devenues pressantes, les longues peines d’esprit, les passions très-ardentes, etc. La faim, la soif le dévore. La fièvre qui le dévore. Un feu secret la dévore. Il ne peut plus maîtriser l’ardeur qui le dévore. L’ennui, le chagrin le dévore. Être dévoré d’inquiétude. Être dévoré d’ambition.
*  DÉVORER, s’emploie aussi avec le pronom personnel, comme verbe réciproque, et se dit surtout au propre. Les brochets se dévorent les uns les autres.
*  DÉVORÉ, ÉE. participe
DÉVOT, OTE. adj.
*  Pieux, attaché aux pratiques religieuses. Être dévot. Les personnes dévotes. Les âmes dévotes. Les commencements de la vie dévote sont pleins d’épines, mais les suites en sont douces. Être dévot à la Vierge.
*  Il se dit quelquefois, par dénigrement, De celui qui fait consister la religion dans les pratiques extérieures du culte. Cet homme si dévot ne craint pas d’exercer l’usure. Louis XI fut un prince dévot et cruel.
*  Il se dit également De ce qui caractérise une personne dévote. Avoir l’air dévot, l’extérieur, le maintien dévot. Un ton dévot.
*  Il signifie aussi, Qui est fait avec dévotion, ou qui excite à la dévotion. Prière dévote. Chant dévot. Oraison dévote.
*  DÉVOT, s’emploie comme substantif, en parlant Des personnes dévotes. On ne peut trop estimer les vrais dévots. Les faux dévots sont dangereux. Faire le dévot. C’est une dévote, une vieille dévote.
*  Il se prend de même substantivement, dans le sens de Faux dévot. Ne vous y fiez pas, c’est un dévot. Il s’est attiré la haine des dévots.
*  C’est une de ses dévotes, se dit D’une femme qui est sous la direction d’un ecclésiastique.
DÉVOTEMENT. adv.
*  D’une manière dévote et pieuse. Prier Dieu dévotement. Entendre dévotement la messe.
DÉVOTIEUSEMENT. adv.
*  Dévotement. Il est vieux.
DÉVOTIEUX, EUSE. adj.
*  Dévot. C’est un homme fort dévotieux.
DÉVOTION. s. f.
*  Piété, attachement aux pratiques religieuses. Vraie dévotion. Fausse dévotion. S’adonner à la dévotion. Se mettre, se jeter dans la dévotion. Être dans la dévotion, dans une grande dévotion. Exciter à la dévotion. Donner, inspirer de la dévotion. Faire quelque chose par dévotion. Avoir dévotion à un saint, à une église. N’avoir point de dévotion. Être sans dévotion. Sa dévotion est bien refroidie.
*  Fête de dévotion, jeûne de dévotion, Fête, jeûne qu’on observe par pure dévotion, et que l’Église n’a point commandé.
*  Livres de dévotion, Livres qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques, etc.
*  Tableau de dévotion, Tableau représentant un sujet pieux.
*  Prov. et fig., Il n’est dévotion que de jeune prêtre, On n’a jamais plus d’ardeur dans une profession, dans une entreprise, que lorsqu’on la commence.
*  L’offrande est à dévotion, On donne ce qu’on veut à l’offrande. À l’offrande qui a dévotion, Va à l’offrande qui veut.
*  DÉVOTION, signifie aussi, L’action d’accomplir des pratiques religieuses ; et, au pluriel, Ces pratiques mêmes. Il est en dévotion. Je vous ai vu en dévotion. Je n’ai pas voulu interrompre votre dévotion. Après avoir fait toutes leurs dévotions au tombeau du prophète, ils repartirent.
*  Il se dit particulièrement, au pluriel, de La communion. Cette dame a fait hier ses dévotions.
*  DÉVOTION, signifie, par extension, Dévouement, disposition à faire tout ce que veut une personne, tout ce qui peut lui plaire. Ma dévotion pour vous est sans bornes. On dit aussi, Être à la dévotion de quelqu’un, Lui être tout dévoué ; et de même, Tout ce qu’il a est à la dévotion d’un tel.
DÉVOUEMENT. s. m.
*  (On prononce, et plusieurs écrivent, Dévoûment.) Abandonnement aux volontés d’un autre, disposition à le servir en toute occasion. Il s’est donné à ce prince, à ce ministre avec un entier dévouement. Il sert ses amis avec un dévouement sans exemple. Il a donné des preuves de son dévouement. Dévouement sans bornes. Acte de dévouement Son dévouement au prince est bien connu.
*  Il signifie aussi, L’action de s’exposer à un grand péril, ou à une mort certaine, par humanité, par patriotisme, etc. Le dévouement de d’Assas. Le dévouement des médecins pendant cette épidémie.
*  Il se dit particulièrement, lorsqu’il s’agit de L’acte religieux des anciens par lequel un citoyen s’offrait volontairement aux divinités infernales, pour faire retomber sur sa tête le malheur dont la république se croyait menacée. Le dévouement de Codrus, le dévouement de Décius, sont célèbres dans l’histoire.
DÉVOUER. v. a.
*  Vouer, consacrer, livrer sans réserve. Il a dévoué ses enfants au service de la patrie. Dévouer quelqu’un au mépris, à la haine, à l’exécration.
*  Il s’emploie souvent avec le pronom personnel. Se dévouer à ses amis, à sa patrie, au bien public. Se dévouer au service, aux volontés de quelqu’un Se dévouer à la mort pour le bien de sa patrie.
*  Il signifie particulièrement, dans le même emploi, S’exposer à un grand péril, ou se dévouer à une mort certaine, par attachement pour quelqu’un, par humanité, par patriotisme, etc. Il se dévoua généreusement pour la sauver. Il s’est plusieurs fois dévoué pour sauver des gens qui se noyaient. Le Fils de Dieu voulut se dévouer pour nous. Se dévouer pour son pays, pour le salut, pour la gloire de sa patrie. Tous trois se dévouèrent. S’il faut une victime, je me dévoue.
*  DÉVOUÉ, ÉE. participe, C’est un homme dévoué. L’ami le plus dévoué.
*  Être dévoué à quelqu’un, Être disposé à suivre toutes ses volontés, à tout faire pour lui être utile ou agréable. Cet homme m’est tout à fait dévoué. On l’emploie quelquefois par exagération, Pour exprimer une simple disposition à obliger. Disposez de moi comme il vous plaira, je vous suis tout dévoué.
*  Par exagérat., Je suis votre dévoué serviteur. Formule de politesse par laquelle on termine souvent les lettres adressées à des égaux ou même à des inférieurs. On termine aussi quelquefois par la formule, Votre dévoué, votre très-dévoué, mais seulement Lorsqu’on écrit à une personne avec laquelle on vit un peu familièrement.
DÉVOYER. v. a.
*  (Il se conjugue comme Employer.) Détourner de la voie, du chemin. Ce guide l’a dévoyé. On l’emploie aussi avec le pronom personnel. Il ne savait pas le chemin, il s’est dévoyé. En ce sens, il vieillit : on dit mieux, Égarer.
*  Fig. et fam., Se dévoyer du chemin de la vérité, Quitter le bon chemin, le chemin de la vérité.
*  Dévoyer un tuyau de cheminée, de descente, etc., Le détourner de la ligne verticale, lorsqu’il rencontre un obstacle.
*  DÉVOYER, signifie en outre, Donner le dévoiement. Ces aliments l’ont dévoyé. Ces fruits l’ont dévoyé. Cette boisson lui a dévoyé l’estomac.
*  DÉVOYÉ, ÉE. participe, Un tuyau dévoyé.
*  Il s’emploie aussi comme substantif, dans le langage mystique ; et alors il se dit de Ceux qui ne sont pas dans la voie du salut. Ramener les dévoyés.
DEXTÉRITÉ. s. f.
*  Adresse de la main. Avoir de la dextérité, beaucoup de dextérité. Il joue des gobelets avec une grande dextérité.
*  Il se dit, figurément, de L’adresse de l’esprit. Avoir de la dextérité à manier les affaires. Il a conduit cette intrigue avec beaucoup de dextérité.
DEXTRE. s. f.
*  La main droite, ou Le côté droit, le côté de la main droite. Assis à la dextre de Dieu, à la dextre du Tout-Puissant, à la dextre du Père. Il ne s’emploie que dans ces sortes de phrases, où même il est vieux.
*  En termes de Blason, Le côté dextre, Le côté droit. À dextre, À droite.
DEXTREMENT. adv.
*  Avec dextérité. Il a fait cela fort dextrement. Il est vieux.
DEY. s. m.
*  Le chef de l’ancien gouvernement d’Alger. Le dey d’Alger était vassal du Grand Seigneur.
DIA*  Mot dont les charretiers se servent pour faire aller leurs chevaux à gauche, comme ils se servent des mots Hue, Huhau ou Hurhau, pour les faire aller à droite.
*  Prov., fig. et pop., Il n’entend ni à dia, ni à huhau, On ne saurait lui faire entendre raison.
*  Prov., fig. et pop., L’un tire à dia, et l’autre à huhau, ou L’un tire à hue et l’autre à dia, se dit Lorsque deux personnes, dans la conduite de l’affaire dont elles sont chargées, prennent des moyens qui se contrarient.
DIABÈTE. s. m.
*  T. de Médec. Maladie qui est caractérisée par une excrétion très-abondante d’urine contenant une matière sucrée.
DIABÉTIQUE. adj. des deux genres
*  T. de Médec. Qui tient du diabète. Affection diabétique. Flux diabétique.
DIABLE. s. m.
*  Démon, esprit malin, mauvais ange. Diable d’enfer. Être possédé du diable. Une tentation du diable. Chasser les diables. On prétendait qu’il avait fait un pacte avec le diable. Invoquer les diables. La puissance du diable. Le diable ne lui aurait pas fait plus de peur. Je crus voir le diable, tant son aspect me surprit, m’effraya.
*  DIABLE, dans les emplois figurés qui suivent, est très-familier ou même populaire.
*  Prov., Le diable n’y perd rien, se dit en parlant D’une personne qui sait habituellement maîtriser et cacher les passions et les sentiments qui la tourmentent. Cette personne est ordinairement très-calme ; mais le diable n’y perd rien. Cela se dit également en parlant Des souffrances qu’on dissimule. Je n’ai pas l’air de souffrir, mais le diable n’y perd rien.
*  Prov., Quand il dort, le diable le berce, ou absolument, Le diable le berce, se dit D’un homme inquiet, qui roule toujours dans sa tête quelque dessein contraire au repos des autres ou au sien.
*  Prov., Les menteurs sont les enfants du diable.
*  Prov., Le diable était beau quand il était jeune, La jeunesse a toujours quelque chose d’agréable, même dans les personnes les plus laides.
*  Cette femme a la beauté du diable, Elle n’est pas jolie, mais elle a la fraîcheur de la jeunesse.
*  Prov., Quand le diable fut vieux, il se fit ermite, se dit en parlant De quelqu’un qui, après avoir fait le libertin, devient dévot sur ses vieux jours.
*  Prov., Le diable est aux vaches, est bien aux vaches, Il y a du vacarme, du désordre, de la brouillerie, etc.
*  Prov., Les diables sont déchaînés, se dit Quand il arrive de grands mouvements, de grands malheurs.
*  Prov., Le diable bat sa femme, se dit Quand il pleut et qu’il fait soleil en même temps.
*  Prov., Il est comme le valet du diable, il fait plus qu’on ne lui commande, ou simplement, Il fait le valet du diable, se dit D’un homme qui, par zèle ou par tout autre motif, fait plus qu’on ne lui dit.
*  Prov., Il mangerait le diable et ses cornes, se dit D’un grand mangeur.
*  Le diable ne lui ferait pas faire telle chose, On aurait bien de la peine à lui faire faire telle chose. Quand une fois il a dit Non, le diable ne lui ferait pas dire Oui. Le diable ne lui ferait pas lâcher prise.
*  Prov., Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit D’un méchant homme, d’un homme déterminé qu’aucune crainte n’arrête.
*  Prov. et fig., Il vaut mieux tuer le diable, que le diable nous tue, Dans le cas de défense personnelle, il vaut mieux tuer son ennemi, que de s’en laisser tuer.
*  Prov. et fig., Brûler une chandelle au diable, Flatter un pouvoir injuste pour en obtenir quelque chose.
*  Prov. et fig., Tirer le diable par la queue, Avoir beaucoup de peine à se procurer de quoi vivre.
*  Prov. et fig., Loger le diable dans sa bourse, N’avoir pas le sou.
*  Prov. et fig., Le diable n’est pas toujours à la porte d’un pauvre homme, Un homme malheureux ne l’est pas toujours.
*  Avoir le diable au corps, Être méchant, furieux. Il querelle et bat tout le monde, il a le diable au corps. On le dit quelquefois en parlant D’un homme qui montre beaucoup d’adresse, de courage, de force, de talent ou d’esprit. Tout ce qu’il fait est prodigieux, je crois qu’il a le diable au corps, il faut qu’il ait le diable au corps. On le dit quelquefois, dans le premier sens, en parlant Des animaux. Ce cheval a le diable au corps.
*  Avoir un esprit de tous les diables, Avoir beaucoup d’esprit.
*  Prov., C’est le diable à confesser, se dit D’un aveu difficile à obtenir, et en général D’une chose difficile à faire. Dans le dernier sens, on dit aussi, C’est le diable. C’est le diable pour obtenir de lui quelque argent.
*  C’est le diable, c’est là le diable, voilà le diable, se dit De ce qu’il y a de pénible, de difficile, de fâcheux, de contrariant dans la chose dont il s’agit. Nous aurions besoin de son consentement, et il le refuse : c’est là le diable.
*  Cela se fera, ou il faudra que le diable s’en mêle, à moins que le diable ne s’en mêle, si le diable ne s’en mêle, Cette affaire se fera malgré tous les obstacles. Cette affaire ne se fera pas, à moins, etc., Il est presque impossible que cette affaire réussisse. On dit dans le même sens, Cela se fera si le diable s’en mêle.
*  Veuille Dieu, veuille diable, je n’en aurai point le démenti, Je suis bien résolu de faire telle chose.
*  Quand le diable y serait, se dit Pour exprimer qu’une chose paraît difficile, impossible, incroyable. Quand le diable y serait, vous ne me ferez pas croire cela.
*  Le diable n’y verrait goutte, se dit en parlant D’une chose fort difficile à comprendre, à débrouiller. L’affaire est maintenant si embrouillée, que le diable n’y verrait goutte.
*  Donner, envoyer au diable, à tous les diables, à tous les cinq cents diables, Maudire, rebuter, repousser, renvoyer avec colère, avec indignation. On dit de même : Va-t’en au diable. Qu’il s’en aille au diable, à tous les diables, etc. Que le diable t’emporte, l’emporte, etc. Je voudrais que tu fusses, qu’il fût au diable, à tous les diables, aux cinq cents diables. Que le diable, ou simplement, Le diable soit de lui, de toi, etc. Au diable soit l’imbécile, le sot, etc., qui a fait telle chose !
*  Au diable celui qui le fera, se dit Pour faire entendre que personne ne pourra ou n’osera faire la chose dont il s’agit.
*  Au diable le profit que j’en ai tiré, se dit Pour faire entendre qu’on n’a tiré aucun profit d’une affaire.
*  Fi, fi ! au diable ! sert À marquer le mépris, l’aversion.
*  Au diable ! se dit Lorsqu’on se rebute, lorsqu’on renonce à faire une chose difficile ou très-pénible. Au diable ! je n’en viendrai jamais à bout. Au diable ! cela me fatigue trop.
*  Fig., S’en aller au diable, à tous les diables, Se perdre, disparaître tout à fait. Mon chapeau, emporté par le vent, s’en est allé à tous les diables. Cela signifie aussi, Manquer, échouer. Je crains bien que mon mariage ne s’en aille à tous les diables. L’affaire s’en va au diable, à tous les diables. On dit de même, dans l’un et dans l’autre sens, Être à tous les diables.
*  Fig., Être au diable, Être excessivement loin. Cela est au diable, on ne saurait l’apercevoir. Il est au diable, en Amérique, je crois.
*  Fig., Se donner au diable, se dit Lorsqu’on se donne beaucoup de mal, beaucoup de mouvement et de peine pour quelque chose. Je me suis donné au diable inutilement pour que la chose réussît. Certes, la chose est aisée, et il ne faut pas se donner au diable pour la faire. Il signifie aussi, Se désespérer.
*  Cela me ferait donner au diable, se dit Pour exprimer la vive impatience, le dépit violent qu’on éprouve de quelque chose. Vos sottes raisons me feraient donner au diable. Cet enfant me fait donner au diable avec son indolence.
*  Je me donne au diable, je veux que le diable m’emporte, si… Le diable m’emporte, si… Le diable m’emporte. Locutions qui sont quelquefois employées, par forme de serment, pour affirmer ou nier avec plus d’énergie. Je me donne au diable, je veux bien me donner au diable, je veux que le diable m’emporte, si j’y comprends un mot. Que le diable m’emporte, si cela n’est pas comme je le dis. Non, le diable m’emporte, je n’en savais rien. On dit de même, Du diable si… et Au diable si… Du diable si j’y comprends rien. On a beau l’appeler, du diable s’il répond. Au diable si l’on m’y rattrape.
*  Par chagrin ou par dépit, Le diable s’en pende !
*  Par forme de serment, Je n’en ferai rien, de par tous les diables.
*  Fig., Faire le diable, faire le diable à quatre, Faire beaucoup de bruit, causer beaucoup de désordre, s’emporter à l’excès. Ils ont fait le diable, le diable à quatre dans cette auberge. Cela signifie aussi, Se donner beaucoup de peine, de mouvement pour quelque chose. Il a fait le diable à quatre pour l’obtenir, pour l’empêcher. L’affaire a réussi, ou n’a pas réussi, quoiqu’il y ait fait le diable à quatre.
*  Fig., Faire le diable contre quelqu’un, Faire du pis qu’on peut contre lui. Dire le diable contre quelqu’un, En médire ou le calomnier impitoyablement.
*  Cela ne vaut pas le diable, se dit D’une chose qui ne vaut rien, ou qui est fort mauvaise dans son genre. Ce roman ne vaut pas le diable.
*  DIABLE, se dit aussi, figurément, d’Une personne très-méchante, ou violente, emportée, ou d’une pétulance excessive, d’une turbulence incommode et bruyante. C’est un diable, un diable incarné, un diable d’enfer, un diable déchaîné, un vrai diable. Avec son air de douceur, cette femme est un vrai diable. C’est un diable, un petit diable que cet enfant-là. Cet enfant est bien diable.
*  Prov., Il n’est pas si diable qu’il est noir, Cet homme n’est pas si méchant qu’il le paraît.
*  DIABLE, se dit encore, tant en bonne qu’en mauvaise part, d’Une personne remarquable par quelque qualité, par ses moeurs, par ses manières. C’est un diable pour la force, pour l’adresse, etc. Mais c’est donc un diable, c’est donc le diable que cet homme-là, pour avoir tenu seul contre dix ! Ce diable d’homme trouve toujours des expédients. Ce diable-là n’est jamais embarrassé. Où ce petit diable va-t-il chercher tout ce qu’il dit ? Ce diable d’homme ne se corrigera donc jamais ? Cette diable de femme fait de moi tout ce qu’elle veut.
*  Ce diable d’homme, cette diable de femme, etc., se disent quelquefois par dépit contre un homme ou une femme. Ce diable d’homme ne veut pas me comprendre. Cette diable de femme est venue là bien mal à propos.
*  Un bon diable, Un homme de bonne humeur, de bon caractère, et commode à vivre. Il est assez bon diable.
*  Un méchant diable, Un homme méchant et rusé.
*  Un pauvre diable, Un homme qui est dans la misère. C’est un pauvre diable chargé de famille.
*  Un grand diable, Un homme grand et dégingandé.
*  DIABLE, s’emploie même en parlant De certaines choses. Ainsi on dit : Une diable d’affaire, un diable de négoce, de métier, etc., en parlant D’une affaire difficile, fâcheuse, d’un négoce peu lucratif, etc. ; Une diable de pluie, un diable de vent, etc., en parlant d’Une pluie, d’un vent incommode, nuisible.
*  Une affaire du diable, une difficulté de diable, Une affaire très-compliquée, ou qui a, qui peut avoir de très-grandes suites ; une très-grande difficulté, etc. On dit de même : Un froid de diable, un vent, une pluie du diable, Un froid excessif, un vent très-violent, etc. Il avait une peur de diable, Il avait une peur extrême.
*  DIABLE, s’emploie souvent comme Interjection de surprise, d’admiration, de doute, de mécontentement, d’inquiétude, etc. Diable ! comme vous y allez ! Diable ! cela n’est pas aisé à faire. Ah diable ! je n’y pensais pas. Diable ! cela devient sérieux. Diable ! comment ferons-nous ? Diable ! vous faites là de belles affaires.
*  Il est employé d’une manière analogue dans les phrases suivantes et autres semblables : Où diable va-t-il prendre tout ce qu’il dit ? Qui diable vous a dit cela ? Je ne sais ce que diable il est devenu. Que diable me veut-il ? Comment diable vais-je m’y prendre ? Que diable avez-vous fait, avez-vous dit ? À quoi diable s’amuse-t-il ? Que diable ! vous avez peur ?
*  DIABLE, substantif, se dit en outre d’Une sorte de double toupie que l’on fait tourner rapidement sur une corde attachée à deux baguettes, et qui ronfle avec beaucoup de bruit. Le jeu du diable.
*  Il se dit aussi d’Une espèce de charrette à quatre roues fort basses, qui sert au transport de certaines marchandises, et qui fait beaucoup de bruit en roulant sur le pavé.
*  Il se dit également d’Un petit chariot à deux roues dont les maçons se servent pour transporter les pierres.
*  DIABLE, en Histoire naturelle, se dit d’Une espèce de cigale, ainsi que de Divers oiseaux, et de Quelques poissons.
*  EN DIABLE. loc. adv. Fort, extrêmement. Frapper en diable. Mentir en diable. Cela tient en diable. Cette eau-de-vie est forte en diable. On dit quelquefois dans le même sens, En diable et demi. Il l’a battu en diable et demi. On dit aussi, Comme le diable, comme un beau diable, comme tous les diables. Il l’a battu comme le diable. Crier comme un beau diable. Il ment comme tous les diables.
*  À LA DIABLE. loc. adv. Très-mal. Cela est fait à la diable, ou simplement, Cela est à la diable. Il nous a donné un ragoût à la diable. Cette affaire va, marche à la diable.
*  Être fait à la diable, Être habillé sans goût, ou Avoir ses vêtements en grand désordre.
DIABLEMENT. adv.
*  Excessivement. Cela est diablement chaud. Voilà une femme diablement laide. C’est un homme diablement entêté. Il est très-familier.
DIABLERIE. s. f.
*  Sortilège, maléfice. Il se mêlait de diablerie. Il y a là de la diablerie.
*  Il se dit aussi Des prétendues possessions, des ensorcellements. La diablerie de Loudun. Ces diableries n’abusent plus personne.
*  Il se dit, figurément et familièrement, en parlant De tout mauvais effet dont on ne peut découvrir la cause, et surtout Des machinations secrètes qui nuisent au succès d’une affaire. Il y a quelque diablerie là-dessous, là dedans.
*  Il s’est dit autrefois de Certaines pièces populaires où le diable jouait ordinairement le principal rôle. Une diablerie à quatre personnages.
DIABLESSE. s. f.
*  Terme d’injure qui se dit ordinairement d’Une femme méchante et acariâtre. C’est une diablesse, une vraie diablesse. Cette femme est bien diablesse.
*  Une bonne diablesse, une pauvre diablesse, une méchante diablesse, une grande diablesse, se disent dans le même sens que Bon diable, pauvre diable, méchant diable, grand diable.
DIABLEZOT
*  Sorte d’exclamation du langage familier. Vous pensez qu’on doive vous croire, diablezot, Je ne suis point assez sot pour cela. Vous me conseillez de faire cela, diablezot, Je ne suis point assez sot pour le faire.
DIABLOTIN. s. m.
*  Petite figure de diable. Un tableau où on a représenté des diables et des diablotins qui tentent saint Antoine.
*  Il se dit figurément d’Un méchant petit enfant. Cet enfant est un vrai diablotin.
*  DIABLOTIN, se dit aussi d’Une espèce de dragée faite de chocolat et couverte de nonpareille. Une livre de diablotins. Manger des diablotins.
DIABOLIQUE. adj. des deux genres
*  Qui est du diable, qui vient du diable. Tentation diabolique. Suggestion diabolique.
*  Il se dit, au figuré, De tout ce qui est extrêmement méchant, pernicieux dans son genre. Esprit diabolique. Méchanceté diabolique. Artifice diabolique. Une invention diabolique.
*  Il se dit aussi De ce qui est fort mauvais. Il nous a menés par un chemin diabolique. On nous servit un ragoût diabolique.
*  Il se dit encore De ce qui est très-difficile, très-pénible. C’est une affaire diabolique. J’ai là un travail diabolique. Ce sens et le précédent sont familiers.
DIABOLIQUEMENT. adv.
*  Avec une méchanceté diabolique. C’est une chose diaboliquement inventée. C’est une calomnie forgée diaboliquement. Conjuration machinée diaboliquement.
DIACHYLON. s. m.
*  T. de Pharmacie. Emplâtre considéré comme résolutif, et dans lequel il entre des substances mucilagineuses. Diachylon simple. Diachylon composé. On écrit aussi, Diachylum (qui se prononce Diachilome).
DIACODE. s. m.
*  T. de Pharmacie. Sirop fait avec la décoction des têtes de pavots blancs. On dit quelquefois adjectivement, Sirop diacode.
DIACONAL, ALE. adj.
*  Qui appartient au diacre, qui a rapport au diacre. Fonctions diaconales.
DIACONAT. s. m.
*  Le second des ordres sacrés, ou l’office de diacre. Être promu au diaconat.
DIACONESSE. s. f.
*  Il se dit Des veuves et des filles qui, dans la primitive Église, étaient employées à certains ministères ecclésiastiques. Les diaconesses étaient chargées de déshabiller les femmes et les filles qu’on baptisait. On dit aussi, Diaconisse.
DIACRE. s. m.
*  Celui qui est promu au second des ordres sacrés. C’est au diacre à chanter l’évangile. Faire diacre à la grand’messe.
DIADELPHIE. s. f.
*  T. de Botan. Classe du système de Linné, qui comprend les plantes à plusieurs étamines réunies par leurs filets en deux corps distincts. La plupart des plantes légumineuses appartiennent à la diadelphie.
DIADÈME. s. m.
*  Sorte de bandeau qui était la marque de la royauté parmi les anciens, et dont les rois et les reines se ceignaient le front. Porter un diadème. Ceindre sa tête, son front d’un diadème. Orné d’un diadème.
*  Il se dit souvent en parlant De la royauté même, dans certaines phrases figurées du style élevé ou poétique. L’éclat du diadème. Ceindre le diadème, Devenir roi ou reine.
DIAGNOSTIC. s. m.
*  (Dans ce mot et dans le suivant, le G se prononce dur.) Partie de la médecine qui a pour objet de reconnaître, de distinguer les maladies ; ou L’action même de les reconnaître, de les distinguer. Il n’est pas fort sur le diagnostic. Le diagnostic et le prognostic. Le diagnostic de cette maladie n’est pas toujours facile.
DIAGNOSTIQUE. adj. des deux genres
*  T. de Médec. Il se dit Des signes d’après lesquels on peut établir le diagnostic d’une maladie. Les signes diagnostiques de la fièvre.
*  Il est aussi substantif masculin. Cet enfant a tous les diagnostiques de la petite vérole. Cet emploi vieillit.
DIAGONAL, ALE. adj.
*  T. de Mathém. Qui va d’un angle d’une figure rectiligne à l’angle opposé. Une ligne diagonale.
*  Il se dit substantivement, au féminin, de La ligne qui va d’un angle d’un parallélogramme, ou en général d’une figure quelconque, à l’angle opposé. La diagonale d’un carré.
DIAGONALEMENT. adv.
*  D’une manière diagonale. Une ligne qui coupe un plan diagonalement.
DIALECTE. s. m.
*  Langage particulier d’une ville ou d’une province, dérivé de la langue générale de la nation. La langue grecque ancienne a différents dialectes. Le dialecte attique. Le dialecte ionique. Le dialecte dorique. Le dialecte éolique.
DIALECTICIEN. s. m.
*  Celui qui sait la dialectique, qui s’applique particulièrement à l’étude de la dialectique. Un profond dialecticien.
*  Il se dit aussi d’Un homme qui donne à ses raisonnements une forme méthodique. C’est un bon, un grand dialecticien, un habile dialecticien.
DIALECTIQUE. s. f.
*  Logique, art de raisonner. La dialectique était la première partie de la philosophie scolastique. Cela ne peut pas se soutenir en bonne dialectique.
*  Il se dit aussi Du talent de raisonner avec méthode, ainsi que Des raisonnements méthodiques en général. Il manque de dialectique. Dialectique serrée, pressante. Il n’y a pas de dialectique dans cet ouvrage.
DIALECTIQUEMENT. adv.
*  Selon les formes de la dialectique. Il raisonne dialectiquement.
DIALOGIQUE. adj. des deux genres
*  Qui a la forme du dialogue. Platon a donné à ses écrits la forme dialogique.
DIALOGISME. s. m.
*  L’art, le genre du dialogue ; ou L’emploi des formes du dialogue.
DIALOGISTE. s. des deux genres
*  Celui ou celle qui a fait un dialogue, des dialogues.
DIALOGUE. s. m.
*  Entretien, conversation. Ils ont eu un long dialogue ensemble. Je n’aime pas tous ces dialogues. En ce sens, il est familier.
*  Il se dit plus ordinairement de Certains ouvrages d’esprit qui ont la forme d’un entretien, d’une conversation entre deux ou plusieurs personnes. Les dialogues de Platon, de Cicéron. Les dialogues des morts de Lucien, de Fontenelle. Faire un dialogue. Composer des dialogues. Adopter la forme du dialogue. Traité en forme de dialogue. Les personnages, les interlocuteurs d’un dialogue. Dialogue entre un avocat et un médecin.
*  Il désigne aussi, Ce que disent entre eux les personnages d’une pièce de théâtre, d’une églogue, d’un entretien supposé ; et La manière dont l’auteur fait parler entre eux les personnages qu’il met en scène. Ce dialogue manque de vérité. Cet auteur ne soigne pas assez le dialogue. Il est rare qu’un dialogue symétrique soit naturel. Dialogue sans suite. Dialogue rapide et animé. Il entend bien l’art du dialogue. Son dialogue est ordinairement froid et sans esprit. Sa pièce est toute en dialogue, il n’y a point d’action.
*  Il se dit, en Musique, de Deux parties qui se répondent l’une à l’autre, et qui souvent se réunissent.
DIALOGUER. v. n.
*  Converser. Nous avons dialogué longtemps sans nous comprendre. Ce sens est familier.
*  Il se dit plus ordinairement Des personnages d’une pièce de théâtre, d’une églogue, d’un entretien supposé. Les personnages de Molière dialoguent avec beaucoup de naturel et de vérité. Il fait bien dialoguer ses personnages.
*  Il se dit, en Musique, De deux parties qui se répondent l’une à l’autre, et qui souvent se réunissent. Faire dialoguer deux voix, deux instruments.
*  Il signifie aussi, Faire parler entre eux deux ou plusieurs personnages. Cet auteur entend bien l’art de dialoguer.
*  Il s’emploie quelquefois comme verbe actif. Bien dialoguer une scène.
*  DIALOGUÉ, ÉE. participe, Une pièce bien dialoguée.
DIAMANT. s. m.
*  Pierre précieuse, la plus brillante et la plus dure de toutes. Mine de diamants. Diamant brut. Tailler un diamant. Diamant taillé. Diamant d’une belle eau. Ce diamant jette beaucoup de feu, a beaucoup d’éclat. Ce diamant est bien mis en œuvre. Diamant rose, jaune, noir, etc. Chaîne de diamants. Rose de diamants. Agrafe de diamants. Bouton de diamants. Bague de diamants. Épingle de diamant. Poudre de diamant.
*  Diamant en rose, ou simplement, Rose, Diamant taillé par-dessus en facettes pointues, et plat par-dessous. Diamant brillant, ou simplement, Brillant, Diamant taillé à facettes par-dessous comme par-dessus. Diamant en table, Diamant taillé de manière que la surface en est plate. On dit aussi, Table de diamant.
*  Fig., C’est un diamant, se dit, en Littérature, et dans plusieurs Arts d’agrément, pour désigner Un petit ouvrage d’un genre gracieux, soigneusement exécuté.
*  Diamant faux, Pierre naturelle ou factice, qui ressemble au diamant.
*  DIAMANT, se dit encore d’Un outil de vitrier, de miroitier, etc., qui consiste en une pointe de diamant fixée à un manche, et qui sert principalement à couper le verre et les glaces. C’est ce qu’on appelait autrefois Pointe de diamant.
*  En termes de Marine, Le diamant d’une ancre, La jonction des deux bras de l’ancre avec la verge.
DIAMANTAIRE. s. m.
*  Ouvrier qui taille les diamants, et qui en fait trafic. On dit plus ordinairement, Lapidaire.
DIAMÉTRAL, ALE. adj.
*  Appartenant au diamètre. Il n’est guère usité qu’au féminin, et dans cette locution, Ligne diamétrale.
DIAMÉTRALEMENT. adv.
*  D’un bout du diamètre à l’autre. Les deux pôles sont diamétralement opposés l’un à l’autre.
*  Il se dit, figurément, Des personnes ou des choses qui sont tout à fait contraires, entièrement opposées l’une à l’autre. L’avarice et la prodigalité sont diamétralement opposées. Ces deux propositions sont diamétralement opposées. Ces deux hommes sont diamétralement opposés. Leurs intérêts sont diamétralement opposés.
DIAMÈTRE. s. m.
*  Ligne droite qui va d’un point de la circonférence d’un cercle à un autre point, en passant par le centre. Le diamètre divise la circonférence en deux parties égales. Ce cercle a tant de pieds de diamètre.
*  Il se dit, par extension, de La plus grande largeur ou grosseur d’une chose ronde, arrondie, elliptique, etc. Le diamètre de la tête. Le diamètre de la terre, du soleil. Cette colonne a trois pieds de diamètre.
DIANDRIE. s. f.
*  T. de Botan. Classe du système de Linné, qui renferme les plantes à deux étamines.
DIANE. s. f.
*  T. militaire et de Marine. Batterie de tambour qui se fait à la pointe du jour, pour éveiller les soldats ou les matelots. Battre la diane. En mer et dans les ports, la diane est suivie d’un coup de canon.
DIANTRE. s. m.
*  Mot très-familier dont on se sert pour éviter de prononcer le mot de Diable, et qui est tantôt une sorte d’imprécation, tantôt un signe d’étonnement, d’admiration, etc. Au diantre soit le fou ! Quelle diantre de cérémonie est-ce-là ? Que diantre me veut-il ?
DIAPALME. s. m.
*  T. de Pharmacie. Sorte d’emplâtre dessiccatif. Cérat de diapalme, Diapalme auquel on a donné la consistance d’un onguent en le mêlant avec le quart de son poids d’huile d’olive.
DIAPASON. s. m.
*  T. de Musique. L’étendue des sons qu’une voix ou un instrument peut parcourir, depuis le ton le plus bas jusqu’au plus haut. Cet air sort du diapason de la voix.
*  Il se dit aussi d’Une sorte d’instrument d’acier à deux branches, dont on se sert pour prendre le ton. Le son du diapason indique ordinairement le la.
DIAPÉDÈSE. s. f.
*  T. de Médec. Éruption du sang par les pores.

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<> 11/05/2021

29 avril 2021

dévalorisation 176

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dévalorisation    > dévoler 176

DÉVALORISATION n.f. Action de dévaloriser dépréciation.
DÉVALUATION n.f. Action de dévaluer : La dévaluation d’une monnaie. Perte de valeur. Dépréciation, dévalorisation.
DEVANCER. v. a.
*  Aller, marcher en avant. Les éclaireurs devancent l’armée.
*  Il signifie aussi, Gagner le devant, arriver avant quelqu’un. Devancer quelqu’un à la course. Il a devancé le courrier.
*  Il signifie également, Avoir le pas sur un autre, prendre rang avant lui. Je l’ai toujours devancé en pareille cérémonie.
*  Il signifie aussi, tant au propre qu’au figuré, Venir, paraître, avoir lieu avant. L’aurore devance le lever du soleil, devance le soleil. Son génie a devancé son siècle. La raison devance en lui les années.
*  Il signifie pareillement, Précéder quelqu’un dans l’ordre des temps ; ou, dans un sens plus général, Être le prédécesseur de quelqu’un en quelque chose que ce soit. La génération qui nous a devancés. Ceux qui nous ont devancés dans la même carrière.
*  Il signifie en outre figurément, Faire une chose avant quelqu’un, le précéder par sa diligence. J’allais vous voir, mais vous m’avez devancé. Il croyait être le premier à demander cette place, mais d’autres l’avaient déjà devancé.
*  Il signifie encore figurément, Surpasser, avoir l’avantage. Nous avons commencé nos études ensemble, mais vous m’avez bien devancé. Il devança tous ses rivaux.
*  DEVANCÉ, ÉE. participe
DEVANCIER, IÈRE. s.
*  Prédécesseur ; celui, celle qui a précédé quelqu’un dans un emploi, dans une fonction, ou en quelque autre chose que ce soit. Je tiens cela de mon devancier, de mes devanciers. Ce peintre n’imite point ses devanciers. Cet auteur a beaucoup profité de l’ouvrage de son devancier, des travaux de ses devanciers. Cette abbesse ne fit qu’imiter sa devancière.
*  Il se dit quelquefois, au pluriel, pour Aïeux, ancêtres. Imitez l’exemple de vos illustres devanciers.
DEVANT. préposition de lieu
*  À l’opposite, vis-à-vis, en face. Se mettre devant quelqu’un pour lui barrer le passage. Regarder devant soi. Mettez cela devant le feu. Ôtez-vous de devant mon jour. Avoir toujours une chose devant les yeux. Passer devant quelqu’un sans le voir. Mettre le siége devant une ville.
*  Il signifie quelquefois, Du côté antérieur. Porter quelque chose devant soi. Il se promenait devant la maison.
*  Fam., Avoir du temps devant soi, Avoir tout le temps nécessaire pour faire une chose.
*  DEVANT, est aussi préposition d’ordre, et s’oppose à Après. C’est mon ancien, il marche devant moi. Il a le pas devant moi.
*  Il s’emploie également comme adverbe dans les trois sens qui précèdent. Il est là devant. Pour mieux cacher ces livres, mettez cela devant. Il ne sait point s’habiller, et met devant ce qui doit être derrière. Les jambes de devant d’un cheval. Il le saisit par devant. Courir devant. Si vous êtes si pressé, courez devant. Il a le pas devant. Mettez cela devant ou derrière, devant ou après.
*  Comme devant, Comme autrefois. Il vieillit.
*  Fig., Les premiers vont devant, Les plus diligents ont ordinairement l’avantage.
*  Sens devant derrière, se dit en parlant De la situation d’un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être devant se trouve derrière. Mettre sa perruque sens devant derrière. Son bonnet est sens devant derrière.
*  En termes de Marine, Être vent devant, se dit D’un navire qui est debout au vent, qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant.
*  DEVANT, signifie aussi, En présence. Il a prêché devant le roi. Parler devant une grande assemblée. Cela fut dit devant plus de vingt personnes, devant des témoins, devant témoins. Ne dites rien devant lui, c’est un homme fort indiscret. Je vous jure devant Dieu. Nous comparaîtrons tous devant Dieu. Quand il fut devant ses juges. On dit dans le même sens, Par-devant, surtout en termes de Pratique. Par-devant le magistrat. Un contrat passé par-devant notaire. Un acte par-devant notaire.
*  Cette affaire a été portée devant tels juges, devant tel tribunal, est devant tels juges, etc., Cette affaire a été soumise à tels juges, à tel tribunal, elle y est pendante.
*  Être devant Dieu, Être mort.
*  DEVANT, s’emploie aussi comme substantif ; et alors il signifie, Le côté opposé à celui de derrière, la partie antérieure. Il est logé sur le devant. Votre cheval est blessé sur le devant. Le devant de la tête. Le devant d’un carrosse. Le devant d’un habit, d’une jupe, d’une robe. Mettre le devant derrière. Un devant d’autel. Un devant de cheminée. Le devant de la maison. Loger sur le devant. Un appartement sur le devant. Il bâtit sur le devant de sa maison.
*  Fig. et fam., Bâtir sur le devant, se dit D’une personne qui engraisse et qui prend un gros ventre. Il se dit également D’une femme enceinte.
*  En termes de Peinture, Les devants d’un tableau, Les premiers plans.
*  Prendre, gagner le devant, les devants, Partir avant quelqu’un, le dépasser en allant plus vite. Prenez les devants, nous ne tarderons pas à vous rejoindre. Ils gagnèrent les devants, pour arriver plus tôt.
*  Fig., Prendre les devants, Prévenir, devancer quelqu’un, le gagner de vitesse dans une affaire. Quand il sut que je voulais me plaindre, il prit les devants. Si vous ne prenez les devants dans cette affaire, vous êtes perdu.
*  AU-DEVANT DE. loc. prépositive, À la rencontre de. Aller, venir, envoyer au-devant de quelqu’un. On alla, on envoya au-devant de lui. Il vint au-devant de moi.
*  Fig., Aller au-devant, Prévenir. Aller au-devant d’une objection. Aller au-devant du mal. Il va toujours au-devant de tout ce qu’on peut désirer de lui. J’allais au-devant de tous ses désirs.
*  AU-DEVANT, s’emploie quelquefois comme locution adverbiale. Le prince arrive, allons au-devant. Je sus qu’il désirait cela, j’allai au-devant.
*  CI-DEVANT. loc. adv. Précédemment, ci-dessus. Comme nous avons dit ci-devant.
*  Il signifie aussi, Autrefois. Il demeurait ci-devant en tel endroit. Ci-devant gouverneur. On l’emploie quelquefois adjectivement en ce sens. Les ci-devant récollets.
DEVANTIER. s. m.
*  Tablier que portent les femmes du peuple. Elle portait des herbes dans son devantier.
DEVANTIÈRE. s. f.
*  Sorte de jupe fendue par devant et par derrière, que les femmes portent quand elles montent à cheval à la manière des hommes.
DEVANTURE. s. f.
*  T. d’Archit. Face antérieure. Il se dit particulièrement en parlant Des objets qui ne présentent qu’une façade. La devanture d’une maison.
*  Il se dit aussi Du revêtement de boiserie qui garnit le devant d’une boutique, d’une alcôve, etc. Faire la devanture d’une boutique, d’une alcôve.
*  Il se dit au pluriel Des plâtres que les couvreurs mettent au devant des souches de cheminées pour raccorder les tuiles ou les ardoises.
DÉVASTATEUR, TRICE. adj.
*  Qui dévaste. Un torrent dévastateur. Une armée dévastatrice.
*  Il se dit aussi substantivement. Les Espagnols furent les dévastateurs du nouveau monde.
DÉVASTATION. s. f.
*  Action de dévaster, ou Le résultat, l’effet de cette action. La dévastation des provinces de l’Occident fut causée par l’invasion des barbares. Ils mirent un terme à ces dévastations. Les dévastations causées par le débordement du fleuve.
DÉVASTER. v. a.
*  Désoler, ravager, ruiner. Il se dit surtout en parlant D’un pays, d’un lieu ravagé par la guerre ou par quelque autre grand fléau. Les ennemis ont dévasté cette province. Ces campagnes furent dévastées par un ouragan.
*  DÉVASTÉ, ÉE. participe, Un pays dévasté. Des campagnes dévastées.
DÉVELOPPÉE . s. f.
*  T. de Géom. On appelle ainsi La courbe par le développement de laquelle on peut supposer qu’une autre courbe est formée.
DÉVELOPPEMENT. s. m.
*  Action de développer, de se développer ; ou Le résultat de cette action. Il s’emploie au propre et au figuré. Le développement d’une pièce d’étoffe, d’une tapisserie roulée. Le développement d’un bourgeon. Avant que le corps arrive à son entier développement. Le développement d’un germe. Le développement de l’intelligence, des facultés. Le développement d’une maladie. Le développement d’un plan d’architecture. Le développement d’un système, d’une doctrine. Le développement des caractères dans une pièce de théâtre.
*  Il se dit souvent au pluriel d’Une exposition plus ou moins détaillée, par opposition aux Vues, aux considérations générales. Cela exigerait d’assez longs développements. Entrer dans les développements.
*  En Peinture, Cette figure présente de beaux développements, se dit D’une figure dont la pose laisse voir une suite de parties qui forment une ligne étendue et d’un aspect agréable.
*  DÉVELOPPEMENT, en Géométrie, se dit d’Une figure de carton ou de papier dont les parties, étant pliées et rejointes, composent la surface d’un solide.
DÉVELOPPER. v. a.
*  Ôter l’enveloppe de quelque chose, ou Déployer une chose enveloppée, pliée. Développer une tapisserie. Développer du drap, des habits. Développer un paquet de linge.
*  Il signifie figurément, tant au sens physique qu’au sens moral, Faire qu’une chose prenne de l’accroissement, son accroissement. La chaleur développe les germes des plantes. Des exercices propres à développer le corps. Développer l’intelligence d’un enfant. Il développa son talent.
*  DÉVELOPPER, signifie en outre, surtout en Architecture, Représenter sur un plan les diverses faces d’un objet.
*  Il signifie aussi, Exposer, présenter, faire voir quelque chose en détail. Développer le plan, le sujet d’un ouvrage. Développer un système. On dit à peu près de même, Développer les caractères dans une pièce de théâtre, dans un roman.
*  Il signifie encore figurément, Débrouiller. Développer une affaire bien embrouillée. Développer une difficulté.
*  DÉVELOPPER, s’emploie aussi avec le pronom personnel, dans quelques-uns des sens indiques. Les bourgeons commencent à se développer. Cet enfant se développe. Les traits, la taille de cette jeune personne se développent. L’action de cette pièce ne se développe que lentement. À cet âge, la raison se développe. Son génie se développa tout à coup. L’intrigue se développe.
*  Il signifie également, S’étendre. L’armée se développa dans la plaine. À l’extrémité de cette vallée, le fleuve se développe majestueusement.
*  DÉVELOPPÉ, ÉE. participe, Un enfant bien développé.
DEVENIR. v. n.
*  (Il se conjugue comme Venir.) Commencer à être ce qu’on n’était pas ; passer d’une situation, d’un état à un autre. Devenir grand. Devenir maigre. Devenir sage, savant, jaloux, dévot, etc. De riche qu’il était, il devint pauvre. Cela est devenu tout blanc en peu de temps. Ces fruits deviennent rouges en mûrissant. Cela commence à devenir fatigant. Cet homme est fait pour devenir quelque chose. Il est devenu ministre. Il devint l’objet de l’admiration générale. Son bien est devenu la proie d’un intrigant.
*  Devenir à rien, se dit Des choses, et signifie, Se réduire considérablement, s’évaporer. Cela est devenu à rien en cuisant. On dit quelquefois, Cet homme, cet enfant devient à rien, Il devient excessivement maigre.
*  DEVENIR, signifie particulièrement, surtout dans les phrases qui marquent doute, conjecture, etc., Avoir tel ou tel sort, tel ou tel résultat, telle ou telle issue. Que deviendrai-je ? Que vais-je devenir ? Je ne sais ce que tout ceci deviendra. On pouvait dès lors prévoir ce que tout cela deviendrait. Que deviendra tout le bien qu’il a amassé ? Que deviendront vos promesses, si vous m’abandonnez ? Que sont devenus vos serments ? Que deviendraient tant de belles espérances, s’il venait à mourir ?
*  Qu’est devenue telle personne, telle chose, Où est-elle ? où a-t-elle passé ? Qu’est devenu monsieur votre frère ? Il était près de nous il n’y a qu’un instant, je ne sais ce qu’il est devenu. Qu’étiez-vous donc devenu ? nous vous cherchions partout. Cette façon de parler s’emploie quelquefois lorsqu’il s’agit Des choses morales. Vous tremblez, qu’est donc devenu votre courage ?
*  Que devenez-vous ? Où allez-vous ? que voulez-vous faire ? Que voulez-vous devenir ? Quel parti voulez-vous prendre ? quelle profession voulez-vous embrasser ? On dit dans un sens analogue, Que devenir ? et, Ne savoir que devenir.
*  Que devins-je, à cette vue, à ce discours, etc. ? Quelle ne fut pas ma douleur, quel ne fut pas mon étonnement, mon effroi, lorsque je vis, lorsque j’entendis cela !
*  DEVENU, UE. participe
DÉVERGONDAGE. s. m.
*  Libertinage effronté, scandaleux.
*  On dit figurément, Dévergondage d’esprit, d’imagination.
DÉVERGONDÉ, ÉE. adj.
*  Qui mène publiquement une vie licencieuse, qui ne met aucune retenue dans son libertinage. Un jeune homme dévergondé. Cette fille est bien dévergondée. Il est familier.
*  Il se prend aussi substantivement. C’est une dévergondée, une grande dévergondée.
DEVERS. préposition de lieu
*  Du côté de. Il est allé quelque part devers Lyon. Il est d devers Toulouse. Il demeure en Languedoc, devers Montpellier. Il est vieux : aujourd’hui on emploie Vers ou près de. Il est allé vers Lyon. Il demeure près de Montpellier.
*  DEVERS, se joint quelquefois avec la préposition Par ; alors il n’est guère usité qu’avec les pronoms personnels, et sert à marquer possession. Retenir des papiers par devers soi. Tenir le bon bout par devers soi.
*  En termes de Procédure, Se pourvoir par devers le juge, Se pourvoir à son tribunal.
DÉVERS, ERSE. adj.
*  Il se dit, en termes d’Arts, De tout corps qui n’est pas d’aplomb. Ce mur est dévers.
*  Il est aussi substantif, comme dans cette phrase, Il faut marquer ce bois suivant son dévers, Suivant sa pente ou son gauchissement.
DÉVERSER. v. n.
*  Pencher, incliner, devenir courbe. Un mur qui déverse. Une pièce de bois qui déverse.
*  Il est quelquefois actif, comme dans cette phrase, Déverser une pièce de bois, La pencher, l’incliner.
*  DÉVERSÉ, ÉE. participe, Du bois déversé.
DÉVERSOIR. s. m.
*  Endroit de la conduite de l’eau d’un moulin, où l’eau se perd quand il y en a trop.
DÉVÊTIR. v. a.
*  (Il se conjugue comme Vêtir.) On ne l’emploie guère qu’avec le pronom personnel, et il signifie, Se dégarnir d’habits. Il est dangereux de se dévêtir sitôt.
*  Il signifie figurément, en Jurisprudence, Se dessaisir d’un bien, l’abandonner au donataire ou à l’acquéreur. Se dévêtir d’un héritage.
*  DÉVÊTU, UE. participe
DEVÊTISSEMENT. s. m.
*  T. de Jurispr. Dessaisissement. Le dévêtissement de ses biens en faveur de ses enfants.
DÉVIANCE  n. f.
Caractère de ce qui dévie (fig.), de ce qui s’écarte d’une norme. — Psychol. Comportement qui échappe aux règles admises par la société.
DÉVIANT, déviante adj. et s.
Qui dévie. Position déviante du corps. — Fig. Opinion, attitude déviante (par rapport à l’opinion de la majorité des gens). Comportements déviants. — N.  Personne dont le comportement s’écarte de la norme sociale admise.
DÉVIATION. s. f.
*  Mouvement, action par laquelle un corps se détourne de sa direction. J’ai descendu la rivière sans aucune déviation. Les déviations de la colonne vertébrale.
Action de dévier ou Résultat de cette action. Étudier la déviation d’un filon de minerai. Les projectiles subissent une déviation du fait de la résistance de l’air ou de la distance.
*  Il se dit aussi figurément. Il a suivi ce principe sans déviation, dans toute sa conduite.
*  Chemin que doivent prendre les véhicules déviés.
DÉVIDER. v. a.
*  Mettre en écheveau le fil qui est sur le fuseau. Dévider le fil que l’on a filé.
*  Il signifie aussi, Mettre en peloton le fil qui est en écheveau. Elle a dévidé trois écheveaux dont elle n’a fait qu’un peloton.
*  DÉVIDÉ, ÉE. participe
DÉVIDEUR, EUSE. adj. et s.
*  Ouvrier, ouvrière qui dévide des fils, des laines, des soies, ou en pelotons, ou en écheveaux.
DÉVIDOIR. s. m.
*  Instrument dont on se sert pour dévider. Mettre un écheveau sur le dévidoir.
DÉVIER. v. n.
*  Se détourner, être détourné de sa direction. Dévier de son chemin. Quand la colonne vertébrale vient à dévier.
*  Il s’emploie aussi figurément. Il n’a jamais dévié des principes de la justice.
*  Il s’emploie quelquefois avec le pronom personnel. Se dévier de la bonne route.
*  DÉVIÉ, ÉE. participe
DEVIN, INERESSE. s.
*  Celui, celle qui se donne pour prédire les événements qui arriveront et pour découvrir les choses cachées. Consulter les devins. Aller au devin. Les devins sont des imposteurs. Elle passait pour devineresse.
*  Prov., Il ne faut pas aller au devin pour en être instruit, se dit en parlant D’une chose qui est assez connue.
*  Fig. et fam., Je ne suis pas devin, se dit Pour faire entendre qu’on ne pouvait se douter d’une certaine chose, ou qu’on ne saurait la comprendre si elle n’est mieux expliquée.
*  DEVIN, en Histoire naturelle, se dit d’Une espèce de serpent qui est le plus grand et le plus fort de tous les serpents connus.
DEVINER. v. a.
*  Prédire ce qui doit arriver ; ou découvrir, par des sortiléges, ce qui est caché. On ne saurait deviner l’avenir. Il prétendait deviner où était caché le trésor. On l’emploie aussi absolument, surtout dans le sens de Prédire. L’art de deviner est une chimère.
*  Il signifie plus ordinairement, Juger, parvenir à connaître, à découvrir par voie de conjecture. Devinez ce que j’ai fait aujourd’hui. Devinez d’où je viens. Devinez combien cela me coûte. Il a deviné ma pensée, ou simplement, Il m’a deviné. Je devine la cause de ce refus. Son écriture est si peu lisible, qu’il faut qu’un mot fasse deviner l’autre. Cela n’est pas difficile à deviner. Cela se devine aisément.
*  Deviner une énigme, un logogriphe, une charade, En trouver le mot.
*  Fig. et fam., C’est une énigme à deviner, se dit D’une chose qui est obscure.
*  Fam., Il n’y a là rien à deviner, C’est une chose claire par elle-même.
*  Fam., Il faut toujours le deviner, se dit De quelqu’un qui parle ou qui écrit avec beaucoup d’obscurité.
*  Prov., Je vous le donne à deviner en dix, en cent, se dit en parlant D’une chose dont on suppose que celui à qui l’on parle ne se douterait jamais.
*  Fam., Devinez le reste, Jugez du reste. On dit, dans un sens analogue, Vous devinez le reste.
*  Prov. et fig., Deviner les fêtes quand elles sont venues, Dire des choses que tout le monde sait, annoncer des nouvelles qui sont déjà publiques.
*  DEVINER, s’emploie quelquefois avec le pronom personnel, surtout comme verbe réciproque. Nos coeurs s’étaient devinés.
*  DEVINÉ, ÉE. participe
DEVINERESSE. s. f.   *  Voyez DEVIN.
DEVINEUR, EUSE. s.
*  Celui, celle qui a la prétention de deviner. Il se dit principalement d’Une personne qui aime à juger, à connaître par voie de conjecture. C’est un beau devineur, un grand devineur, un habile devineur, un plaisant devineur. Il fait le devineur. Il n’est guère usité que dans ces phrases familières.
DEVIS. s. m.
*  Propos, discours, entretien familier. Joyeux devis. Dans ce sens, il est vieux.
*  DEVIS, en termes d’Architecture, de Charpenterie, etc., Description ou état détaillé de toutes les parties d’un ouvrage, dans lequel on indique, non-seulement la nature, la forme et la dimension des matériaux, mais encore le prix de chacun, et l’évaluation de tout l’ouvrage. Un devis n’est qu’un aperçu de la dépense. Devis exact. Faire un devis. Donner le devis d’une maison. Le devis de l’architecte ou du maçon. Le devis du menuisier. Le devis du charpentier. Le devis du serrurier. Examiner si les travaux sont conformes au devis.
DÉVISAGER. v. a.
*  Défigurer, déchirer le visage. Ce chat est méchant, il vous dévisagera. Quand cette femme-là est en furie, elle dévisagerait un homme.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel, surtout comme verbe réciproque. Si on ne les eût retenues, ces deux femmes se seraient dévisagées.
* <regarder avec insistance>
*  DÉVISAGÉ, ÉE. participe
DEVISE. s. f.
*  Figure accompagnée de paroles, exprimant d’une manière allégorique et brève quelque pensée, quelque sentiment. Une des différences de la devise et de l’emblème, c’est que dans la devise on n’admet guère la forme humaine. Les paroles d’une devise doivent convenir, dans le sens propre, à l’objet représenté, et dans le sens figuré, à ce qu’on veut exprimer. Belle devise. Devise ingénieuse. Faire une devise. Graver une devise. Choisir une devise. Tous les chevaliers du carrousel portaient chacun une devise. Il a pris telle devise. La devise de Louis XIV était un soleil qui éclaire un monde, avec ces mots, NEC PLURIBUS IMPAR.
*  Le corps de la devise, La figure de la devise. L’âme de la devise, Les paroles de la devise.
*  DEVISE, se dit, par extension, d’Un ou de plusieurs mots formant une espèce de sentence qui indique les goûts, les qualités, la profession, la résolution, etc., de quelqu’un, soit qu’il les ait adoptés ou qu’on les lui applique : Paix et peu. Plutôt mourir que changer. Chacun à son tour ; etc. — Diversité, c’est ma devise.
DEVISER. v. n.
*  S’entretenir familièrement. Ils devisaient ensemble. Ils passèrent leur temps à deviser. Ce fut en devisant de la sorte que nous parvînmes à la ville. Il est familier.
DÉVISSER. v. a.
*  Défaire, ôter les vis qui servent à retenir, à fixer une chose. Dévisser la platine d’un fusil. Cet outil sert à dévisser.
*  Il signifie également, Retirer, séparer une chose d’une autre à laquelle elle s’adapte à vis. Dévisser le bouchon d’argent d’un flacon de cristal.
*  DÉVISSÉ, ÉE. participe
DÉVOIEMENT. s. m.
*  (On prononce Dévoîment.) Flux de ventre, diarrhée. Il a le dévoiement. Les raisins lui ont donné le dévoiement.
*  DÉVOIEMENT, est aussi un terme d’Architecture, qui signifie, Inclinaison d’un tuyau de cheminée ou d’un tuyau de descente.
DÉVOILEMENT. s. m.
*  Action de dévoiler. Il ne s’emploie guère qu’au figuré, et dans des phrases telles que celles-ci. Le dévoilement des mystères. Le dévoilement des figures du Vieux Testament ne s’est fait qu’à la venue du Messie.
DÉVOILER. v. a.
*  Hausser, relever le voile d’une femme. Il l’a dévoilée, malgré sa résistance. On l’emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. Dans certains monastères, il est défendu aux religieuses de se dévoiler au parloir.
*  Il signifie quelquefois figurément, Relever une religieuse de ses voeux.
*  DÉVOILER, signifie, dans une acception plus générale, Ôter le voile ou toute autre chose semblable qui cache un objet. Dévoiler une statue.
*  Il signifie aussi figurément, Découvrir, révéler une chose qui était cachée, secrète. On a dévoilé le mystère. Dévoiler un secret, une intrigue.
*  Il s’emploie avec le pronom personnel, dans ce dernier sens. Le mystère se dévoile.
*  DÉVOILÉ, ÉE. participe
DEVOIR. v. a.
*  (Je dois, tu dois, il doit ; nous devons, vous devez, ils doivent. Je devais. Je dus. J’ai dû. Je devrai. Je devrais. Que je doive. Que je dusse. Devant.) Être obligé à payer une somme d’argent, à rendre ou à donner quelque chose que ce soit. On l’emploie souvent absolument. Devoir une somme d’argent. Devoir mille écus de rente. Devoir par obligation. Devoir par contrat de constitution. Devoir plus qu’on n’a vaillant. C’est un homme qui doit beaucoup. Devoir tant de boisseaux de blé. Devoir tant de journées de travail. Doit monsieur un tel à un tel, pour fournitures…
*  Prov., Devoir plus d’argent qu’on n’est gros ; devoir à Dieu et à diable, à Dieu et au monde ; devoir au tiers et au quart ; devoir de tous côtés, Devoir beaucoup, avoir beaucoup de dettes.
*  Prov., Qui doit a tort, La loi est toujours contre le débiteur. Qui a terme ne doit rien, On ne peut être obligé de payer avant que le terme soit échu.
*  Prov., Quand on doit, il faut payer ou agréer, Il faut donner à son créancier de l’argent, ou du moins de bonnes paroles.
*  Prov. et fig., Qui nous doit nous demande, se dit Lorsqu’on a sujet de se plaindre de la personne même qui se plaint.
*  Prov. et fig., Il croit toujours qu’on lui en doit de reste, Il n’est jamais content de ce qu’on fait pour lui.
*  Fig. et fam., Il m’en doit, ou Je lui en dois, Il m’a offensé, il m’a joué un tour, je m’en vengerai.
*  Prov. et fig., Ils ne s’en doivent guère, se dit De deux personnes qui ont d’aussi mauvaises qualités l’une que l’autre, ou qui ont eu également des torts à l’égard l’une de l’autre. On dit de même, En fait d’injures, de mauvais procédés, ces deux hommes ne s’en doivent guère.
*  Doit, s’emploie dans les livres de compte, par opposition au mot Avoir, et désigne La partie d’un compte où l’on porte ce qu’une personne doit, ce qu’elle a reçu. On appelle aussi, dans un autre sens, Doit et avoir, Le passif et l’actif.
*  DEVOIR, signifie encore, Être obligé à quelque chose par la morale, par la loi, par sa condition, par la bienséance, etc. Un fils doit respect à son père. Il ne doit compte de ses actions à personne. On doit obéissance aux lois. Devoir une visite à quelqu’un, Vous lui devez des égards, des ménagements. Un homme d’honneur doit tenir sa parole. Vous devriez vous conduire autrement. Il ne devrait pas abandonner ses parents. On le dit quelquefois Des choses. La loi doit une égale protection à tous les citoyens.
*  Prov. : Va où tu peux, mourir où tu dois. Fais ce que dois, advienne que pourra.
*  Avec le pron. person., Cela se doit, se dit De ce qui doit être, de ce qu’on est obligé de faire.
*  DEVOIR, signifie en outre, Être redevable à, tenir de. Le code que nous devons à ce prince. Il vous doit son bonheur, son salut, sa fortune. L’auteur a dû le succès de sa pièce au talent des acteurs. Cette colline doit son nom à un événement qu’on nous raconta. On le dit quelquefois en parlant De choses fâcheuses, funestes. Je lui dois tous mes maux.
*  DEVOIR, se dit aussi Pour marquer qu’il y a une espèce de justice, de raison, de nécessité, etc., qu’une chose soit. Un bon ouvrier doit être plus employé qu’un autre. Il me semble que cela devrait les réconcilier. Il devrait y avoir une garnison dans cette ville.
*  Il se dit également De ce qui paraît vraisemblable, probable, plus ou moins certain. La campagne doit être belle maintenant. Il a dû partir ce matin. Le législateur doit avoir prévu ce cas. Il doit être bien agréable de… Il doit y avoir entre eux beaucoup de différence. À la vie que mène cet homme, il doit être bien riche. On doit avoir bien froid avec un habit aussi léger.
*  Il se dit encore Pour marquer qu’une chose arrivera infailliblement. Tous les hommes doivent mourir. Le terme de son ban doit expirer dans deux jours.
*  Il se dit pareillement De ce qu’on croit, ou qu’on présume, ou qu’on suppose qui arrivera. Le courrier doit être ici dans peu de jours. Je dois recevoir cette somme après-demain. Le bonheur que doivent goûter les élus. Quand même je devrais y périr. En supposant que je dusse y périr. Dussé-je y périr. Dût ma fortune être anéantie. Il doit y avoir demain une assemblée générale.
*  Il se dit aussi Pour marquer l’intention qu’on a de faire quelque chose. Je dois aller demain à la campagne.
*  DEVOIR, s’emploie avec le pronom personnel régime indirect, dans le sens d’Être obligé. On se doit à soi-même de respecter les bienséances. Je me devais de faire cette démarche.
*  Il s’emploie également avec le pronom personnel régime direct ; et alors il signifie, Être tenu de se dévouer, de se sacrifier. On se doit à sa famille, à sa patrie, à ses amis.
*  DÛ, UE. participe, Les sommes dues par un tel. La pitié due au malheur. Il devient substantif dans ces phrases : On lui a payé son dû. Je ne réclame que mon dû.
*  En termes de Pratique, Jusqu’à due concurrence, Jusqu’à concurrence de la somme, de la quantité dont il s’agit.
DEVOIR. s. m.
*  Ce à quoi on est obligé par la raison, par la morale, par la loi, par sa condition, par la bienséance, etc. S’acquitter de son devoir. Remplir ses devoirs. S’imposer des devoirs. Trahir ses devoirs. Manquer à son devoir. S’écarter de son devoir. Satisfaire à son devoir. Négliger, oublier ses devoirs. Cet officier, ce pasteur fait bien son devoir. C’est votre devoir. Tous les devoirs de la vie civile. Les devoirs de son état. Les devoirs de l’amitié. Les devoirs de la bienséance. C’est un devoir indispensable, un devoir sacré. Les devoirs d’un père de famille. Le devoir conjugal. Les devoirs réciproques. Les devoirs des sujets envers le prince, et du prince envers les sujets. Traité des droits et des devoirs. On est heureux lorsqu’on se fait un plaisir de son devoir. Faire une chose par devoir. Faire le devoir de capitaine et celui de soldat. Faire son devoir de bon chrétien. Regarder quelque chose comme un devoir, s’en faire un devoir. Vous n’avez fait que votre devoir.
*  Être dans son devoir, se mettre dans son devoir, Se tenir dans l’état où l’on doit être devant les personnes à qui on veut témoigner du respect.
*  Être à son devoir, Être à son poste.
*  Rentrer dans son devoir, dans le devoir, Se remettre dans l’obéissance, dans la subordination dont on s’était écarté. On dit de même : Ramener quelqu’un à son devoir, au devoir. Retenir quelqu’un dans le devoir. Etc.
*  Ranger quelqu’un à son devoir, L’obliger à faire ce qu’il doit. On dit de même, Se ranger à son devoir.
*  Par menace, Je lui apprendrai son devoir, Je le rangerai à son devoir.
*  Devoir pascal, La communion que tout catholique doit faire chaque année à sa paroisse, aux fêtes de Pâques.
*  Derniers devoirs, Honneurs funèbres, cérémonies qu’on fait pour les funérailles de quelqu’un. Rendre à quelqu’un les derniers devoirs.
*  Se mettre en devoir de faire quelque chose, Témoigner qu’on a dessein de le faire, se mettre en disposition de le faire, commencer à le faire. Il se mit en devoir d’exécuter sa promesse.
*  Aller rendre ses devoirs à quelqu’un, Aller le saluer chez lui, lui faire une visite de politesse. J’irai vous rendre mes devoirs.
*  En termes de Féodalité, Devoirs seigneuriaux, Ce qui était dû par le vassal à son seigneur. Satisfaire aux devoirs seigneuriaux.
*  DEVOIR, se dit particulièrement d’Un thème, d’une version ou de toute autre composition qu’on donne à faire à un écolier. Il n’a pas encore fini son devoir. Un devoir difficile.
DÉVOLE. s. f.
*  T. de certains Jeux de cartes, qui se dit Lorsque la personne qui fait jouer manque la vole. Il est opposé à Vole. Il pensait gagner, et il a fait la dévole, il est en dévole.
DÉVOLER. v. n.
*  T. de certains Jeux de cartes. Être en dévole.

176 dévalorisation > dévoler

<> 29/04/2021

25 avril 2021

déterminisme 175

Classé dans : Dictionnaire français — Français_Dictionnaire simple @ 9 h 31 min

déterminisme    175
DÉTERMINISME. s. m.
* Système qui admet l’influence irrésistible des motifs. Conditions inhérentes à la nature des êtres qui les font se développer comme ils se développent. Le déterminisme physiologique.
DÉTERMINISTE s. m.
* Terme de philosophie. Partisan du déterminisme.
DÉTERRER. v. a.
*  Retirer de terre ce qui s’y trouvait caché, enfoui. Déterrer un trésor. Déterrer une statue antique.
*  Il signifie particulièrement, Exhumer, retirer un corps de la sépulture. Sur le bruit que cet homme était mort par le poison, on l’a déterré. On a fait déterrer le corps.
*  Il signifie figurément, Découvrir une chose qui était cachée, découvrir une personne qui se tenait cachée, qui ne voulait pas être connue. Déterrer un titre, une pièce authentique. Je ne sais où il a déterré ce secret. Il s’était retiré dans un endroit où il pensait être bien caché, mais on le déterra bientôt.
*  DÉTERRÉ, ÉE. participe, Il s’emploie quelquefois substantivement, comme dans cette phrase familière, Cet homme a l’air d’un déterré, Il a le visage pâle et défait.
DÉTERSIF, IVE. adj.
*  T. de Médec. Qui nettoie, qui mondifie les plaies ou les ulcères. Remède détersif.
*  Il se prend aussi substantivement, au masculin. Un excellent détersif.
DÉTESTABLE. adj. des deux genres
*  Qui doit être détesté. Il se dit Des personnes et des choses. Un crime détestable. Le plus détestable de tous les crimes. La seule pensée en est détestable. Il a des maximes, des opinions détestables. C’est un homme détestable.
*  Il se dit, par exagération et familièrement, De tout ce qui est fort mauvais dans son genre. Le temps est détestable. Du vin détestable. Une écriture détestable. Il fait des vers détestables. Un style détestable.
DÉTESTABLEMENT. adv.
*  Très-mal. Chanter détestablement. Écrire détestablement.
DÉTESTATION. s. f.
*  Horreur qu’on a de quelque chose. La détestation du péché. La pénitence enferme une sincère détestation du péché.
DÉTESTER. v. a.
*  Avoir en horreur. Détester ses péchés. Détester son crime. Détester les désordres de sa vie passée. On ne peut trop détester cette action. L’ingratitude de cet homme fait qu’on le déteste. Il se fait détester de tout le monde. On l’emploie quelquefois avec le pronom personnel. Il abhorre son crime, il se déteste lui-même.
*  Il se dit quelquefois, par exagération et familièrement, en parlant De ce qu’on ne peut endurer, supporter. Je déteste l’hiver. Il déteste ces faiseurs de compliments. Détester le fanatisme.
*  Fam., Détester sa vie, Maudire les misères, les malheurs de sa vie.
*  Prov., Ne faire que jurer et détester, Ne faire que blasphémer. Dans cette phrase, Détester est neutre.
*  DÉTESTÉ, ÉE. participe
DÉTIRER. v. a.
*  Étendre en tirant. Détirer des dentelles, un rabat. Détirer du linge. Détirer du ruban. Détirer du taffetas.
*  DÉTIRÉ, ÉE. participe
DÉTISER. v. a.
*  Il n’est usité que dans cette phrase, Détiser un feu, Éloigner les tisons les uns des autres, afin qu’ils ne brûlent plus.
*  DÉTISÉ, ÉE. participe
DÉTISSER. v. a.
*  Défaire un tissu.
*  DÉTISSÉ, ÉE. participe
DÉTONATION. s. f.
*  Inflammation violente et subite accompagnée de bruit, telle que celle de la poudre à canon. Une forte détonation. Le bruit d’une détonation.
DÉTONER. v. n.
*  S’enflammer subitement avec bruit, faire explosion. Faire détoner de la poudre.
DÉTONNER. v. n.
*  Sortir du ton qu’on doit garder pour chanter juste. Il n’est pas maître de sa voix, il détonne à tout moment. Il a l’oreille juste, il entend bien quand on détonne.
*  Il s’emploie aussi figurément. Ainsi on dit, en parlant D’un ouvrage d’esprit, Il y a dans ce livre des choses qui détonnent, Il contient des choses qui ne sont pas dans le ton général de l’ouvrage. Ce sens est peu usité.
*  DÉTONNÉ, ÉE. participe
DÉTORDRE. v. a.
*  (Il se conjugue comme Tordre.) Remettre dans son premier état ce qui était tordu. Détordez ce linge pour l’étendre. Détordre une corde. Détordre du fil. On l’emploie aussi avec le pronom personnel. Du fil qui se détord.
*  Se détordre le pied, le bras, le poignet, Se faire du mal au pied, au bras, au poignet, par une extension violente de quelque nerf ou de quelque muscle. Ce sens a vieilli, on dit, Se fouler le pied, etc.
*  DÉTORDU, UE. participe
DÉTORQUER. v. a.
*  Détourner en faisant quelque violence. Il n’entre guère que dans cette phrase peu usitée, Détorquer un passage, Donner à un passage un sens différent du naturel, et une explication forcée, pour s’en servir à favoriser, à établir son opinion. Détorquer un passage pour appuyer une opinion erronée.
*  DÉTORQUÉ, ÉE. participe
DÉTORS, ORSE. adj.
*  Qui est détordu. Du fil détors. De la soie détorse.
DÉTORSE. s. f.
*  T. de Chirurgie, synonyme d’Entorse, qui est beaucoup plus usité. Se donner une détorse au pied. Avoir une détorse au poignet.
DÉTORTILLER. v. a.
*  Défaire ce qui était tortillé, le remettre dans l’état où il était avant d’être tortillé. Détortillez ce ruban, ce cordon, etc. Je ne sais comment vous avez tortillé cela, je ne saurais le détortiller.
*  DÉTORTILLÉ, ÉE. participe
DÉTOUR. s. m.
*  Sinuosité. La rivière fait là un détour, fait plusieurs détours.
*  Il signifie aussi, Un endroit qui va en tournant, où l’on peut tourner, changer de direction. Il y a un détour à droite, à gauche. Il l’attendit à un détour. Le détour de la rue. Les détours d’un labyrinthe. Se perdre dans les détours d’un souterrain. Il connaît tous les détours de ce bois.
*  Fig., Les détours du coeur, Les replis secrets du coeur. Surprendre la vérité dans les détours du coeur.
*  DÉTOUR, se dit également d’Un chemin qui éloigne du droit chemin. N’allez pas par là, vous prenez un trop grand détour. C’est un détour de plus d’une lieue, il y a plus d’une lieue de détour. Après beaucoup de tours et de détours, après bien des tours et des détours, nous arrivâmes.
*  Il se dit figurément, surtout au pluriel, Des discours dans lesquels on ne s’exprime que d’une manière indirecte, par crainte ou par ménagement, par délicatesse, etc. Pourquoi ces détours ? parlez-moi franchement. Prendre des détours, de grands, de longs détours. Parler sans détour, sans aucun détour.
*  Il signifie également, Toute espèce de biais, de moyen adroit, de ruse, de subtilité, pour éluder quelque chose, pour venir à bout de ce qu’on veut faire. Je connais ses tours et détours. Il a gagné son procès par un détour de chicane. Le détour est fin. User de détours. Voilà un détour que je n’avais point prévu. Les passions ont leurs détours, qui nous abusent.
*  Être sans détour, Être loyal, franc, ne jamais user de détours.
DÉTOURNER. v. a.
*  Éloigner, écarter ; tourner, diriger ailleurs. Détourner quelqu’un de son chemin. Ce sentier vous détournerait de votre chemin, vous en détournerait trop, vous détournerait de plus d’une lieue. Détourner un coup. Détourner un fléau. Le peuple croit qu’il faut sonner les cloches pour détourner l’orage. Détourner un ruisseau, le cours de l’eau. Détourner son visage. Détourner la vue, les yeux de dessus quelque objet. Détourner ses regards.
*  Il s’emploie, figurément, dans le même sens. Détourner quelqu’un de la droite voie, et le pousser au mal. Détourner quelqu’un de son devoir, ou absolument, Détourner quelqu’un. Détourner une accusation. Détourner les soupçons. Détourner son esprit, sa pensée d’un objet désagréable.
*  Détourner le sens d’un passage, d’une loi, d’un mot, etc., Donner à ce passage, etc., une signification, en faire une application différente de celle qu’il doit avoir.
*  DÉTOURNER, signifie aussi figurément, dans une acception particulière, Distraire de quelque occupation. Cela m’a détourné de mes études, de mes affaires. Je crains de vous détourner.
*  Il signifie quelquefois, Dissuader. Il voulait vous faire un procès, je l’en ai détourné. Tachez de le détourner de ce projet. Détourner du mal, du péché.
*  DÉTOURNER, signifie en outre, Soustraire frauduleusement. Il a détourné les papiers de la succession, il en a détourné les effets. On l’accuse d’avoir détourné ces fonds.
*  DÉTOURNER, en termes de Chasse, Remarquer l’endroit où est une bête à la reposée, pour la courre ensuite, la chasser. Détourner un cerf. Détourner un sanglier.
*  DÉTOURNER, avec le pronom personnel, signifie, S’écarter, s’éloigner. Se détourner de son chemin. Se détourner du chemin de quelqu’un. Il se détourna pour m’éviter. Il ne voudrait pas s’en détourner d’un pas. Se détourner de son devoir.
*  Il signifie aussi, Se déranger d’une occupation. Se détourner de son travail.
*  Il signifie absolument, Se détourner de son chemin, prendre, à dessein ou par hasard, un chemin plus long que le chemin ordinaire. Je me suis détourné de trois lieues pour venir vous voir. Il s’égara et se détourna de trois lieues.
*  Il signifie quelquefois, Se tourner d’un autre côté. Elle se détournait, afin qu’on ne pût la voir. Se détourner avec horreur.
*  DÉTOURNER, s’emploie aussi neutralement, et signifie, Quitter le chemin qu’on suivait. Quand vous serez arrivé à une croix, détournez à gauche.
*  DÉTOURNÉ, ÉE. participe, Il s’emploie aussi adjectivement, et se dit Des petites rues peu fréquentées, des chemins écartés. Rue détournée. Chemin, sentier détourné.
*  Fig., Voie détournée, Voie indirecte. Ces renseignements lui parvinrent par une voie détournée. Cela se dit plus ordinairement Des voies, des moyens secrets ou artificieux par lesquels on tâche d’arriver à ses fins. On dit également, dans ce dernier sens, Chemin détourné et Moyen détourné. Il prit, il employa des voies détournées, des moyens détournés. Cet homme prend toujours des chemins détournés.
*  Fig., Reproche détourné, Reproche indirect. Louange détournée, Louange délicate et fine, qui ne s’adresse pas directement à la personne qu’on a intention de louer. Sens détourné, Sens qui n’est pas le sens ordinaire ou naturel d’un mot, d’une phrase.
DÉTRACTER. v. a.
*  Parler mal de quelqu’un ou de quelque chose, s’efforcer ou affecter d’en rabaisser le mérite. Détracter un homme illustre. Détracter la vertu. On peut l’employer absolument, C’est un homme enclin à détracter. Il est aussi verbe neutre. La charité ne veut pas qu’on détracte de son prochain. Il est peu usité.
*  DÉTRACTÉ, ÉE. participe
DÉTRACTEUR. s. m.
*  Celui qui parle mal de quelqu’un, de quelque chose, qui s’efforce, qui affecte d’en rabaisser le mérite. C’est un détracteur d’Homère, des anciens. Les détracteurs de la philosophie. Il ne faut pas écouter les détracteurs.
*  Il s’emploie quelquefois adjectivement. Un esprit détracteur.
DÉTRACTION. s. f.
*  Action de détracter, médisance. La détraction contre le prochain est contraire à la charité. Être enclin à la détraction.
DÉTRANGER. v. a.
*  T. de Jardinage. Chasser les animaux qui nuisent aux plantes. Il faut détranger les mulots, les taupes.
*  DÉTRANGÉ, ÉE. participe
DÉTRAQUER. v. a.
*  Faire perdre à un cheval ses bonnes allures, son allure ordinaire. Celui qui a monté ce cheval l’a tout détraqué.
*  Il se dit également en parlant D’une machine, d’une montre, d’une horloge, etc., et signifie, La dérégler, faire qu’elle n’aille plus comme elle doit aller. Détraquer un tournebroche, une horloge.
*  Il signifie figurément, Troubler, déranger les fonctions d’une chose organisée, ou les facultés d’un être intelligent. Cet aliment lui a détraqué l’estomac. Ce pauvre homme ne saurait aller loin, car sa machine (son organisation) est bien détraquée. Cela lui a détraqué le cerveau, lui a détraqué l’esprit.
*  Il signifie pareillement, dans une acception plus étendue, Mettre le désordre où régnait une certaine règle, un certain ordre, etc. La retraite de deux acteurs a détraqué ce théâtre.
*  Il s’emploie avec le pronom personnel, surtout dans les trois derniers sens. Cette montre, cette horloge se détraque. Sa tête se détraque. Sa machine se détraque. Une administration qui se détraque.
*  DÉTRAQUÉ, ÉE. participe, Une tête détraquée.
DÉTREMPE. s. f.
*  T. de Peinture. Couleur délayée avec de l’eau et de la colle, et dont on se sert pour peindre. Il se dit également de La manière de peindre avec des couleurs ainsi préparées. La détrempe s’efface, s’enlève aisément avec de l’eau. Ce tableau n’est pas peint à l’huile, il n’est qu’en détrempe. On emploie la détrempe dans les décorations de théâtre.
*  Il se dit quelquefois d’Une peinture faite en détrempe. Une détrempe.
*  Fig. et fam., Mariage en détrempe, Commerce illicite sous quelque apparence de mariage.
DÉTREMPER. v. a.
*  Délayer dans quelque liqueur. Détremper de la farine avec des oeufs, avec du lait. Détremper quelque chose dans du vin. Détremper de la chaux. Détremper des couleurs.
*  DÉTREMPER, signifie aussi, Ôter la trempe à de l’acier, en le faisant rougir au feu, et en le laissant refroidir peu à peu. Détremper de l’acier. Détremper un couteau.
*  DÉTREMPÉ, ÉE. participe
DÉTRESSE. s. f.
*  Angoisse, grande peine d’esprit causée par une situation malheureuse, par un embarras pressant, par un danger imminent ; ou Cette situation, cet embarras, ce danger même. Grande détresse. Être dans une grande détresse, dans une extrême détresse. Être plongé dans la détresse. Mettre quelqu’un dans la détresse. J’eus pitié de sa détresse. Un cri de détresse.
*  En termes de Marine, Signal de détresse, Signal par lequel un bâtiment annonce qu’il est en danger et qu’il a besoin de secours. On le dit figurément pour désigner Toute action qui fait présumer qu’une personne est dans un embarras pressant. La vente de sa terre est un signal de détresse.
DÉTRIMENT. s. m.
*  Dommage, préjudice. Grand détriment. Cela va, tourne à mon détriment. Causer, recevoir un notable détriment. Cela va au détriment de sa bourse. Il n’acquit tant de richesses qu’au détriment de sa réputation, de son honneur.
*  DÉTRIMENT, en termes d’Histoire naturelle, se prend pour Débris, fragment. Cette montagne est toute formée de détriments de végétaux, d’animaux, de coquillages.
DÉTRITUS. s. m.
*  (On prononce l’S.) T. d’Hist. nat., emprunté du latin. Amas de débris qui s’est formé naturellement. Détritus de végétaux, d’animaux.
DÉTROIT. s. m.
*  Passage étroit qui fait la communication entre deux mers. Le détroit de Gibraltar. Le détroit de Magellan.
*  Il s’est dit aussi Des passages serrés entre les montagnes. Le détroit des Thermopyles. Les détroits sont aisés à garder. Dans les détroits des montagnes.
*  DÉTROIT, s’est dit autrefois pour District, signifiant L’étendue d’une juridiction temporelle ou spirituelle. Un juge hors de son détroit.
DÉTROMPER. v. a.
*  Désabuser, tirer d’erreur. Vous avez une opinion dont je veux vous détromper. Je veux vous détromper de cet homme-là, ou mieux, sur le compte de cet homme-là. Il se fiait à ce fripon, j’ai eu bien de la peine à l’en détromper. Il vous croyait son ennemi, je m’empressai de le détromper. Cette lettre le détrompa. L’événement l’a bien détrompé.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Sortir d’erreur, se désabuser. Il a eu de la peine à s’en détromper. On se détrompe en vieillissant. Détrompez-vous.
*  DÉTROMPÉ, ÉE. participe
DÉTRÔNER. v. a.
*  Chasser, déposséder du trône, dépouiller de la puissance souveraine. C’est ce qui fut cause qu’on détrôna le nouveau prince. Ceux qui avaient le plus contribué à détrôner le prince, furent les premiers à le rétablir, à le faire rappeler. La révolution qui détrôna Jacques II.
*  DÉTRÔNÉ, ÉE. participe, Un souverain détrôné.
DÉTROUSSER. v. a.
*  Détacher ce qui était troussé, et le laisser retomber. Détrousser une robe.
*  Il se dit aussi, avec le pronom personnel, De la personne qui détrousse son vêtement. Elle se détroussa avant d’entrer dans le salon.
*  DÉTROUSSER, signifie, figurément et familièrement, Voler, enlever par violence les effets, les marchandises, etc., d’un passant, d’un voyageur. Ce marchand trouva des voleurs qui le détroussèrent. On l’a détroussé sur la grande route. Détrousser les passants, les voyageurs.
*  DÉTROUSSÉ, ÉE. participe, Fig. et par plaisanterie, Rendre visite en robe détroussée, Rendre visite en grande cérémonie.
DÉTROUSSEUR. s. m.
*  Voleur qui détrousse les passants. Les détrousseurs furent pris. Il est vieux.
DÉTRUIRE. v. a.
*  Démolir, abattre, renverser, ruiner un édifice, une construction, ou toute autre chose semblable. Détruire un palais, une forteresse, une église, etc. Le temps détruit les plus solides édifices. Détruire un ville de fond en comble. Les eaux détruisirent la digue, la chaussée. La mer ronge et détruit lentement ses rivages.
*  Il signifie figurément, Faire qu’une chose quelconque ne soit plus, l’anéantir. Un incendie a détruit la forêt. Le débordement de la rivière détruisit son potager, sa récolte. Détruire une armée. Détruire les animaux nuisibles. Détruire une race, une famille. Les barbares ont détruit l’empire romain. Le temps détruit tout. L’âge détruit la beauté. Ce raisonnement détruit toutes les objections qu’on avait faites. Détruire une hérésie. Détruire une faction. Détruire la fortune de quelqu’un. Détruire les abus, les préjugés. Détruire les moeurs. Les veilles ont détruit sa santé. Détruire l’impression qu’une chose a faite sur l’esprit de quelqu’un. On l’emploie aussi dans un sens absolu. Il n’a su que détruire.
*  Détruire une personne dans l’esprit de quelqu’un, Décréditer entièrement une personne auprès de quelqu’un.
*  DÉTRUIRE, s’emploie avec le pronom personnel, au propre et au figuré. Ces bâtiments se détruisent tous les jours, faute de réparations. Cette opinion se détruit d’elle-même. C’est un faux bruit qui s’est détruit de lui-même. Il est quelquefois verbe réciproque. Tous ses projets se détruisaient l’un l’autre.
*  Il signifie quelquefois, en parlant Des personnes, Se donner la mort. Le malheureux s’est détruit.
*  DÉTRUIT, ITE. participe, Une ville détruite. Un palais détruit. Un empire détruit.
DETTE. s. f.
*  Ce qu’on doit à quelqu’un. Il se dit plus particulièrement D’une somme d’argent. Ancienne dette. Nouvelle dette. Petite dette. Grosse dette. Mauvaise dette. Contracter, faire des dettes. Payer, acquitter une dette, des dettes. Être arrêté, détenu pour dettes. Prisonnier pour dettes. N’avoir pas un sou de dettes. Les dettes de l’État. La dette publique. La dette flottante.
*  Dettes actives, Les sommes dont on est créancier ; par opposition à Dettes passives, Celles dont on est débiteur. Faire l’état de ses dettes actives et passives.
*  Dette hypothécaire, Dette qui donne hypothèque. Dette privilégiée, Celle pour laquelle le créancier a un privilége spécial. Dette exigible, Celle qu’on peut exiger actuellement.
*  Fam., Dette véreuse, Dette dont le payement est fort incertain.
*  Fam., Dettes criardes, Petites sommes qu’on doit à des ouvriers, à des marchands, et dont ils sollicitent le payement avec importunité. Je me suis débarrassé des dettes criardes.
*  Être accablé de dettes, perdu de dettes, criblé de dettes, abîmé de dettes ; avoir des dettes par-dessus la tête, Avoir beaucoup plus de dettes que de bien.
*  Prov. : Qui épouse la veuve, épouse les dettes. Cent ans de chagrin ne payent pas un sou de dettes.
*  Avouer une dette, avouer la dette, Avouer qu’on doit la somme dont il est question ; et, Nier une dette, désavouer une dette, Nier qu’on doive.
*  Fig. et fam., Avouer la dette, confesser la dette, Reconnaître qu’on a tort, convenir d’un fait qu’on voulait cacher. On dit dans le sens contraire, Nier la dette.
*  DETTE, se dit figurément de Tout ce qu’on doit ou qu’on veut faire en retour de quelque chose ; et, en général, de Toute chose qu’on ne peut se dispenser de faire, d’accomplir. Acquitter la dette de la reconnaissance, les dettes de l’amitié. La dette que nous contractons envers nos parents. C’est une dette sacrée. Payer sa dette à la patrie.
*  Payer la dette de la nature, sa dette à la nature, Mourir.
DEUIL. s. m.
*  Grande tristesse causée par une chose funeste, déplorable. Le jour où l’on apprit la disgrâce de ce sage ministre fut un jour de deuil.
*  Poétiq. et fig., Le deuil de la nature, se dit de L’aspect triste de la nature, pendant la mauvaise saison. On dit dans le même sens, La nature est en deuil.
*  Fam., Faire son deuil d’une chose, La regarder comme une chose sur laquelle il ne faut plus compter, ou comme une chose perdue, et se résigner à s’en passer.
*  DEUIL, signifie particulièrement, Affliction, douleur qu’on éprouve de la perte de quelqu’un. Quand le roi mourut, le peuple en témoigna un grand deuil. Cette bataille a plongé beaucoup de familles dans le deuil. Donner des signes de deuil.
*  Il désigne, par extension, Les vêtements noirs, le crêpe, les voitures drapées, la livrée des gens, la tenture des appartements, et tout ce qui, à l’extérieur, caractérise la tristesse à l’occasion de la mort d’un parent, ou de ceux dont on hérite, ou de quelque autre, comme rois, princes, maîtres. Vêtu de deuil. S’habiller de deuil. Prendre le deuil. Être en deuil. Être en deuil de quelqu’un. Quitter le deuil. Habit de deuil. Voiture de deuil. Grand deuil. Petit deuil. Demi-deuil. Porter le deuil. Il porte le deuil de son frère. Deuil de cour.
*  DEUIL, signifie également, Les étoffes, ordinairement noires, dont on tend une chambre, une église, etc. Tendre une chambre, une église de deuil.
*  Il signifie aussi, La dépense qui se fait pour prendre le deuil. Donner tant à une veuve pour son deuil.
*  Il se dit encore Du temps pendant lequel se porte le deuil. On a abrégé les deuils. Le deuil des veuves ne dure plus qu’un an. L’année de deuil.
*  Il signifie en outre, Le cortège des parents qui assistent aux funérailles de quelqu’un. J’ai vu passer le deuil. Mener le deuil. Suivre le deuil.
DEUTÉROCANONIQUE. adj. des deux genres
*  T. de Théologie. Il se dit Des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament qui ont été mis plus tard que les autres dans le canon des Écritures. Luther rejeta du nombre des livres saints tous les deutérocanoniques de l’Ancien Testament, et presque tous ceux du Nouveau.
DEUTÉRONOME. s. m.
*  Nom du cinquième livre du Pentateuque.
DEUX. adj.
*  (Devant un mot commençant par une voyelle ou par une H non aspirée, on fait sentir l’X, mais en le prononçant comme Z.) Nombre double de l’unité. Deux hommes. Deux femmes. Deux à deux. Deux à la fois. Deux fois autant. Des deux côtés. Il l’a fait en deux jours. De deux jours en deux jours. De deux jours l’un. À deux heures. Je les ai vus tous deux ensemble, tous les deux. Nous étions deux. Partager en deux parties, ou simplement, en deux. Vingt-deux. Trente-deux.
*  Fam., Cela est clair comme deux et deux font quatre, Cela est évident, incontestable.
*  Fam., N’en pas faire à deux fois, n’en faire ni un ni deux, Se décider sur-le-champ.
*  Elliptiq., Donner ou mieux Piquer des deux, Faire sentir les deux éperons a un cheval, pour qu’il aille plus vite.
*  Fig. et fam., Piquer des deux, Aller très-vite, faire beaucoup de diligence. Pour réussir dans cette affaire, il faut piquer des deux.
*  À deux de jeu. Voyez JEU.
*  DEUX, s’emploie quelquefois, dans le langage familier, pour exprimer Un très-petit nombre indéterminé. J’ai deux mots à vous dire. Il n’est qu’à deux pas d’ici. Écrivez-moi deux lignes seulement.
*  Il s’emploie aussi dans le sens de Deuxième ou Second. Page deux. Article deux. Tome deux. Henri deux, roi de France. Catherine deux, impératrice de toutes les Russies. On écrit plus ordinairement, Henri II, Catherine II.
*  DEUX, est quelquefois substantif masculin, dans le premier sens. Le produit de deux multiplié par cinq. On dit de même, Le nombre deux.
*  Le deux du mois, ou simplement, Le deux, Le second jour du mois. On dit de même, Le deux de la lune.
*  DEUX, s’emploie également comme substantif pour désigner Le chiffre qui marque deux. Un deux de chiffre. Le chiffre deux (2). Ce deux est mal fait. Effacez ce deux. Deux cent vingt-deux s’écrit par trois deux (222). On dit de même, Le numéro deux.
*  Il signifie en outre, Une carte à jouer, ou Le côté d’un dé à jouer, qui porte deux points, etc. Un deux de coeur, de pique. Amener cinq et deux. Fermer le jeu, au domino, avec des deux.
*  Au Domino, Double-deux, Le dé sur lequel le point de deux est répété.
*  Au Trictrac, Amener double-deux, Amener un doublet de deux.
*  Aux Jeux de trois dés, Rafle de deux, se dit Lorsque chacun des trois dés est sur le point de deux.
DEUXIÈME. adj. des deux genres
*  (L’X se prononce comme Z dans ce mot et dans le suivant.) Nombre d’ordre. Second. Il loge au deuxième étage, à la deuxième chambre. Je suis le deuxième sur la liste.
DEUXIÈMEMENT. adv.
*  En second lieu.
DÉVALER. v. a.
*  Faire descendre quelque chose. Dévaler du vin à la cave.
*  Il signifie aussi, Descendre, aller d’un lieu haut à un lieu bas. Dévaler les degrés. Dévaler une montagne. On l’emploie également comme neutre, dans le même sens. Dévaler de la montagne. Dévaler de sa chambre.
*  DÉVALÉ, ÉE. participe
DÉVALISER. v. a.
*  Voler, dérober à quelqu’un sa valise, ses hardes, ses effets. Il a trouvé au coin d’un bois des voleurs qui l’ont dévalisé. Des voleurs pénétrèrent chez lui, et le dévalisèrent complétement.
*  DÉVALISÉ, ÉE. participe, Voyageur dévalisé. Courrier dévalisé. Fig., Une maison dévalisée.
DÉVALISEUR, EUSE n. Qui dévalise. Une tribu de dévaliseurs.

175 déterminisme    dévalisé 175

<> 29/04/2021

11 avril 2021

L´Adonis de Chelsea (Apollinaire)

Classé dans : Morceaux choisis — Français_Dictionnaire simple @ 13 h 23 min

Jeune homme endormi  —  (Portrait)

<> L´Adonis des faubourgs (Cleland, Apollinaire)

Adonis, l´amant de Vénus est le parangon de la beauté masculine adolescente. [1]

◊ Comme je n’avais pas fait, en cette conjoncture, toutes les façons qu’exige la bienséance, il s’imagina que je n’étais rien moins qu’une novice et que je ne possédais plus ce frivole joyau que les hommes ont la folie de rechercher avec tant d’ardeur.
Quoique je ne m’éveillasse le lendemain que fort tard, Charles dormait encore profondément. Je me levai le plus doucement que je pus et me rajustai de mon mieux. Ma toilette achevée, je m’assis au bord du lit pour me repaître du plaisir de contempler mon Adonis.

Il avait sa chemise roulée jusqu’au cou ; mes deux yeux n’étaient de trop pour jouir pleinement d’une vue si ravissante. Oh ! pourrai-je vous peindre sa figure, telle que je la revois en ce moment, présente encore à mon imagination enchantée ! Le type parfait de la beauté masculine en pleine évidence ! Imaginez-vous un visage sans défaut, brillant de toute l’efflorescence, de toute la verdoyante fraîcheur d’un âge où la beauté n’a pas de sexe : à peine le premier duvet sur la lèvre supérieure commençait-il à faire distinguer le sien.

L’interstice de ses lèvres (une double bordure de rubis) semblait exhaler un air plus pur que celui qu’il respirait : ah ! quelle violence ne dus-je pas me faire pour m’abstenir d’un baiser si tentant !
Son cou exquisément modelé, qu’ornait par derrière et sur les côtés une chevelure flottante en boucles naturelles, attachait sa tête à un corps de la forme la plus parfaite et de la plus vigoureuse contexture ; toute la force de la virilité s’y trouvait cachée, adoucie en apparence par la délicatesse de sa complexion, le velouté de sa peau et l’embonpoint de sa chair.

La plate-forme de sa poitrine blanche comme la neige, déployée dans de viriles proportions, présentait, au sommet vermillonné de chaque mamelon, l’idée d’une rose prête à fleurir.
La chemise ne m’empêchait pas non plus d’observer cette symétrie de ses membres, cette régularité de sa taille dans sa chute vers les reins, là où finit la ceinture et où commence le renflement arrondi des hanches ; où sa peau luisante, soyeuse et d’une éblouissante blancheur s’étendait sur la chair abondante, ferme, dodue et mûre, qui frissonnait et se plissait à la moindre pression et sur laquelle le doigt, incapable de se poser, glissait sur la surface de l’ivoire le plus poli.

Ses jambes, finement dessinées, d’une rondeur florissante et lustrée, s’amoindrissaient par degrés vers les genoux et semblaient deux piliers dignes de supporter un si bel édifice. Ce ne fut pas sans émotion, sans quelque reste de terreur qu’à leur sommet je fixai mes yeux sur l’effrayant engin qui, peu de temps auparavant, m’avait causé tant de douleur. Mais, qu’il était méconnaissable alors ! il reposait languissamment retiré dans son béguin [2] et paraissant incapable des cruautés qu’il avait commises. Cela complétait la perspective et formait sans conteste le plus intéressant tableau qui fût au monde, infiniment supérieur, à coup sûr, à ces nudités que la peinture, la sculpture ou d’autres arts nous font payer des prix fabuleux.

Je ne pus m’abstenir de considérer sur moi-même la différence qu’il y a entre une vierge et une femme.
Tandis que j’étais occupée à cet intéressant examen, Charles s’éveilla…… —  John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir, éd. Apollinaire, 1914.

Note

­1- Adonis : Ovide, Métamorphoses, X.
« Adonis, né de son aïeul et de sa sœur, naguère enfermé dans un arbre, naguère le plus beau des enfants, bientôt adolescent, bientôt jeune homme, et chaque jour en beauté se surpassant lui-même, déjà plaît à Vénus, et va venger sa naissance et sa mère. » — trad. Villenave, 1806.
2- béguin, bonnet, capuchon.

­► Apollinaire Ovide

¢ beauté_masculine  dormeur_nu Endymion

<> 19/04/2021

10 avril 2021

adonis

Classé dans : Vocabulaire — Français_Dictionnaire simple @ 13 h 23 min

adonis n. m.

Très beau jeune homme fin et musclé. Éphèbe sportif. adonis_1

◊ Un Adonis, nommé Henri de Marsay. — Un jeune homme, beau comme était le jour de ce jour-là, mis avec goût, aisé dans ses manières – (disons le secret) un enfant de l’amour, le fils naturel de lord Dudley et de la célèbre marquise de Vordac, se promenait dans la grande allée des Tuileries.  — Balzac, La Fille aux yeux d’or, 1835.

◊ Tandis qu’il se livrait avec crainte, et non sans douceur à un sentiment tout nouveau pour lui, la Corilla sentait s’opérer en elle aussi une sorte de transformation. Elle aimait sinon avec noblesse, du moins avec ardeur ; et son âme irritable et impérieuse pliait sous le joug de son jeune Adonis. C’était bien vraiment l’impudique Vénus éprise du chasseur superbe, et pour la première fois humble et craintive devant un mortel préféré. — George Sand, Consuelo, 1856.

◊ Vous avez tous connu Massigny, et vous savez quel homme c’était. Des manières comme un groom anglais, de la conversation comme son cheval… Mais il était beau comme Adonis et mettait sa cravate comme Brummell. Au total, c’était l’être le plus ennuyeux que j’aie connu. — Mérimée, Le Vase étrusque, 1830.

Adonis en contexte

Et puis qu’est-ce que deviendrait la repopulation, s’il fallait condamner au célibat tous ceux qui ne sont pas des adonis. — (Gide) Sans être un adonis, c’était un garçon au-dessus de la trentaine, avec les cheveux et les dents de son âge, avec de bonnes épaules dans un bon veston et assez de figure pour satisfaire son monde. — (Hervé Bazin) Son corps n’est plus tellement d’un éphèbe. Il a beau ne vivre qu’à l’ombre pour conserver sa peau blanche laiteuse, il commence à n’être plus un Adonis. — (Henri Charrière)

◊ Un beau jouvencel. — « S’il consentait à se dévêtir, tu n’aurais plus d’yeux pour son visage, tant sa beauté est parfaite de tous points. » — (Platon)

Des hommes, amourachés de quelque bel Adonis, leur abandonnent leurs femmes pour jouir d’eux.   — (Brantôme)

◊ Une farce en 1647, à Rome : — On substitua (c’était la nuit dans une chambre sans lumière) une hideuse vieille à Nina Barcarola.  » Si les ris furent grands d’un côté, la confusion le fut de l’autre autant qu’on se le peut imaginer, dit Arnauld. L’Adonis, s’étant démêlé avec peine des embrassements de sa déesse, s’enfuit tout nu de cette maison comme s’il eût eu le diable à ses trousses. « —(Chateaubriand)

Complexe d´Adonis

Obsession de la minceur et de l´apparence juvénile. Vie centrée sur l´entraînement  physique à outrance, et la rigueur du régime alimentaire. « J’essaye d’être aux alentours de 200 /220 grammes de protéines par jour. « En ce moment je ne compte pas les glucides, mais pendant la compète j’étais aux alentours de 300/350 grammes de glucides et 80/ 90 de lipides. » Cela dit, le résultat est parfois intéressant.

<> L´adonis d´Évreux.

◊ « J’ai décidé d’en être, et d’attirer les regards sur mon physique. Ce qui ne veut pas dire, tout miser sur le corps en négligeant le reste. Ce n’est pas parce qu’on est bien foutu qu’on peut tout se permettre avec les filles. » À force de travail, l’éphèbe élancé et tout fin  de l’an dernier a laissé place à un beau champion viril et triomphant !  – (Jérôme Pesqué)

◊ À l’époque où il passa cette visite, véritable parangon de beauté mâle et adolescente, ses formes nerveuses et musclées avaient arraché des jurons approbateurs aux grognards chargés de jauger et de trier la viande à canons. — (Georges Eekhoud)

Références ­­↑►Balzac Brantôme Chateaubriand Eekhoud Gide Mérimée Platon Sand

↑►beauté_masculinascèse athlète narcissisme égotisme Tablettes de chocolat, Dominos ; Waschbrettbauch Monsieur France – Beauté

₵ folie_du_muscle  – complexe_d´_Adonis culturisme

<> 11/04/2021

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Pectoraux

Pectoraux

9 avril 2021

destin 174

Classé dans : Dictionnaire français — Français_Dictionnaire simple @ 9 h 10 min

174 destin – déterminé
DESTIN. s. m.
*  Fatalité, l’enchaînement nécessaire et inconnu des événements et de leurs causes. Destin irrévocable, immuable. Les païens avaient fait du destin une puissance à laquelle les dieux mêmes étaient soumis. L’ordre du destin. Les arrêts du destin. Le livre du destin. Les poètes disent également Destin et Destins. Le destin ennemi. Les destins favorables.
*  Il se prend aussi pour Le sort particulier d’une personne ou d’une chose, et pour Ce qui arrive aux hommes, de bien ou de mal, indépendamment de leur volonté. On ne peut fuir son destin. Un heureux destin. Un destin funeste. Son destin le voulait ainsi. C’est le destin des grands hommes. Le destin, les destins d’un empire. Le destin des combats.
*  Il se dit, en poésie, pour Vie, existence. Il a terminé son destin, ses destins. Trancher, abréger le destin, les destins de quelqu’un. On ne l’emploie guère que dans ces phrases et leurs analogues.
DESTINATAIRE. s. des deux genres
*  Il se dit, dans l’Administration des postes, de La personne à qui une lettre est adressée.
DESTINATION. s. f.
*  L’emploi d’une personne ou d’une chose pour un objet, pour un usage déterminé ; ou La détermination même de cet emploi. La destination de l’homme ici-bas Cet édifice a changé de destination. La destination des deniers. On a employé cette somme, ces fonds, suivant la destination qui en avait été faite. Remplir sa destination. Immeubles par destination.
*  Il s’emploie quelquefois dans le sens actif. On ne doit pas changer la destination des fondateurs.
*  En Jurispr., Destination du père de famille, se dit de Tout arrangement, de toute disposition que le propriétaire de plusieurs fonds a faite pour leur usage commun ou pour sa commodité. La destination du père de famille vaut titre à l’égard des servitudes continues et apparentes.
*  DESTINATION, signifie en outre, Le lieu où on doit se rendre, le lieu où une chose est envoyée, expédiée ; ou La détermination de ce lieu. Partir pour sa destination. Ce corps de troupes va se rendre à sa destination. On ne connaît pas encore la destination de cette flotte. Cette lettre n’est point parvenue à sa destination. Ces marchandises sont arrivées à leur destination. Arriver au lieu de sa destination. La destination de cette flotte est pour l’Amérique.
DESTINÉE. s. f.
*  Le destin, ou L’effet du destin. Être soumis à la destinée. Le cours des destinées.
*  Il se dit aussi Du destin particulier d’une personne ou d’une chose. Il eut une singulière destinée. Heureuse, malheureuse destinée. Remplir ses destinées. Accomplir ses destinées. Il faut suivre sa destinée. S’abandonner à sa destinée. On ne peut fuir, on ne peut vaincre sa destinée. On ne peut se dérober à sa destinée.
*  Il s’emploie, en poésie, pour Vie, existence. Finir sa destinée. Trancher la destinée de quelqu’un. On ne l’emploie guère que dans ces phrases et leurs analogues.
*  Ce mot, dans ses deux premières acceptions, est plus usité en prose que son synonyme Destin.
DESTINER. v. a.
*  Fixer, régler la destination d’une personne ou d’une chose. Savons-nous à quoi le ciel nous destine ? Destiner son fils au barreau. Il destine cet argent à l’achat d’une maison. Il a destiné cet argent aux pauvres ou pour les pauvres. Cette flotte est destinée pour l’Amérique. Cet édifice est destiné au culte. Ce petit bassin est destiné à recevoir le trop-plein du grand réservoir.
*  Il signifie aussi, Préparer, réserver. Je sais l’accueil qu’il me destine. Le prix qui vous est destiné.
*  Il s’emploie avec le pronom personnel, dans le premier sens. Il se destine au barreau, à la guerre, etc.
*  DESTINÉ, ÉE. participe, Il signifie quelquefois, Que son destin porte, conduit à. Un homme destiné à une grande fortune. Un homme destiné aux grandes choses. Il était destiné à périr de cette manière.
DESTITUABLE. adj. des deux genres
*  Qui peut être destitué. Officier, fonctionnaire destituable, non destituable à volonté.
DESTITUER. v. a.
*  Déposer, ôter, priver quelqu’un de la charge, de l’emploi, de la fonction qu’il exerçait. Destituer un professeur, un conseiller d’État, un employé. On l’a destitué de son emploi, de sa commission, de la tutelle de son neveu.
*  DESTITUÉ, ÉE. participe, Il s’emploie aussi comme adjectif, dans le sens de Dépourvu, dénué. Un homme destitué de tout secours. Destitué de bon sens, de raison, etc. Une crainte destituée de fondement. En parlant Des personnes, ce sens vieillit ; on dit, Dénué de secours, etc.
DESTITUTION. s. f.
*  Déposition, privation forcée d’une charge, d’un emploi, d’une commission, etc. Depuis sa destitution, il ne se mêle de rien. Prononcer la destitution d’un administrateur, d’un employé. Le conseil de famille a prononcé la destitution de ce tuteur.
DESTRIER. s. m.
*  Vieux mot qui signifiait, Cheval de main, de bataille. Il était opposé à Palefroi, qui se disait d’Un cheval de cérémonie.
DESTRUCTEUR. s. m.
*  Celui qui détruit. Les Grecs furent les destructeurs de Troie.
*  Il se dit aussi de Ceux qui rompent, qui brisent, qui font du ravage dans une maison, dans un village, dans une ville, etc. Les soldats, livrés à la licence, sont de grands destructeurs. Quel destructeur que cet enfant !
*  Il se dit figurément, tant au sens physique qu’au sens moral. Ce prince voulut être le destructeur de l’hérésie. Le destructeur des abus. Cet homme a été, par ses folles dépenses, le destructeur de sa maison.
*  Il s’emploie aussi adjectivement. Un animal destructeur. Fléau destructeur. Un système destructeur.
DESTRUCTIBILITÉ. s. f.
*  Qualité de ce qui peut être détruit. Il est peu usité.
DESTRUCTIF, IVE. adj.
*  Qui détruit, qui cause la destruction. Cause destructive. Principe destructif. Doctrine destructive de toute morale.
DESTRUCTION. s. f.
*  Ruine totale. La destruction du temple de Jérusalem. La destruction de Carthage.
*  Il se dit figurément, tant au sens physique qu’au sens moral. La destruction d’une famille. La destruction d’un État, d’un empire. La mauvaise conduite des pères amène la destruction des familles. Travailler à la destruction de l’hérésie, des abus. Ces maximes tendent à la destruction de la morale.
DÉSUÉTUDE. s. f.
*  (On prononce l’S comme si elle était double.) Cessation, par laps de temps, d’un usage, d’une habitude. Il se dit surtout en parlant Des lois, des règlements, etc., qu’on a cessé d’observer sans qu’ils aient été formellement révoqués. Cette loi est tombée en désuétude.
DÉSUNION. s. f.
*  Séparation des parties qui composent un tout, un assemblage. La désunion des planches, des ais d’une cloison, des feuilles d’un parquet.
*  Il s’emploie aussi dans le sens particulier de Démembrement, disjonction. La désunion de deux cures. Bulle de désunion. Ces terres ont diminué de valeur depuis leur désunion.
*  Il se dit plus ordinairement au figuré, pour Mésintelligence, division. La diversité d’intérêts cause la désunion. C’est lui qui a mis la désunion dans cette famille. Cela ne peut manquer d’amener entre eux une complète désunion.
DÉSUNIR. v. a.
*  Disjoindre, séparer ce qui était uni. Désunir les pièces d’un ouvrage de menuiserie. Désunir un fief d’une terre. Désunir un prieuré d’une cure. On avait uni ces deux charges, on voulut les désunir.
*  Il signifie plus souvent au figuré, Rompre la bonne intelligence, l’union qui est entre des personnes. C’est l’intérêt qui unit et désunit les princes. Ses intrigues ont désuni tous les membres de cette famille.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel, dans l’un et dans l’autre sens. Les feuilles de ce parquet se désunissent. Si ces gens-là se désunissent, ils sont perdus.
*  DÉSUNI, IE. participe, En termes de Manége, Cheval désuni, Cheval qui traîne les hanches, qui galope à faux.
DÉTACHEMENT. s. m.
*  État de celui qui est dégagé, délivré d’une passion, d’un sentiment, de tout ce qui peut captiver trop l’esprit ou le coeur. Être dans un entier détachement de toute espèce d’intérêt. Être dans un parfait détachement des choses du monde.
*  DÉTACHEMENT, en termes de Guerre, se dit d’Un certain nombre de soldats ou d’une troupe, qu’on tire d’un corps plus considérable pour quelque service. Former un détachement. Envoyer un détachement d’infanterie, de cavalerie à la découverte. Il commandait ce détachement. Être d’un détachement.
DÉTACHER. v. a.
*  Ôter les taches. Détacher un habit. Liqueur qui sert à détacher. Savon à détacher.
*  DÉTACHÉ, ÉE. participe
DÉTACHER. v. a.
*  Dégager une personne ou une chose de ce qui l’attachait, de ce qui la retenait, de l’objet auquel elle était attachée, fixée. Détacher un forçat. Détacher un chien. Détacher une tapisserie, un tableau. Détacher une barque du rivage. Détacher un fruit de l’arbre.
*  Il signifie aussi, Ôter, défaire ce qui sert à attacher. Détacher une épingle. Détacher une agrafe. Détacher un ruban, une jarretière.
*  Il signifie quelquefois, par extension, Tenir écarté de. Détachez vos bras du corps. Détacher le pied gauche du pied droit.
*  Il signifie pareillement, Rendre distinct, isolé. Détacher les notes du texte par un filet.
*  En termes de Musique, Détacher des notes, Les séparer, dans l’exécution, par de courts silences pris sur leur valeur. Les notes qui doivent être détachées sont marquées d’un petit trait vertical, placé au-dessus.
*  DÉTACHER, signifie encore, surtout en termes de Peinture, Faire apercevoir et ressortir les contours d’un objet, lui donner de la saillie, par le contraste de sa couleur avec celle du fond, ou par quelque autre moyen. Ce peintre ne sait pas détacher ses figures.
*  DÉTACHER, se dit aussi en parlant Des choses qu’on sépare de celles avec lesquelles elles sont jointes et font en quelque sorte un même corps. Détacher une ferme du nouveau bail d’une propriété rurale. Détacher un pré, une vigne d’une ferme. Par ce traité, deux provinces furent détachées du royaume. Cette administration a été réunie au ministère dont on l’avait autrefois détachée. Il a détaché ce traité de son grand ouvrage. Il a détaché quelques vers de son poème, pour les placer dans cette épître.
*  Il se dit également en parlant D’une troupe qu’on tire d’un corps d’armée, des soldats qu’on tire d’un régiment, d’une compagnie, etc., pour quelque service. On détacha mille hommes pour investir la place. On détacha tant d’hommes par régiment, par compagnie. Détacher des voltigeurs.
*  Il s’emploie dans un sens analogue en termes de Marine. On détacha de la flotte deux bâtiments légers, qui prirent les devants.
*  Détacher des gendarmes, des archers, etc., contre quelqu’un, Les mettre à sa poursuite, les envoyer après lui pour le prendre.
*  Fam., Détacher un soufflet, un coup de pied, etc., Donner un soufflet, un coup de pied, etc. Le cheval a détaché une ruade.
*  DÉTACHER, se dit encore figurément en parlant Des engagements, des occupations, des passions, des affections, etc., qu’on détermine une personne à quitter. Détacher quelqu’un d’un parti, d’une alliance. On l’a détaché de cette femme. On ne saurait le détacher de cet engagement. On ne le détachera point de son étude favorite. Détacher son esprit d’une opinion, d’un système, d’une pensée.
*  DÉTACHER, s’emploie aussi avec le pronom personnel, dans les divers sens qui viennent d’être indiqués. Votre manteau se détache. Un créneau qui commence à se détacher de la muraille. Un bloc énorme se détacha de la montagne. Une jarretière qui se détache. Un ruban qui s’est détache. Un clou, une épingle qui va se détacher. Ce titre ne se détache pas assez du texte. Deux hommes se détachèrent de la troupe, pour aller à la découverte. Ces régiments se détachèrent du corps d’armée. Trois vaisseaux se détachèrent de la flotte. Se détacher d’un parti. Il s’est détaché de la passion qu’il avait. Il s’est détaché peu à peu de cette femme. Se détacher du jeu. Se détacher du monde, des choses du monde. Les figures de ce tableau se détachent bien du fond. Ces fleurs rouges se détachent bien sur ce fond noir.
*  DÉTACHÉ, ÉE. participe, L’ennemi fondit sur un corps détaché.
*  En termes de Fortification, Pièces détachées, Celles qui ne tiennent point au corps de la place. Les dehors sont des pièces détachées.
*  Pièces détachées, morceaux détachés, Petits ouvrages en prose ou en vers, qui n’ont pas de liaison entre eux, dont chacun forme un tout. Un recueil de pièces détachées. On dit de même, Des pensées détachées.
* Travailleur détaché, Travailleur étranger en France, payant les charges sociales dans son pays d’origine, ce qui permet à l’employeur français de baisser ses prix.
DÉTAIL. s. m.
*  T. de Commerce. Action de vendre habituellement des marchandises par le menu, à la petite mesure. Ce marchand en gros fait aussi le détail. Je réserve ces marchandises pour le détail. Magasin de détail. Pour la locution En détail, voyez à la fin de l’article.
*  DÉTAIL, dans le langage ordinaire, se dit d’Une énumération quelconque de parties, d’objets. Il doit tant pour les réparations dont voici le détail, dont le détail suit. On dit de même, Les détails d’un compte.
*  Il signifie particulièrement, Exposé ou récit des circonstances et des particularités d’un événement, d’une affaire, etc. Il nous a fait un long détail, un grand détail, un détail bien exact de cette affaire, du siége de cette ville. Il a donné au public une relation de cette bataille, avec un détail exact de toutes les circonstances. Il nous a fait un long et ennuyeux détail de sa mésaventure. Je vous raconterai l’affaire en gros, sans entrer dans le détail, sans descendre dans le détail.
*  Il se dit également de Ces circonstances, de ces particularités mêmes, en tant qu’elles sont ou peuvent être l’objet d’un exposé, d’un récit ; et alors il s’emploie très-souvent au pluriel. Je n’omis aucun détail. Les détails en sont fort curieux. Je veux en connaître les détails, les moindres détails. Entrer dans des détails ennuyeux. Tous ces détails sont inutiles. Rien ne plaît tant, dans les relations, que les détails, quand ils sont habilement racontés. Cette histoire contient des détails pleins d’intérêt. Je vais vous exposer les détails de toute cette affaire. Il vous donnera là-dessus tous les détails que vous pourrez désirer.
*  Il se dit encore Des divers objets, plus ou moins nombreux et plus ou moins dignes d’intérêt, qui concernent une affaire, une occupation, une gestion quelconque. Il veut connaître le détail. Descendre dans le détail. Il descend aux moindres, aux plus petits détails de l’administration. Il se perd dans les détails. Bien des détails doivent lui échapper. Il entend bien le détail. Il a l’esprit de détail. C’est un homme de détail.
*  Il se dit également, surtout dans les Beaux-Arts et en Littérature, Des parties qui concourent à la composition, à la formation d’un ensemble, d’un tout. L’ensemble et les détails. Il ne faut point s’attacher à reproduire minutieusement chaque détail. Ce peintre, ce sculpteur ne soigne pas assez les détails. Il excelle dans les détails. Ce sont les beautés de détail qui soutiennent les ouvrages de ce genre. Il y a quelques détails spirituels dans cette pièce.
*  EN DÉTAIL. loc. adv. Par petites quantités, par petites mesures. Vendre, débiter des marchandises en détail. Vente en détail. Marchand en gros et en détail.
*  Il signifie aussi, Pièce à pièce, partie par partie. Il perdait peu à peu toutes ses facultés, et mourait, pour ainsi dire, en détail. À les considérer en détail, il semble que… J’examinerai la chose en détail, c’est-à-dire, Dans toutes ses parties.
*  Il signifie encore, En faisant le détail, en donnant les détails. Il nous a raconté le fait en détail. On dit aussi, dans ce dernier sens, Avec détail.
DÉTAILLANT. adj. m.
*  Qui vend en détail. Marchand détaillant. On l’emploie aussi comme substantif. C’est un détaillant.
Le détaillant se fournit chez un grossiste.
DÉTAILLER. v. a.
*  Couper en pièces, distribuer par parties. Détailler un bœuf, un mouton à la boucherie.
*  Il signifie aussi, Débiter, vendre en détail. Il n’a pu vendre ses marchandises en gros, il a été contraint de les détailler.
*  Il signifie encore, Raconter, exposer en détail. Détailler une nouvelle. Il nous a détaillé toute l’histoire. Il serait trop long de détailler toutes les beautés dont cet ouvrage est rempli.
*  DÉTAILLÉ, ÉE. participe, Un récit détaillé. Une histoire détaillée.
DÉTAILLEUR. s. m.
*  T. de Commerce. Marchand qui vend en détail ; par opposition à Marchand en gros. Il a vieilli ; on dit aujourd’hui, Détaillant.
DÉTALAGE. s. m.
*  Action de détaler des marchandises.
DÉTALER. v. a.
*  Ôter, resserrer la marchandise qu’on avait étalée. On détale ces marchandises tous les soirs.
*  Il s’emploie aussi absolument. La foire est finie, les marchands ont détalé. Le commissaire les a fait détaler.
*  Il signifie, figurément et populairement, Se retirer de quelque endroit promptement et malgré soi. Quand il m’aperçut, il détala bien vite. Je le ferai bien détaler. Comme il a détalé !
*  DÉTALÉ, ÉE. participe
DÉTALINGUER. v. n.
*  T. de Marine. Ôter le câble d’une ancre.
DÉTEINDRE. v. a.
*  Faire perdre la couleur, enlever la teinture à quelque chose. Le soleil déteint toutes les couleurs. Le vinaigre déteint les étoffes.
*  Il s’emploie avec le pronom personnel. Une couleur qui se déteint aisément. Ces draps-là ne se déteignent point.
*  Il s’emploie aussi neutralement, pour Se déteindre. Cette étoffe déteint beaucoup. Ces cravates déteignent sur le linge.
*  DÉTEINT, EINTE. participe
DÉTELER. v. a.
*  (Je dételle. Je détellerai.) Détacher d’une voiture, d’une charrue, etc., des chevaux, ou d’autres animaux de trait, qui y sont attelés. Un cocher qui dételle ses chevaux. Un laboureur qui dételle ses boeufs.
*  Il se dit aussi absolument. Dételez. Il n’a pas encore dételé.
*  DÉTELÉ, ÉE. participe
DÉTENDRE. v. a.
*  Relâcher ce qui était tendu. Détendre une corde. Détendre un arc. Détendre un ressort.
*  Il se dit figurément, au sens moral. Se détendre l’esprit. Détendre son esprit, après avoir été longtemps appliqué à quelque chose.
*  Il s’emploie dans l’un et l’autre sens avec le pronom personnel. La corde de cet arc s’est détendue. Un ressort qui se détend. L’esprit a parfois besoin de se détendre.
*  Fig., Il faut quelquefois détendre l’arc, Il faut donner quelquefois du relâche à l’esprit.
*  DÉTENDRE, signifie encore, Détacher, enlever ce qui était tendu en quelque endroit. Détendre une tapisserie. Détendre un lit, des rideaux, une tente, un pavillon.
*  Détendre une chambre, détendre un appartement, En ôter, en détendre les tapisseries, le lit, les rideaux, etc.
*  DÉTENDRE, se dit quelquefois absolument, soit en parlant Des tapisseries et des chambres qu’on détend, comme dans ces phrases : On détend dans toutes les rues quand le saint sacrement est passé ; on a détendu dans toute la maison ; soit en parlant Des tentes et des pavillons qu’on détend lorsqu’une armée décampe : On avait déjà détendu dans tout le camp.
*  DÉTENDU, UE. participe
DÉTENIR. v. a.
*  T. de Jurispr. Retenir injustement, retenir ce qui n’est pas à soi. Détenir le bien d’autrui. Détenir les effets d’une succession.
*  Détenir quelqu’un en prison, ou simplement, Détenir quelqu’un, Le mettre, le retenir en prison, soit justement, soit injustement. On l’a détenu arbitrairement pendant huit jours.
*  DÉTENU, UE. participe, Être détenu prisonnier. Être détenu pour dettes.
*  Il se dit substantivement d’Une personne qui est détenue, surtout lorsqu’elle l’est par autorité de justice. Un détenu pour dettes. Plusieurs détenus s’évadèrent.
DÉTENTE. s. f.
*  Petite pièce de fer ou d’acier qui sert au ressort des armes à feu pour tirer, pour faire partir le coup. Le pistolet est armé, ne touchez pas à la détente, le coup partirait. Presser la détente.
*  Il se dit aussi de L’action de lâcher la détente, et de L’effort que fait cette pièce lorsqu’elle vient à se détendre. Un fusil qui est dur, qui est fort, qui est aisé à la détente. Il est à craindre que ce ressort ne se rompe à la détente.
*  Fig. et pop., Être dur à la détente, Être avare, avoir de la peine à donner de l’argent, à payer.
DÉTENTEUR, TRICE. s.
*  T. de Jurispr. Celui, celle qui retient, qui possède actuellement une chose, un bien. Détenteur des deniers publics. Légitime détenteur. Injuste détenteur. Faites assigner les détenteurs de ces héritages. Elle a été condamnée comme détentrice des biens de la succession.
*  Tiers détenteur, Celui qui est actuellement possesseur d’un bien sur lequel une personne, autre que celle dont il le tient, a une hypothèque à exercer, un droit à réclamer.
DÉTENTION. s. f.
*  T. de Jurispr. État d’une chose qu’on retient, dont on est saisi, dont on a la possession actuelle. La détention d’une somme, d’un bien. La détention des effets d’une succession.
*  Il se dit aussi de L’état d’une personne détenue, privée de sa liberté. Depuis sa détention. Après une longue détention. La détention d’une personne en prison. Détention injuste. Détention arbitraire. Être condamné à cinq ans de détention. La peine de la détention.
DÉTERGENT, ENTE. adj.
*  T. de Médec., synonyme de Détersif, ive, qui est plus usité.
DÉTERGER. v. a.
*  T. de Médec. Nettoyer, mondifier. Déterger une plaie, un ulcère.
*  DÉTERGÉ, ÉE. participe
DÉTÉRIORATION. s. f.
*  Action par laquelle on détériore quelque chose, ou Le résultat de cette action. Tout locataire est responsable des détériorations faites durant son bail. Il y a de grandes détériorations dans cette terre, tout y est dans une étrange détérioration.
DÉTÉRIORER. v. a.
*  Dégrader, gâter, rendre pire. Détériorer un héritage, une terre, une maison. Détériorer sa condition. Cette dernière phrase est maintenant peu usitée.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel. Cette maison se détériore. On a laissé détériorer ces marchandises. Dans cette dernière phrase, le pronom est sous-entendu.
*  DÉTÉRIORÉ, ÉE. participe
DÉTERMINANT, ANTE. adj.
*  Qui détermine, qui sert à déterminer. Ce motif est déterminant. C’est une raison déterminante.
DÉTERMINATIF, IVE. adj.
*  T. de Gram. Qui détermine, qui précise ou restreint la signification d’un mot. Dans cette phrase, La lumière du soleil, Soleil est le mot déterminatif de lumière. Adjectif déterminatif. Complément déterminatif. Phrase déterminative.
*  Il est quelquefois substantif au masculin. L’article est un déterminatif. Un moi et son déterminatif.
DÉTERMINATION. s. f.
*  Résolution qu’on prend après avoir balancé entre plusieurs partis. Je n’attends que sa détermination. On lui demande une prompte détermination. Prendre une détermination. Quelle détermination le conseil a-t-il prise ?
*  Il se dit aussi, en termes de Philosophie, de L’action par laquelle une chose, également susceptible de plusieurs qualités, de plusieurs manières d’être, est déterminée à recevoir l’une plutôt que l’autre. La détermination de la matière au mouvement ne peut venir que de Dieu.
*  Détermination du mouvement, Ce qui détermine un corps qui est en mouvement à aller d’un côté plutôt que d’un autre. La détermination du mouvement peut changer, quoique la force du mouvement demeure la même.
DÉTERMINÉMENT. adv.
*  Résolument, absolument. Il l’a voulu déterminément.
*  Il signifie quelquefois, Expressément, précisément. Je vous ai marqué déterminément ce qu’il y avait à faire.
*  Il signifie aussi, Courageusement, hardiment. Les troupes allèrent déterminément à l’assaut.
DÉTERMINER. v. a.
*  Décider, fixer, régler. C’est un point que l’Église a déterminé. Le concile détermina que… La jurisprudence était douteuse sur ce point, mais la nouvelle loi a déterminé ce qu’il fallait juger. Déterminer la longueur qu’une chose doit avoir. Déterminer la véritable signification d’un mot. Déterminer le mode suivant lequel on doit faire certaines réclamations. Déterminer la marche à suivre.
*  Il se dit particulièrement, en Grammaire, De ce qui précise ou restreint le sens d’un mot, d’une expression, d’une phrase. Ce mot est déterminé par celui qui précède. Dans la phrase, Le livre de Pierre, les mots de Pierre déterminent le mot livre. Le sens de cette phrase aurait besoin d’être plus exactement déterminé. (Voyez plus bas une phrase analogue, par le sens, aux exemples de cet alinéa.)
*  Il signifie encore, Reconnaître, indiquer avec précision. Déterminer la distance qu’il y a du soleil à la terre. Déterminer l’heure à laquelle une éclipse doit avoir lieu. Déterminer une chose par le calcul.
*  DÉTERMINER, signifie en outre, Résoudre, former une résolution, prendre une résolution. Il a déterminé de rebâtir sa maison. Il a déterminé cela dans son esprit.
*  Il signifie aussi, Faire résoudre, faire prendre une résolution. Il était irrésolu sur le parti qu’il devait prendre, cette nouvelle le détermina. C’est moi qui l’ai déterminé à cela. Je le déterminai à partir. On l’emploie souvent, en ce sens, avec le pronom personnel. Il était indécis, mais il s’est déterminé. Se déterminer à une chose, à faire une chose. Vous avez l’esprit bien irrésolu, déterminez-vous à quelque chose. Je ne puis me déterminer à rien. Absol., Sachez enfin vous déterminer.
*  DÉTERMINER, en termes de Philosophie, Donner une certaine qualité, une certaine manière d’être, à ce qui de soi-même n’a pas plutôt celle-là qu’une autre. La plupart des philosophes tiennent que la matière est indifférente au repos et au mouvement, et qu’il faut une cause qui la détermine à l’un ou à l’autre. Qu’est-ce qui détermine ce corps à se mouvoir en ligne courbe plutôt qu’en ligne droite ?
*  Déterminer un mot, une expression, à un sens, à une signification, Lui faire prendre telle signification, l’y restreindre. Cette expression a quelque chose d’équivoque en elle-même, mais ce qui précède et ce qui suit la déterminent nécessairement au sens que vous lui donnez. On dit plus ordinairement, En déterminent le sens.
*  DÉTERMINER, signifie encore, Faire qu’une chose ait lieu, s’accomplisse. Cela peut déterminer une explosion. Ce mur était peu solide, un faible choc a suffi pour en déterminer la chute. Les causes qui déterminent une révolution. Déterminer le succès d’un événement, d’une affaire, d’une négociation. La bataille était douteuse, la valeur du général en détermina le succès.
*  DÉTERMINÉ, ÉE. participe, En nombre déterminé. Il n’y a rien de déterminé là-dessus. Un sens déterminé. À une époque déterminée.
*  En Mathém., Problème déterminé, Celui qui n’a qu’un certain nombre de solutions possibles.
*  DÉTERMINÉ, est souvent adjectif ; alors il se dit D’une personne entièrement adonnée à quelque passion, à quelque habitude. C’est un chasseur déterminé, un joueur déterminé, un buveur déterminé.
*  Il signifie aussi, Hardi, courageux, qui ne s’effraye d’aucun péril. Un soldat déterminé.
*  Il se dit quelquefois Des choses, dans un sens analogue à celui qui précède. Avoir un air, un maintien déterminé. Une action déterminée.
*  Il s’emploie aussi substantivement, et signifie, Méchant, emporté, capable de violences et d’excès. Il ne faut pas le fâcher, c’est un déterminé. C’est un franc déterminé, un vrai déterminé. Cet enfant est un petit déterminé.
174 destin – déterminé 174
<> 09/04/2021

4 avril 2021

désordre 173

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173 désordre >  ci-dessus 173
DÉSORDRE. s. m.
*  Manque d’ordre ; renversement, dérangement, confusion des choses qui ne sont pas dans l’état, dans le rang, dans la disposition où elles devraient être. Voilà une chambre, une bibliothèque en grand désordre. Tous mes papiers sont en désordre. La coiffure de cette femme est en désordre. Ses vêtements étaient en désordre. Sa présence causa du désordre dans l’assemblée. Le désordre se mit dans les rangs de l’armée. L’armée ennemie s’est retirée en désordre. Il y a dans cet ouvrage un grand désordre d’idées. En parlant Des ouvrages de poésie : Désordre lyrique. Un beau désordre. Désordre pindarique. Etc.
*  Il signifie quelquefois, Pillage, dégât. Ses troupes ont passé sans faire aucun désordre.
*  Il se dit aussi pour Trouble, égarement. Le désordre des sens. Il a l’esprit en désordre. Les passions mettent le désordre dans l’âme. Le désordre où la colère l’a mis. Il fut surpris, et parut tout en désordre. Le désordre de son esprit, de ses idées.
*  Il se dit en outre Du mauvais état de certaines choses qui ne sont pas ou ne sont plus réglées, administrées, etc., comme elles devraient l’être. Le désordre des fonctions animales. Ses affaires sont en désordre. Le désordre s’est mis dans ses affaires. Il régnait un grand désordre dans l’administration. Il y avait un grand désordre dans les finances. Le désordre s’introduisit partout.
*  Il se dit particulièrement Du dérèglement de moeurs. Il a toujours vécu dans le désordre. Cette femme est dans le désordre. S’abandonner, se livrer à toutes sortes de désordres. Retirer quelqu’un du désordre.
*  Il se dit encore Des querelles, des dissensions, et particulièrement Des troubles, des émeutes, dans un État, dans une ville, etc. Cette famille était fort unie, un misérable intérêt y a mis le désordre. Cela peut amener quelque désordre dans l’État. Il y eut de graves désordres dans cette ville, dans cette province. Faire cesser le désordre, les désordres.
DÉSORGANISATION. s. f.
*  Action de se désorganiser, ou L’état de ce qui est désorganisé.
DÉSORGANISER. v. a.
*  Détruire l’organisation, les organes. La même cause qui organise les corps peut les désorganiser.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel. Les corps animés se désorganisent avec le temps.
*  DÉSORGANISÉ, ÉE. participe
DÉSORIENTER. v. a.
*  Il signifie proprement, Faire perdre la connaissance du véritable côté du ciel où le soleil se lève, par rapport au pays où l’on est. Nous étions sans boussole, la brume acheva de nous désorienter. Nous étions au milieu d’un bois si épais, que nous fûmes bientôt entièrement désorientés.
*  Il signifie, par extension, Faire qu’une personne ne reconnaisse plus son chemin. Il croyait me désorienter, en me conduisant par ces détours. Notre guide avoua qu’il était tout à fait désorienté.
*  Il signifie figurément, Dépayser, déconcerter, embarrasser. Si vous lui parlez d’autre chose que de chicane, vous l’aurez bientôt désorienté. Quand un homme de province vient à Paris, il est d’abord tout désorienté. Il fait le savant ; mais quand on le met sur quelque question un peu difficile, on le désoriente.
*  DÉSORIENTÉ, ÉE. participe
DÉSORMAIS. adv. de temps
*  Dorénavant, à l’avenir, dès ce moment-ci. Je ne sortirai plus désormais si tard. Qui pourrait désormais se fier à lui ? Soyons désormais plus sages. Vous êtes désormais mon soutien.
DÉSOSSEMENT. s. m.
*  Action de désosser. Il y a des mets dont la préparation exige le désossement des viandes. Faire le désossement d’un dindon, d’un lièvre.
DÉSOSSER. v. a.
*  Ôter les os de quelque animal pour en mettre la chair en pâte ou en hachis. Désosser un lièvre.
*  DÉSOSSÉ, ÉE. participe, Dinde désossée.
*  Il se dit, par extension, De certains poissons dont on a ôté les arêtes. Carpe désossée. Brochet désossé.
DÉSOURDIR. v. a.
*  Défaire ce qui a été ourdi. Il est peu usité.
*  DÉSOURDI, IE. participe
DÉSOXYDATION. s. f.
*  T. de Chimie. Action de désoxyder, ou Le résultat de cette action. On dit aussi, Désoxygénation.
DÉSOXYDER. v. a.
*  T. de Chimie. Séparer l’oxygène, en totalité ou en partie, des corps avec lesquels il était uni. La chaleur désoxyde un très-grand nombre de corps. On l’emploie aussi avec le pronom-personnel. Il y a des corps qui se désoxydent à la lumière. On dit aussi, Désoxygéner.
*  DÉSOXYDÉ, ÉE. participe
DÉSOXYGÉNATION. s. f.  *  Voyez DÉSOXYDATION.
DÉSOXYGÉNER. v. a.  *  Voyez DÉSOXYDER.
DESPOTE. s. m.
*  Souverain qui gouverne avec une autorité arbitraire et absolue. Ce mot implique ordinairement l’idée de tyrannie, d’oppression. Le monarque gouverne par des lois, le despote ne connaît de loi que sa volonté. Les despotes de l’Asie.
*  Il se dit aussi Des gouverneurs de certains petits États, tributaires de la Turquie. Despote de Servie.
*  Il se dit, par extension, de Quiconque exerce ou s’arroge une autorité absolue, oppressive, tyrannique. Cet homme, qui paraît si doux dans le monde, est un despote dans sa famille. Cet enfant est un petit despote. Quel despote que cette femme !
DESPOTIQUE. adj. des deux genres
*  Absolu et arbitraire. Il implique ordinairement l’idée de tyrannie, d’oppression. Commandement despotique. Autorité despotique. Pouvoir despotique. Gouvernement despotique. On dit aussi, État despotique, État gouverné par un despote.
DESPOTIQUEMENT. adv.
*  D’une manière despotique ; avec une autorité, un pouvoir despotique. Gouverner despotiquement.
DESPOTISME. s. m.
*  Pouvoir absolu et arbitraire. Ce mot implique ordinairement l’idée de tyrannie, d’oppression. Le despotisme des souverains de l’Asie. Le despotisme le plus tyrannique.
*  Il se dit, par extension, de Toute espèce d’autorité absolue, oppressive, tyrannique, qu’on exerce, qu’on s’arroge. Ce journaliste prétend exercer son despotisme sur nos meilleurs écrivains. Cet homme a établi le plus grand despotisme dans sa maison, sur ses domestiques.
DESQUAMATION. s. f.
*  T. de Médec. Exfoliation ou séparation de l’épiderme sous forme d’écailles plus ou moins grandes.
DESSAISIR (SE). v. pron.
*  T. de Jurispr. Relâcher, abandonner, laisser prendre ce qu’on avait en sa possession, en ses mains. Quand on a de bons gages, de bons nantissements, il ne faut pas s’en dessaisir. Quiconque se dessaisit des deniers que l’on a saisis entre ses mains, court risque de payer deux fois.
*  DESSAISI, IE. participe, Je l’ai trouvé dessaisi du dépôt que je lui avais confie.
DESSAISISSEMENT. s. m.
*  T. de Jurispr. Action par laquelle on se dessaisit. Le dessaisissement des meubles du locataire fait perdre au propriétaire son privilége.
DESSAISONNER. v. a.
*  T. d’Agricult. S’écarter de l’ordre qu’on avait coutume d’observer pour la culture et l’ensemencement des terres. Par les baux à ferme, on défend ordinairement aux fermiers de dessaisonner les terres.
*  DESSAISONNÉ, ÉE. participe
DESSALER. v. a.
*  Faire qu’une chose ne soit plus aussi salée qu’elle l’était, ou qu’elle ne le soit plus du tout. Dessaler de la morue, des harengs. Mettre de la viande à dessaler. Dessaler une sauce trop salée. On dessale l’eau de mer en la distillant.
*  DESSALÉ, ÉE. participe, Fig. et pop., C’est un homme dessalé, on substantivement, C’est un dessalé, C’est un homme fin, rusé.
DESSANGLER. v. a.
*  Lâcher ou défaire les sangles. Dessangler un cheval.
*  DESSANGLÉ, ÉE. participe
DESSÉCHANT, ANTE. adj.
*  Qui dessèche. Un vent desséchant. Une exhalaison desséchante.
DESSÉCHEMENT. s. m.
*  Action de dessécher, ou L’état d’une chose desséchée. Il a entrepris le desséchement d’un grand marais.
*  Il se dit également de L’état du corps humain affaibli, amaigri. Je l’ai trouvé dans un desséchement qui fait craindre pour sa vie.
DESSÉCHER. v. a.
*  Rendre sec. Le grand hâle dessèche la terre. Le vent, la chaleur a desséché les feuilles de cet arbre. Dessécher des plantes pour les conserver dans un herbier.
*  Il signifie aussi, Mettre à sec. Dessécher les fossés d’une ville. Dessécher un marais. Dessécher un étang, pour en pêcher le poisson, ou pour en mettre les terres en labour.
*  Dessécher le sang, les poumons, la poitrine, le cerveau, etc., Les dépouiller, les priver plus ou moins de l’humidité dont ils sont chargés, pénétrés. Une expectoration trop fréquente dessèche les poumons, la poitrine.
*  DESSÉCHER, signifie quelquefois, Exténuer, amaigrir, consumer. Un corps que les veilles et les travaux ont desséché.
*  Il s’emploie figurément dans certaines phrases, telles que les suivantes : Dessécher l’esprit, l’imagination, Ôter à l’esprit, à l’imagination leur agrément. Dessécher le coeur, Le rendre froid, insensible.
*  Dessécher le coeur, signifie aussi, dans le style ascétique, Diminuer le goût de la piété.
*  DESSÉCHER, s’emploie souvent avec le pronom personnel, dans ses différentes acceptions. Sa peau se dessèche. Un arbre qui se dessèche et qui meurt. Ces marais se dessèchent en partie durant l’été. Son corps se dessèche. Il se dessèche et se consume d’ennui. Au milieu de ces faux plaisirs, le coeur se dessèche.
*  DESSÉCHÉ, ÉE. participe, Des ossements desséchés. Des feuilles desséchées. Des marais desséchés. Une poitrine desséchée. Un homme, un corps desséché.
DESSEIN. s. m.
*  Intention de faire quelque chose, vue, projet, résolution. Beau dessein. Grand dessein. Dessein généreux, noble, extraordinaire. Mauvais dessein. Dessein pernicieux, bizarre, horrible, etc. Prendre un dessein. Le dessein en est pris. Concevoir un dessein. Former un dessein. Avoir des desseins. Avoir dessein de voyager. Changer de dessein. Cacher son dessein. Exécuter son dessein. Avoir de grands desseins. Venir à bout de ses desseins. Accomplir ses desseins. Il le fit servir à ses desseins. Être l’instrument des desseins de quelqu’un. Les desseins de la Providence. Ils connaîtront les desseins que j’ai sur eux. Prévenir, renverser, traverser, ruiner les desseins de quelqu’un. Découvrir, pénétrer, éventer le dessein des ennemis. Les ennemis ont quelque dessein sur telle place. Il y est allé de dessein prémédité. Il a entrepris cela de dessein formé. Il l’a fait sans dessein. Il ne va pas là sans dessein. Il y va avec dessein. Il a du dessein. Il y a du dessein à cela. Il y a là du dessein. Il est venu dans un bon dessein, dans un mauvais dessein, à mauvais dessein. Il est là dans le dessein de faire telle chose. Il était parti dans le dessein, avec le dessein d’aller vous voir.
*  Il signifie aussi, Le projet, le plan d’un ouvrage. Le dessein d’un poème, d’une tragédie, d’un tableau.
*  À DESSEIN. loc. adv. Exprès, avec intention. Je l’ai fait à dessein. Je ne l’ai pas fait à dessein.
*  Il se met aussi avec l’infinitif d’un verbe, précédé de la préposition de. Il va chez lui à dessein de le faire changer de résolution, à dessein de lui parler.
*  Il s’emploie également avec la particule que, devant le subjonctif. Ce qu’il en dit, c’est à dessein que vous en fassiez votre profit.
DESSELLER. v. a.
*  Ôter la selle de dessus un cheval. Ce cheval a trop chaud, il ne faut pas le desseller sitôt.
*  DESSELLÉ, ÉE. participe
DESSERRE. s. f.
*  Il n’est usité que dans cette phrase familière, Être dur à la desserre, Ne se déterminer qu’avec beaucoup de peine à donner de l’argent, à payer.
DESSERRER. v. a.
*  Relâcher ce qui est serré. Cette ceinture vous serre trop, desserrez-la. Desserrer un lien, un noeud.
*  Desserrer les dents à quelqu’un, Lui faire ouvrir par force les deux mâchoires, lorsque, par convulsion ou autrement, il les tient extrêmement serrées l’une contre l’autre.
*  Fig. et fam., Ne pas desserrer les dents, Se taire obstinément, ne pas dire un seul mot dans une occasion de parler. On n’a pu lui faire desserrer les dents, On n’a pu l’obliger à parler, à rompre le silence.
*  Fig. et fam., Desserrer un coup de pied, un coup de fouet, un soufflet, etc., Donner un coup de pied, un coup de fouet, un soufflet avec violence.
*  DESSERRÉ, ÉE. participe
DESSERT. s. m.
*  Ce qu’on sert, ce qui se mange à la fin du repas, comme le fruit, le fromage, les confitures, la pâtisserie, etc. Servir le dessert. Un beau dessert. On avait apporté le dessert, du dessert, un bon dessert. Manger une poire, du fromage à son dessert, pour son dessert. Les mets de dessert. Assiettes de dessert. On dit aussi quelquefois, Le fruit, surtout dans les grandes maisons.
*  Il se dit, par extension, Du moment où le dessert est sur la table. Il arriva au dessert. Les enfants ne viennent qu’au dessert.
DESSERTE. s. f.
*  Viandes, mets qu’on a desservis, qu’on a ôtés de dessus la table. La desserte de la table du roi. Donner la desserte aux domestiques, aux pauvres.
*  DESSERTE, se dit aussi Des fonctions attachées au service d’une cure, d’une chapelle, etc., et s’emploie surtout en parlant Du service que fait un prêtre commis pour remplacer le titulaire. Commettre à la desserte d’une cure, d’une église. Il est chargé de la desserte de cette chapelle, de cette succursale.
DESSERTIR. v. a.
*  Dégager une pierre précieuse, une pierre gravée, un portrait, de ce qui les retient dans une monture de métal.
*  DESSERTI, IE. participe
DESSERVANT. s. m.
*  Celui qui dessert une cure, une chapelle, etc. On a nommé un desservant à cette cure. Le desservant de telle église, d’une chapelle.
DESSERVIR. v. a.
*  Ôter, lever les plats de dessus la table. Souvent on l’emploie absolument. Desservez. On a desservi.
*  DESSERVIR, signifie aussi, Nuire à quelqu’un, lui rendre de mauvais offices. Il a fait tout ce qu’il a pu pour me desservir. Il vous a desservi auprès d’un tel.
*  DESSERVIR, signifie encore, Faire le service d’une cure, d’une chapelle, etc. Il se dit surtout D’un prêtre commis pour remplacer le titulaire. Desservir une cure. Faire desservir une chapelle. L’évêque a commis tel prêtre pour desservir cette église en l’absence du curé.
*  DESSERVI, IE. participe
DESSICCATIF, IVE. adj.
*  T. de Médec. Il se dit Des remèdes qui ont la vertu de dessécher les parties sur lesquelles on les applique. Eau dessiccative. Onguent dessiccatif. Cette herbe a une vertu dessiccative.
*  En termes de Peinture, Huiles dessiccatives, se dit de Certaines huiles qui, employées avec les couleurs, les rendent propres à sécher plus promptement.
*  DESSICCATIF, se prend aussi substantivement. Un bon dessiccatif.
DESSICCATION. s. f.
*  T. de Chimie. Opération qui consiste à enlever à des substances l’eau ou l’humidité qu’elles contiennent.
*  En Botan., La dessiccation d’une plante, L’action de dessécher une plante par la pression ou autrement, pour la placer ensuite dans l’herbier.
DESSILLER. v. a.
*  (Quelques-uns écrivent Déciller, parce que ce mot vient de Cil.) Séparer les paupières l’une de l’autre, afin de faire voir clair. Ses paupières étaient tellement collées ensemble, qu’on a eu de la peine à les dessiller.
*  Fig., Dessiller les yeux de quelqu’un, à quelqu’un, Le détromper, le désabuser, lui faire voir clair sur quelque chose.
*  DESSILLER, s’emploie aussi avec le pronom personnel. Ses paupières se dessillèrent. Mes yeux se dessillèrent, et je reconnus mon erreur.
*  DESSILLÉ, ÉE. participe
DESSIN. s. m.
*  Représentation d’une ou de plusieurs figures, d’un paysage, d’un morceau d’architecture, d’un objet quelconque, faite au crayon, à la plume, au pinceau, ou par tout autre moyen. Un portefeuille plein de beaux dessins. Des dessins de Raphaël, du Guide, de Jules Romain, de Callot. Dessin colorié. Dessin au trait. Dessin au lavis. Dessin lithographié. Dessin au crayon, à la plume. Des dessins tracés sur la muraille avec du charbon, avec de la craie.
*  Il se dit également Des représentations de fantaisie, plus ou moins variées et ordinairement symétriques, qu’on fait, qu’on applique sur divers objets, et principalement sur les étoffes, pour les orner. Le dessin d’une indienne, d’un papier de tenture. Cette étoffe est d’un joli dessin. Un dessin bleu sur un fond jaune. Le dessin d’une broderie, d’un guillochis, d’une mosaïque. Faire des dessins sur quelque chose.
*  Il se prend aussi pour L’art qui enseigne à bien faire des dessins, dans quelque genre que ce soit, et principalement des dessins au crayon ou à la plume. Montrer le dessin. Apprendre le dessin. Posséder bien le dessin.
*  Les arts du dessin, Les arts dont le dessin fait la partie essentielle, comme la peinture, la sculpture, etc.
*  DESSIN, signifie encore, La simple délinéation et les contours des figures d’un tableau. Dessin correct, exact. Le coloris de ces figures est bien entendu, mais le dessin n’en est pas correct. Un peintre qui entend bien le dessin, qui excelle dans le dessin.
*  Il se dit également pour désigner Toute l’ordonnance d’un tableau. Le dessin de ce tableau est sagement conçu, mais il est mal exécuté. Ce sens est peu usité.
*  Il se dit pareillement Du plan d’un bâtiment. J’ai fait faire le dessin de ce bâtiment par un habile architecte. Son architecte lui a fait voir plusieurs dessins pour la maison qu’il veut bâtir.
*  Il se dit figurément, en Musique, de La disposition des diverses parties d’un morceau. Ce choeur produit beaucoup d’effet, et le dessin de l’orchestre est fort original.
DESSINATEUR. s. m.
*  Celui dont la profession est de dessiner. Bon, habile dessinateur. Mauvais dessinateur. Dessinateur correct. Il y a un dessinateur pour les costumes, à ce théâtre. Les dessinateurs d’une fabrique d’indiennes.
*  Il se dit aussi d’Un peintre qui sait rendre avec justesse les formes, le contour des figures. Ce peintre est bon coloriste, mais il n’est pas dessinateur. C’est un grand dessinateur.
DESSINER. v. a.
*  Imiter, représenter quelque objet avec le crayon, avec la plume, ou de quelque autre manière. Dessiner une figure d’après nature. Dessiner le paysage. Dessiner une tête. Dessiner une main. Dessiner un plan. Dessiner des arabesques, des fleurs, etc. On l’emploie aussi absolument. Dessiner au crayon, à la plume. Dessiner de fantaisie. Dessiner d’après l’antique, d’après la bosse, d’après nature. L’art de dessiner.
*  Il signifie particulièrement, Tracer le contour, exprimer les formes des figures d’un tableau. Ce peintre dessine hardiment, correctement. Il colorie assez bien, mais il dessine mal.
*  Il se dit quelquefois, par analogie, De ce qui indique ou fait ressortir les formes du corps. Un vêtement qui dessine bien les formes.
*  DESSINER, s’emploie aussi avec le pronom personnel, et se dit De ce qui paraît ou se détache plus ou moins nettement sur un fond quelconque. Je voyais se dessiner sur la muraille l’ombre des gens qui allaient et venaient. On dit souvent dans un sens analogue, en termes de Marine, qu’Une terre se dessine dans la brume, se dessine légèrement à l’horizon, etc.
*  Il signifie quelquefois, Prendre, acquérir des contours plus saillants, plus prononcés. Cette jeune personne a beaucoup grandi, les formes de sa taille commencent à se dessiner.
*  Il signifie encore, Prendre des attitudes, des positions propres à faire ressortir les avantages extérieurs. Cette danseuse se dessine bien. Se dessiner avec grâce.
*  DESSINÉ, ÉE. participe, Une figure bien dessinée. Un jardin bien dessiné.
DESSOLER. v. a.
*  Ôter la sole. Dessoler un cheval, un mulet, etc. Ce cheval a pris un clou de rue, il a fallu le dessoler.
*  DESSOLER, signifie aussi, Dessaisonner, changer l’ordre des soles d’une terre labourable. Dessoler les terres d’une ferme.
*  DESSOLÉ, ÉE. participe
DESSOUDER. v. a.
*  Ôter, fondre la soudure. Dessouder les branches d’un chandelier.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel. Le fer-blanc se dessoude facilement au feu.
*  DESSOUDÉ, ÉE. participe
DESSOULER. v. a.
*  Faire cesser l’ivresse. On prétend que la soupe à l’oignon dessoule ceux qui ont trop bu.
*  Il est aussi neutre, et signifie, Cesser d’être ivre. Il ne dessoule jamais. Dans l’un et l’autre sens, il est populaire.
*  DESSOULÉ, ÉE. participe
DESSOUS. adv. de lieu
*  Il sert à marquer La situation d’une chose qui est sous une autre. Voyez sur la table, cherchez dessus et dessous. On le cherchait sur le lit, il était dessous.
*  Vêtement de dessous, Vêtement qui se porte ordinairement sous d’autres.
*  DESSOUS, s’emploie aussi comme préposition. J’ai cherché inutilement dessus et dessous le lit. On a tiré cela de dessous la table.
*  Sens dessus dessous. Voyez DESSUS, préposition.
*  DESSOUS, est quelquefois substantif masculin, et signifie, La partie qui est dessous ; l’endroit, le côté de dessous. Le dessous d’une table, d’une étoffe. Voilà le dessous. Le dessous est plus beau que le dessus.
*  Les dessous d’un théâtre, Les étages à planchers mobiles qui sont au-dessous de la scène, et d’où s’élèvent ou dans lesquels descendent certaines décorations. Le premier, le second et le troisième dessous.
*  Le dessous des cartes, La partie colorée des cartes, qui reste cachée quand on donne ou qu’on coupe. Quand on donne les cartes, il ne faut pas en laisser voir le dessous.
*  Fig. et fam., Voir, savoir le dessous des cartes, Apercevoir, connaître les ressorts secrets d’une affaire, d’une intrigue. Il en sait là-dessus plus qu’un autre, il a vu le dessous des cartes. On dit de même, Il y a dans cette affaire un dessous de cartes, ou absolument un dessous, c’est-à-dire, Quelque chose de secret, de caché dont il faut se défier.
*  DESSOUS, substantif, signifie figurément, Désavantage dans un combat, dans une lutte, dans un débat quelconque. Les ennemis eurent le dessous. Leur faction eut le dessous. Il aime la dispute, quoiqu’il y ait presque toujours le dessous.
*  PAR-DESSOUS. préposition, Sous. Avoir un cilice par-dessous ses vêtements. Par-dessous la table. Par-dessous oeuvre. Par-dessous la jambe. Par-dessous jambe. Prendre quelqu’un par-dessous les bras, pour l’emmener de force.
*  Il est aussi adverbe. Passez par-dessous. Prenez-le par-dessous.
*  AU-DESSOUS. préposition, Plus bas. Ce village est au-dessous de Paris, par rapport au cours de la Seine. Être assis au-dessous de quelqu’un. Être logé au-dessous de quelqu’un. Au-dessous du genou, du sein. Sa taille est fort au-dessous de la taille ordinaire. Le thermomètre est au-dessous de zéro.
*  En termes de Marine, Être au-dessous du vent d’un vaisseau, se dit D’un vaisseau sur lequel un autre a le vent. On dit aussi, dans le même sens, Avoir le dessous du vent d’un vaisseau.
*  Fig., Être au-dessous de sa place, N’être pas en état de la bien remplir. On dit au contraire, Cet emploi est au-dessous de lui, Cet emploi n’est pas digne de lui, il est capable d’en remplir un plus élevé.
*  Fig., Cet ouvrage est au-dessous de la critique, Il ne vaut pas qu’on prenne la peine de le critiquer.
*  AU-DESSOUS, s’emploie figurément pour exprimer Toute espèce d’infériorité, de subordination, etc. Dans la hiérarchie ecclésiastique, l’évêque est au-dessous de l’archevêque. Il est au-dessous de lui par la naissance. Il est fort au-dessous d’un tel en mérite, en qualité, en richesse. Il est resté bien au-dessous de son concurrent. Je mets cet écrivain au-dessous de tel autre. Cela est au-dessous du médiocre. Cela est au-dessous de l’idée que je m’en faisais.
*  Il se dit particulièrement pour marquer Une infériorité de nombre, de durée, de valeur, etc. On enrôla tous les hommes au-dessous de cinquante ans. Tous les nombres au-dessous de dix. Il est au-dessous de trente ans. Les plus anciens titres qu’il produit sont au-dessous du quatorzième siècle. Toute somme au-dessous de mille francs. Vendre une chose au-dessous de sa valeur. Au-dessous du cours, du taux, du prix ordinaire.
*  AU-DESSOUS, s’emploie souvent aussi comme adverbe. On a renvoyé les locataires qui étaient logés au-dessus de lui et au-dessous. Cet ouvrage vous paraît aussi bon que tel autre ; pour moi, je le mets bien au-dessous, je le trouve fort au-dessous. Les enfants de l’âge de deux ans et au-dessous.
*  EN DESSOUS. loc. adv. Du côté de dessous, vers ou dans la partie de dessous. Un pain tout brûlé en dessous. Ces clous sont rivés en dessous. Passer, se mettre en dessous. Un vêtement qui se porte en dessous.
*  Fam., Regarder en dessous, Regarder obliquement, en baissant les yeux. On dit aussi, Avoir le regard, la mine en dessous, en parlant D’une personne sournoise, cafarde, etc., qui regarde habituellement de cette manière. On dit encore figurément, Être en dessous, Être morne et dissimulé. C’est un homme en dessous.
*  LÀ-DESSOUS. loc. adv. Sous cela. Mettez ce paquet là-dessous. On l’emploie aussi figurément. Il y a quelque piége, quelque chose là-dessous.
*  CI-DESSOUS. loc. adv. qui indique Le dessous du lieu où l’on est. En ce sens, on ne l’emploie guère que dans les épitaphes. Ci-dessous gît un tel. Elle signifie plus ordinairement, Ci-après, plus bas dans la même page. Comme on le verra ci-dessous. Voyez ci-dessous. Dans le tableau, dans la note ci-dessous.
DESSUS. adv. de lieu
*  Il sert à marquer La situation d’une chose qui est sur une autre. Ce qui est sous la table, mettez-le dessus. Cela est dessus. Il n’est ni dessus ni dessous. Voilà ce qui est écrit dessus. Jetez de l’eau dessus.
*  Il s’emploie aussi comme préposition. Ôtez cela de dessus le buffet. Il n’est ni dessus ni dessous la table.
*  Sens dessus dessous, se dit en parlant De la situation d’un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus ou en haut, se trouve dessous ou en bas. Cette boîte est sens dessus dessous. Renverser un objet sens dessus dessous. Cela se dit aussi, familièrement, en parlant De ce qui est dans un grand désordre et tout bouleversé. Ma bibliothèque est sens dessus dessous. Tous mes papiers sont sens dessus dessous.
*  DESSUS, est aussi substantif masculin ; et alors il signifie, La partie qui est dessus ; l’endroit, le côté de dessus. Les corps les plus légers prennent le dessus. Dans ce corps de logis, un tel occupe le dessus, et moi le dessous. Enlever le dessus d’une caisse. Le dessus de la main. Le dessus de la tête. Le dessus d’un livre. Le dessus d’une table. Le dessus d’une étoffe.
*  Le dessus d’une lettre, d’un paquet, etc., La suscription, l’adresse d’une lettre, etc. Mettre le dessus à une lettre. Le dessus est de la main d’un tel. Cette locution est moins usitée maintenant que les mots Adresse et Suscription.
*  En Archit., Dessus de porte, Ornement de boiserie, de peinture ou de sculpture, placé dans un encadrement au-dessus du chambranle d’une porte.
*  Les dessus d’un théâtre, Les étages qui sont au-dessus de la scène, et d’où descendent ou dans lesquels remontent certaines décorations, certaines machines.
*  En termes de Marine, Avoir, tenir le dessus du vent, Avoir, conserver l’avantage du vent sur un autre navire. On dit dans un sens analogue, Gagner, prendre le dessus du vent.
*  Fig. et fam., Avoir le dessus du vent, Avoir l’avantage sur quelqu’un.
*  DESSUS, se dit aussi, figurément, de L’avantage obtenu dans quelque genre que ce soit de combat, de lutte, de débat. Nous avons eu le dessus dans ce combat. La maladie était violente, mais la nature a pris le dessus. Il aime la dispute, et il y a presque toujours le dessus.
*  DESSUS, substantif, signifie, en termes de Musique, La partie la plus haute, celle qui est opposée à la basse. Il faut que les basses laissent entendre le dessus, les dessus. Premier dessus. Second dessus, ou Bas-dessus.
*  Il se dit également d’Une personne qui chante le dessus. C’est un dessus, un beau dessus, un bon dessus.
*  PAR-DESSUS. préposition, Sur, au delà, par delà. Il porte un gros manteau par-dessus son habit. Il sauta par-dessus la barrière. Il le jeta par-dessus la muraille. Il avait deux pieds d’eau par-dessus la tête.
*  Fig. et fam., Avoir d’une chose par-dessus les yeux, par-dessus la tête, En être fatigué, dégoûté, ou En avoir plus qu’on n’en peut faire, qu’on n’en peut supporter.
*  Prov. et fig., Par-dessus les maisons, se dit en parlant De choses exorbitantes, excessives, exagérées. Il fait des demandes, il a des prétentions par-dessus les maisons. Vous avez acheté, vous avez payé cela par-dessus les maisons.
*  Prov. et fig., Faire quelque chose par-dessus l’épaule, Ne point le faire. Il l’a payé par-dessus l’épaule.
*  Par-dessus tout, Surtout, principalement, plus que tout le reste. Je vous recommande par-dessus tout d’être fort réservé. C’est là ce que je préfère par-dessus tout.
*  PAR-DESSUS, signifie aussi figurément, Outre. Je lui ai donné dix francs par-dessus ce que je lui devais. Il est riche, il est jeune, et par-dessus cela il est sage. Par-dessus le marché.
*  Il s’emploie souvent comme adverbe. Il avait un habit court et un manteau par-dessus. Il passa, il sauta par-dessus. On lui donna ce qu’il demandait, et quelque chose encore par-dessus.
*  Subst., Par-dessus de viole, Ancien instrument de musique qui était plus petit que la viole, et qui s’accordait une octave plus haut.
*  AU-DESSUS. préposition, Plus haut. Au-dessus de la montagne. Au-dessus des nues. Charenton est au-dessus de Paris, par rapport au cours de la Seine. Au-dessus du genou, de l’estomac, des yeux, etc. Au-dessus de la porte étaient écrits ces mots. Cet arbre s’élève au-dessus de tous les autres. Sa taille est fort au-dessus de la taille ordinaire. Le thermomètre est à quinze degrés au-dessus de zéro.
*  Fig. et fam., Être au-dessus du vent, Être en état de ne rien craindre. Cette locution n’est point usitée au propre dans la marine, où l’on dit, Avoir le dessus du vent.
*  AU-DESSUS, s’emploie figurément pour exprimer Toute espèce de supériorité, de prééminence, ou d’excès. Dans la hiérarchie ecclésiastique, l’archevêque est au-dessus de l’évêque. Il est au-dessus de tous par son mérite, par sa naissance. Il est fort au-dessus d’un tel en mérite, en naissance, en richesse, etc. Ils le plaçaient au-dessus d’Alexandre et de César. Cela le met, l’élève au-dessus de tous ses rivaux. S’élever au-dessus de la nature humaine. Être au-dessus du commun des hommes. Cet ouvrage me semble bien au-dessus de tel autre. Cela est bien au-dessus de l’idée que je m’en faisais. Cela est au-dessus de ses forces, au-dessus de son génie, ou simplement, au-dessus de lui. Cela est au-dessus de tout éloge. Cet homme est au-dessus des louanges. Elle montra une fermeté au-dessus de son sexe.
*  Être au-dessus de sa place, etc., Avoir plus de mérite, de capacité qu’il n’en faut pour la place que l’on occupe. Être au-dessus de sa condition, Avoir des sentiments, des qualités qui se trouvent rarement chez les personnes de la même condition. On dit aussi, Avoir une mise au-dessus de son état.
*  AU-DESSUS, se dit particulièrement, dans le sens qui précède, pour marquer Une supériorité de nombre, de durée, de valeur, etc. On enrôla tous les citoyens au-dessus de dix-huit ans. Les nombres au-dessus de mille. Au-dessus du cours, du taux ordinaire. Vendre une chose au-dessus de sa valeur.
*  AU-DESSUS, se dit encore figurément, en parlant De ce dont une personne se dégage, s’affranchit, est dégagée, affranchie. S’élever au-dessus des faiblesses humaines. Une âme au-dessus de l’ambition. C’est un homme au-dessus de l’intérêt, au-dessus de toute passion vile. Il est au-dessus de toutes ces vaines craintes.
*  Il se dit pareillement en parlant De ce qu’une personne dédaigne ou brave, de ce dont elle ne se met point en peine. Se mettre au-dessus des événements. Son courage est au-dessus des périls, au-dessus de tout. C’est un homme au-dessus des louanges, de la flatterie. Être au-dessus de l’opinion. Ils peuvent m’injurier à leur aise, je suis au-dessus de tout cela. Il s’est mis au-dessus de tout ce qu’on peut dire de lui. Il s’est mis au-dessus des bienséances, au-dessus de tout.
*  Il se dit aussi, tant au sens physique qu’au sens moral, en parlant De ce qui est nuisible en soi, mais dont l’effet ou l’influence ne saurait atteindre la personne ou la chose dont on parle. Être au-dessus du besoin. Être au-dessus des vicissitudes de la fortune. Cet homme est au-dessus de l’envie. de la calomnie. Cet ouvrage est au-dessus de la critique.
*  Fam., Être au-dessus de ses affaires, Avoir une fortune bien établie, avoir plus de bien qu’on n’en dépense.
*  AU-DESSUS, est souvent employé comme adverbe. Au-dessus étaient écrits ces mots. Il occupe le premier étage, et ses domestiques logent au-dessus. On exempta les hommes de soixante ans et au-dessus. Cela est admirable, et je ne connais rien qui soit au-dessus.
*  EN DESSUS. loc. adv. Du côté de dessus, vers ou dans la partie de dessus. Cela est noir en dessus, et blanc en dessous. J’ai mis en dessus les effets dont on a le plus souvent besoin. Ces cordons se nouent en dessus.
*  LÀ-DESSUS. loc. adv. Sur cela. Mettez ce livre là-dessus.
*  Il signifie figurément, Sur ce sujet, sur cette affaire, sur la réalité de telle ou telle chose. Pourquoi revenir toujours là-dessus ? Passons là-dessus, je vous prie. Je ne sais trop que penser là-dessus. Que n’a-t-on pas écrit là-dessus ? Vous pouvez compter là-dessus.
*  Il signifie encore, Aussitôt après cela, après ces mots. On lui déclara qu’il n’obtiendrait rien : là-dessus il se retira. Puisque vous ne voulez point venir, dit-il, je pars ; et là-dessus il nous quitta.
*  CI-DESSUS. loc. adv. Dans ce qui a été dit, écrit, exposé plus haut. Comme nous l’avons dit ci-dessus. Voyez ci-dessus. Comme ci-dessus.
173 désordre > ci-dessus 173
<> 04/04/2021

désenrayer 172

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172 désenrayer > désordonnément 172
DÉSENRAYER. v. a.
*  (Il se conjugue comme Payer.) Ôter la corde, la chaîne ou le sabot qui empêche que la roue d’une voiture ne tourne. La descente est moins rapide, on peut désenrayer la roue. On l’emploie aussi absolument. Il faut désenrayer.
*  DÉSENRAYÉ, ÉE. participe
DÉSENRHUMER. v. a.
*  Guérir le rhume, faire cesser le rhume. Ce sirop de guimauve m’a désenrhumé. On l’emploie aussi avec le pronom personnel. Il s’est désenrhumé.
*  DÉSENRHUMÉ, ÉE. participe
DÉSENROUER. v. a.
*  Faire cesser l’enrouement. Le sirop de mûres l’a désenroué. On l’emploie aussi avec le pronom personnel. Se désenrouer en buvant de l’eau fraîche.
*  DÉSENROUÉ, ÉE. participe
DÉSENSEVELIR. v. a.
*  Ôter le linceul qui ensevelissait un mort. On a désenseveli le corps pour le faire visiter par les chirurgiens.
*  DÉSENSEVELI, IE. participe
DÉSENSORCELER. v. a.
*  Délivrer de l’ensorcellement. Il prétendait qu’on avait jeté un sort sur elle, et entreprit de la désensorceler.
*  Il se dit aussi figurément, dans le langage familier. Il a une passion violente pour cette femme, on ne peut le désensorceler.
*  DÉSENSORCELÉ, ÉE. participe
DÉSENSORCELLEMENT. s. m.
*  Action de désensorceler. Il n’y a que des ignorants qui croient aux ensorcellements et aux désensorcellements.
DÉSENTÊTER. v. a.
*  Faire cesser l’entêtement, la prévention de quelqu’un. On ne saurait le désentêter de cette femme. C’est une opinion dont il faut essayer de le désentêter. On l’emploie aussi avec le pronom personnel. C’est un préjugé dont il ne peut se désentêter.
*  DÉSENTÊTÉ, ÉE. participe
DÉSÉQUILIBRE n. m.
* Manque d´équilibre.
DÉSÉQUILIBRER v. tr.
Faire cesser l’équilibre de certaines choses.
Son participe passé s’emploie souvent au figuré comme adjectif. Cet homme est déséquilibré, il a perdu l’équilibre de ses facultés. Substantivement, C’est un déséquilibré, une déséquilibrée.
DÉSÉQUILIBRÉ n. m.
* Énergumène, Possédé. Personne hors de contrôle qui commet des violences parfois mortelles.(Euphémisme, mot employé par les médias pour éviter de heurter la sensibilité de la population)
DÉSERT, ERTE. adj.
*  Inhabité, ou Qui n’est guère fréquenté. Lien désert. Pays désert. Campagne déserte. Île déserte. Ville déserte. Rue déserte.
*  En termes d’ancienne Pratique, on disait qu’Un appel était désert, quand celui qui l’avait interjeté ne l’avait pas relevé par lettres dans les trois mois.
DÉSERT. s. m.
*  Lieu, pays désert. Désert sauvage. Un immense désert. Les déserts de la Libye. Les déserts de la Thébaïde. Se confiner, se retirer dans les déserts. Le sable des déserts. Les Pères du désert. Les Turcs ont fait de vastes déserts des plus belles provinces de l’Aste.
*  Fig. et fam., Prêcher dans le désert, N’avoir pas d’auditeurs, ou N’être point écouté.
*  DÉSERT, se dit quelquefois, par exagération, d’Un lieu où il y a peu d’habitants ; et, figurément, d’Un lieu dans lequel on se trouve fort isolé, quoiqu’il ne manque point d’habitants. C’est un désert que cette ville. Depuis votre départ, cette capitale est un désert pour moi.
DÉSERTER. v. a.
*  Abandonner un lieu, pour quelque cause que ce soit. La guerre et la peste ont fait déserter ces villes, ces provinces. On lui fit tant d’affronts, qu’il fut obligé de déserter le pays. Déserter son poste. Déserter la maison paternelle. On l’emploie aussi absolument. Cette mauvaise odeur fit déserter tout le monde. Cet homme est si importun, qu’il me fera déserter.
*  Il se dit également Des militaires et des marins qui abandonnent le service sans congé. Déserter l’armée. Déserter le service. Déserter les drapeaux. Dans cette acception, il s’emploie surtout absolument. Déserter avec armes et bagage. Le tiers de l’équipage a déserté. Les soldats qui désertent sont punis sévèrement. On passa par les armes ceux qui avaient déserté.
*  Déserter à l’ennemi, Passer à l’ennemi. Un soldat qui déserte à l’ennemi est puni de mort. On dit par opposition, Déserter à l’intérieur.
*  DÉSERTER, se dit quelquefois, figurément, De celui qui abandonne une religion, une cause, un parti, etc. Déserter la bonne cause. Il déserta le parti pour lequel il avait si longtemps combattu.
*  Il s’emploie aussi neutralement dans les deux premiers sens, et se fait suivre alors de la préposition. de. La fumée me fera déserter de la maison. On n’y tenait plus, et chacun déserta de sa place. Il a déserté du régiment.
*  DÉSERTÉ, ÉE. participe, Il n’est usité que dans le premier sens. Les campagnes sont désertées pendant la guerre.
DÉSERTEUR. s. m.
*  Militaire ou marin qui déserte, ou qui a déserté. C’est un déserteur. Poursuivre, punir un déserteur. Lois contre les déserteurs.
*  Il se dit figurément de Celui qui abandonne une religion, une cause, un parti, etc., qui se sépare d’une association, d’une compagnie, ou qui en trahit les intérêts. Déserteur de la foi de ses pères. Déserteur de la bonne cause, du bon parti. Je vous ramène notre déserteur. Il s’emploie quelquefois par plaisanterie, comme dans le dernier exemple.
DÉSERTION. s. f.
*  Action de déserter, de quitter sans congé le service de l’État. Être coupable de désertion. Le crime de désertion. La désertion des soldats avait affaibli l’armée. Il y a une grande désertion, de nombreuses désertions dans l’armée. Favoriser la désertion.
*  Il se dit figurément en parlant D’une personne qui se sépare d’un parti, d’une association, d’une compagnie, etc. Nous ne vous pardonnerons pas votre désertion.
*  En termes d’ancienne Pratique, Désertion d’appel, Abandonnement d’appel, faute de le relever dans le temps prescrit.
DÉSESPÉRADE (À LA). loc. adv.
*  À la manière d’un désespéré. Il s’en va à la désespérade. Se battre à la désespérade. Jouer à la désespérade. Il est familier et il a vieilli.
DÉSESPÉRANT, ANTE. adj.
*  Qui jette dans le désespoir, qui cause un grand chagrin. Cela est désespérant. Cette pensée est désespérante.
DÉSESPÉRÉMENT. adv.
*  Éperdument, avec excès. Il est désespérément amoureux. Ce mot est peu usité.
DÉSESPÉRER. v. n.
*  Perdre l’espérance, cesser d’espérer. Je désespère de venir à bout de cette affaire. Les médecins désespèrent de sa guérison, désespèrent de le guérir. Je ne désespère pas de le voir ministre un jour. Après ce coup-là, je désespère de gagner la partie, je désespère de la partie. Il faut en désespérer. Ne désespérons de rien. Désespérer de la miséricorde de Dieu. Désespérer de son salut. Désespérer de la république.
*  Désespérer de quelqu’un, Ne plus espérer qu’il se corrige, qu’il devienne ce qu’on voulait qu’il fût. Il faut désespérer de ce jeune homme, puisqu’il n’a pas profité de cette leçon. Je désespère de cet écolier, il n’apprendra jamais rien.
*  Désespérer d’un malade, Ne plus espérer sa guérison.
*  DÉSESPÉRER, est également verbe actif, et signifie, Mettre au désespoir, ou Tourmenter, affliger au dernier point. Il ne faut pas désespérer cet homme. Cela me désespère. Vous me désespérez par vos rigueurs. Cet enfant me désespère, il ne fait aucun progrès.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se tourmenter, s’agiter avec de grandes démonstrations de douleur, d’affliction. Il vient d’apprendre la mort de son fils, il se désespère. Il se désespère au point de vouloir attenter sur sa vie. Pourquoi tant vous désespérer ?
*  DÉSESPÉRÉ, ÉE. participe, Une affaire désespérée. Une situation désespérée.
*  Il signifie aussi, Qui est dans le désespoir. Elle est désespérée de la mort de son fils. Il s’en retourna désespéré.
*  Il se dit figurément, et par exagération, pour Fâché, peiné. Je suis désespéré de vous avoir fait attendre. Vous me voyez désespéré de ce contre-temps.
*  Il se dit encore De ce qui est inspiré par le désespoir. Un parti désespéré. Une résolution désespérée.
*  DÉSESPÉRÉ, se dit aussi pour Incorrigible. C’est un jeune homme tout à fait désespéré.
*  Être désespéré des médecins, se dit D’une personne que les médecins désespèrent de guérir. On dit dans un sens analogue, Un mal désespéré, Un mal incurable ; et, dans un sens un peu différent, Un malade désespéré, Un malade à toute extrémité, et qu’on s’attend à voir mourir d’un instant à l’autre. On dit encore, Être dans un état désespéré, soit en parlant D’un malade désespéré, soit en parlant D’une chose dont la perte, la ruine, etc., est regardée comme inévitable.
*  DÉSESPÉRÉ, s’emploie substantivement, en parlant d’Un furieux. C’est dans ce sens qu’on dit : Se battre en désespéré. Agir en désespéré. Jouer en désespéré.
*  Courir, crier, etc., comme un désespéré, c’est-à-dire, Avec violence, avec excès.
DÉSESPOIR. s. m.
*  Perte d’espérance ; État d’une personne qui a perdu toute espérance. Le désespoir de réussir. Quelquefois le désespoir redouble le courage. Un noble désespoir pouvait seul le tirer du péril. Ses succès font le désespoir de ses rivaux.
*  Il signifie aussi, Cet état violent de l’âme causé par une affliction qu’on ne cherche pas à surmonter. Cette nouvelle l’a jeté, l’a plongé dans le désespoir. Tomber dans le désespoir. Se livrer au désespoir. Il est dans le dernier désespoir. Réduit au désespoir.
*  Par exagérat., Être au désespoir, Être bien fâché, avoir bien du déplaisir. Je suis au désespoir de ne pouvoir faire ce que vous désirez de moi. Il est au désespoir de cet accident. On dit aussi, Mettre au désespoir, Causer un grand déplaisir. Cette nouvelle me met au désespoir.
*  Faire une chose en désespoir de cause, Essayer d’une dernière ressource, d’un dernier moyen de succès, avec peu d’espoir de réussir. Il s’est servi de ce moyen en désespoir de cause.
*  DÉSESPOIR, désigne quelquefois, Ce qui cause le désespoir. La fortune de ce méchant homme est le désespoir des gens de bien. C’est là mon désespoir.
*  Il se dit, particulièrement, Des choses qui sont en un si haut degré d’excellence, qu’elles passent pour inimitables. L’Iliade d’Homère est le désespoir de tous les poètes. L’église de Saint-Pierre de Rome est le désespoir de tous les architectes.
DÉSHABILLÉ. s. m.
*  Vêtement négligé dont on se sert chez soi avant de prendre ou après avoir quitté les habillements avec lesquels on va dans le monde. Il n’est guère usité qu’en parlant Des femmes. Déshabillé simple, élégant. Déshabillé du matin. Elle était en déshabillé. Elle est fort jolie dans son déshabillé.
*  Fig., Se montrer, paraître dans son déshabillé, en déshabillé, Se montrer, paraître tel que l’on est, sans art, sans affectation.
DÉSHABILLER. v. a.
*  Ôter à quelqu’un les habits dont il est vêtu. Déshabiller un malade pour le mettre au lit. Dites à ma femme de chambre qu’elle vienne me déshabiller.
*  Prov. et fig., Déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul, Remédier à un inconvénient par un inconvénient pareil.
*  DÉSHABILLER, s’emploie aussi avec le pronom personnel. Déshabillez-vous vous-même. Se déshabiller pour se mettre au bain.
*  Il se dit particulièrement D’un ecclésiastique qui quitte ses vêtements sacerdotaux, d’un avocat, d’un magistrat qui quitte sa robe, d’un acteur qui quitte son costume de théâtre, etc. Aller se déshabiller dans la sacristie, dans le vestiaire, dans sa loge, etc.
*  Il signifie encore particulièrement, Quitter son habit de ville pour se mettre plus à son aise, pour se mettre en robe de chambre. Je vais me déshabiller, et je reviens à l’instant.
*  Prov. et fig., Il ne faut pas se déshabiller avant de se coucher, Il ne faut pas se dépouiller de ses biens avant sa mort.
*  DÉSHABILLER, s’emploie quelquefois neutralement, dans le sens de Se déshabiller. Il a été quinze jours sans déshabiller. Cet emploi familier a vieilli.
*  DÉSHABILLÉ, ÉE. participe
DÉSHABITÉ, ÉE. adj.
*  tiré du verbe Déshabiter, qui n’est plus en usage. Qui cesse d’être habité, qui n’est plus habité. Pays déshabité. Maison déshabitée.
DÉSHABITUER. v. a.
*  Désaccoutumer, faire perdre l’habitude de quelque chose. Il faut le déshabituer de cela. On l’emploie souvent avec le pronom personnel. Tâchez de vous en déshabituer de bonne heure. Il est difficile de se déshabituer du tabac, de l’usage du tabac.
*  DÉSHABITUÉ, ÉE. participe
DÉSHÉRENCE. s. f.
*  T. de Jurispr. Droit qu’a l’État, et qu’avaient autrefois le roi et les seigneurs hauts justiciers, de recueillir la succession des personnes mortes sans héritiers. Droit de déshérence.
*  Il signifie également, L’état d’une succession à l’égard de laquelle peut s’exercer le droit de déshérence. Bien tombé en déshérence.
DÉSHÉRITER. v. a.
*  Priver quelqu’un de sa succession. Un père peut en certains cas déshériter ses enfants. Son père l’a menacé de le déshériter.
*  DÉSHÉRITÉ, ÉE. participe
DÉSHEURER. v. a.
*  Déranger les heures ordinaires des occupations habituelles. Je crains de vous désheurer. Cette visite me désheure. On l’emploie aussi avec le pronom personnel, Se désheurer. Il est familier et peu usité.
*  DÉSHEURÉ, ÉE. participe
DÉSHONNÊTE. adj. des deux genres
*  Qui est contre la pudeur, contre la bienséance. Pensées déshonnêtes. Paroles déshonnêtes. Langage déshonnête. Actions déshonnêtes. Gestes déshonnêtes. Livres déshonnêtes. Hanter des compagnies déshonnêtes. Les lieux déshonnêtes.
DÉSHONNÊTEMENT. adv.
*  D’une manière déshonnête, contre l’honnêteté, contre la pudeur. Parler déshonnêtement.
DÉSHONNÊTETÉ. s. f.
*  Vice de ce qui est déshonnête. Il n’est guère usité.
DÉSHONNEUR. s. m.
*  Perte de l’honneur, honte, avilissement, opprobre. Elle a mis le comble à son déshonneur. C’est un déshonneur pour eux. Tenir à déshonneur. Un jeune homme qui fait déshonneur à ses parents. Vous pouvez répondre de lui, il ne vous fera point de déshonneur, il ne vous fera point déshonneur. Souffrirons-nous ce déshonneur ?
*  Fam., Prier quelqu’un de son déshonneur, Lui demander de faire ou d’accorder une chose qui le déshonorerait. Prier une femme de son déshonneur. Figurément et par plaisanterie, C’est le prier de son déshonneur, C’est lui demander une chose qui lui déplaît fort. Demander de l’argent à un avare, c’est le prier de son déshonneur. Cette manière de parler vieillit.
DÉSHONORABLE
. adj. des deux genres
*  Qui cause du déshonneur. Action déshonorable. Fonction déshonorable. Il est peu usité : on dit plus ordinairement, Déshonorant.
DÉSHONORANT
, ANTE. adj.
*  Qui déshonore, qui tend à déshonorer. Un outrage, un affront déshonorant. Une action, une conduite déshonorante.
DÉSHONORER
. v. a.
*  Ôter l’honneur à quelqu’un, le perdre d’honneur et de réputation, le diffamer. Cette action l’a déshonoré. Un tel affront déshonore. Vous le déshonorez par vos discours. Déshonorer quelqu’un par des médisances.
*  Déshonorer sa famille, Commettre une action, mener une vie qui fait déshonneur à sa famille. Déshonorer ses ancêtres, la mémoire de ses ancêtres, Dégénérer de la vertu de ses ancêtres, faire déshonneur à leur mémoire.
*  Déshonorer une femme, une fille, La séduire, en abuser.
*  DÉSHONORER, se dit également en parlant Des choses, et signifie, Flétrir, dégrader, ternir. Ces révélations déshonorent sa mémoire. Les excès qui ont déshonoré leur victoire.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel, surtout dans le premier sens. Vous vous déshonorez par une telle conduite. Une fille qui s’est déshonorée, Qui s’est laissé séduire.
*  DÉSHONORÉ, ÉE. participe, C’est un homme déshonoré. Une fille déshonorée.
DÉSIGNATIF, IVE. adj.
*  (L’S se prononce comme Z, et le G comme Gue). Qui désigne, qui spécifie. Les raisins sont un attribut désignatif de Bacchus.
DÉSIGNATION. s. f.
*  Dénotation, indication d’une personne ou d’une chose par des expressions, par des marques qui la font connaître. La désignation d’un lieu, d’une demeure. La désignation d une personne. Cette désignation est si précise, qu’on ne peut s’y tromper. Sans autre désignation. Le fait est rapporté sans désignation du temps et du lieu où il s’est passé.
*  Il signifie encore, Nomination et destination expresse. Il mourut après avoir fait la désignation de son successeur. Chez les Romains on faisait la désignation des consuls quelque temps avant leur élection.
DÉSIGNER. v. a.
*  Dénoter, indiquer une personne ou une chose par des expressions, par des marques, par des symboles, etc., qui la font connaître. Il nous a si bien désigné les lieux, qu’on ne saurait s’y méprendre. Il ne l’a point nommé dans son discours ; mais il l’a si bien désigné, qu’on l’a aisément reconnu. Qu’a-t-il voulu désigner par là ? Les Égyptiens désignaient l’éternité par la figure d’un serpent qui se mord la queue.
*  Il signifie également, Être le signe, le symbole, ou l’annonce, le symptôme de quelque chose. Cet hiéroglyphe désigne telle chose. Ce vent-là désigne de la pluie. Ce pouls désigne un abcès.
*  DÉSIGNER, signifie en outre, Fixer, marquer. Désignez-moi le temps et le lieu, et je ne manquerai pas de m’y trouver.
*  DÉSIGNER, se dit aussi en parlant Des personnes qu’on destine à quelque dignité, à quelque charge. On désigna les consuls pour l’année suivante. Auguste désigna Tibère pour son successeur. On dit de même, Désigner quelqu’un pour son héritier.
*  Il se dit quelquefois pour Signaler. Désigner quelqu’un à la haine publique, à l’estime des citoyens.
*  DÉSIGNÉ, ÉE. participe, À l’heure désignée. Consul désigné. Préteur désigné. Un tel est désigné pour cette place.
DÉSINCORPORER. v. a.
*  Séparer une chose de celle avec laquelle elle avait été incorporée. Les terres unies au domaine ne peuvent être désincorporées, ne peuvent se désincorporer que par échange. On avait incorporé cette compagnie dans tel régiment, on l’a désincorporée.
*  DÉSINCORPORÉ, ÉE. participe
DÉSINENCE. s. f.
*  T. de Gram. Terminaison des mots. Les cas des noms latins sont distingués les uns des autres par leur désinence. Ces deux mots ont la même désinence. Désinences grammaticales.
DÉSINFATUER. v. a.
*  Désabuser quelqu’un d’une chose ou d’une personne pour laquelle il avait une prévention très-favorable, dont il s’était infatué. C’est une chimère dont vous aurez bien de la peine à le désinfatuer. On l’emploie aussi avec le pronom personnel. Il ne voit plus cette femme, il s’en est désinfatué. Il est familier.
*  DÉSINFATUÉ, ÉE. participe
DÉSINFECTER. v. a.
*  Purger d’un mauvais air, de vapeurs infectes, de miasmes putrides. Désinfecter un vaisseau, des étables, une salle d’hôpital. Désinfecter des hardes, du linge.
*  Désinfecter l’air, Purifier un air vicié. Procédés pour désinfecter l’air.
*  DÉSINFECTÉ, ÉE. participe
DÉSINFECTION. s. f.
*  Action de désinfecter. En temps de peste, on travaille à la désinfection des maisons, des effets et des marchandises.
DÉSINTÉRESSEMENT. s. m.
*  Détachement de son propre intérêt. Parfait désintéressement. Grand désintéressement. Entier désintéressement. C’est un homme d’un grand désintéressement. Montrer, faire paraître un extrême désintéressement. Faire preuve de désintéressement.
DÉSINTÉRESSÉMENT. adv.
*  Sans aucune vue d’intérêt. Je vous en parle désintéressément. Il est très-peu usité.
DÉSINTÉRESSER. v. a.
*  Mettre quelqu’un hors d’intérêt, en le dédommageant de ce qu’il perd ou de ce qu’il espérait. Vous n’y perdrez rien, on vous désintéressera. Il a désintéressé tous ceux qui avaient part à cette affaire, qui avaient des droits à faire valoir.
*  DÉSINTÉRESSÉ, ÉE. participe, Il est aussi adjectif, et signifie alors, Qui n’a aucun intérêt à quelque chose. Pour moi, je suis tout à fait désintéressé dans cette affaire.
*  Il signifie en outre, Qui ne fait rien par le motif de son intérêt particulier. C’est un homme désintéressé, s’il en fut jamais.
*  Il signifie également, Qui n’est ou ne peut être animé d’aucun désir de vengeance, d’aucun sentiment d’affection, de haine, etc. Juge désintéressé. Il regarde cela avec un esprit désintéressé, ou figurément, d’un œil désintéressé.
*  Conduite désintéressée, action désintéressée, sentiments désintéressés, conseils désintéressés, etc., Conduite, action, sentiments, conseils, etc., hors de tout soupçon d’intérêt personnel.
DÉSIR. s. m.
*  (Plusieurs font muet, surtout dans la conversation, l’e : Desir, desirable, etc.) Souhait, mouvement de la volonté vers un bien, un avantage qu’on n’a pas. Désir vif, ardent, violent, extrême. Désir déréglé, insatiable. Faible désir. Vain désir. Désir aveugle. Désir criminel. Le désir du gain, de la gloire, des honneurs, des richesses. Le désir de plaire. Brûler de désir. Modérer, contenter, satisfaire, assouvir son désir, ses désirs. Un grand désir. Allumer, exciter les désirs. Au gré de ses désirs. Selon ses désirs.
*  En termes d’ancienne Pratique, Au désir de l’ordonnance, au désir de la coutume, Suivant l’ordonnance, suivant la coutume.
DÉSIRABLE. adj. des deux genres
*  Qui mérite d’être désiré, qui excite le désir. La santé est un bien très-désirable. Un sort, un état, une situation désirable.
DÉSIRER. v. a.
*  Souhaiter, porter ses désirs vers quelque bien qu’on n’a pas ; avoir désir, volonté, envie de quelque chose. Désirer les richesses. Désirer la santé. Désirer ardemment. Désirer avec passion. Il ne désirait rien tant que de… Il serait à désirer que… On doit désirer qu’il réussisse.
*  Fam., Se faire désirer, Mettre peu d’empressement à satisfaire le désir que les autres ont de nous voir, de se lier avec nous, etc., afin de rendre ce désir plus vif. Il aime beaucoup à se faire désirer.
*  Il y a quelque chose à désirer, il y a telle chose à désirer dans cette personne, dans cet ouvrage, etc., Il y manque quelque chose, telle chose. Il est honnête homme, mais il y a encore quelque chose à désirer en lui. Il y a bien des choses à désirer dans cet ouvrage On dit dans le sens contraire, Ne rien laisser à désirer, Être parfait dans son genre. Cet ouvrage ne laisse rien à désirer.
*  DÉSIRER, devant un verbe à l’infinitif, est suivi de la préposition de, lorsqu’il exprime un désir dont l’accomplissement est incertain, difficile, ou indépendant de la volonté. Désirer de réussir. Il y a longtemps que je désirais de vous rencontrer. Je désirerais bien d’en être débarrassé. Quand, au contraire, il exprime un désir dont l’accomplissement est certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il s’emploie sans la préposition de. Je désire le voir, l’entendre, amenez-le-moi. Venez, elle désire vous parler.
*  DÉSIRER, se dit, par extension, en parlant Du bien qu’on souhaite à quelqu’un. Je vous désire toutes sortes de prospérités.
*  DÉSIRÉ, ÉE. participe
DÉSIREUX, EUSE. adj.
*  Qui désire avec ardeur. Désireux de gloire, d’honneur. Le peuple est désireux de nouveauté. Désireux de lui plaire. Il n’est guère usité que dans le style soutenu.
DÉSISTEMENT. s. m.
*  Action de se désister, soit verbalement, soit par écrit ; Acte par lequel on se désiste. Il a fait son désistement à l’audience. Il a fait signifier son désistement. Donner son désistement. Désistement de plainte. Désistement d’appel.
DÉSISTER (SE). v. pron.
*  Se départir de quelque chose, y renoncer. Se désister d’une poursuite, d’une prétention, d’une demande, d’une entreprise.
DÈS LORS. loc. adv.  *  Voyez DÈS.
DÉSOBÉIR. v. n.
*  Ne pas obéir, refuser d’obéir à quelqu’un. Désobéir au prince, à son supérieur, à ses parents.
*  Il se dit aussi en parlant Des infractions à certaines choses. Désobéir à la loi. Désobéir à un commandement, à des ordres.
*  Quoique neutre, ce verbe a un passif. Je ne veux pas être désobéi.
*  DÉSOBÉI, IE. participe
DÉSOBÉISSANCE. s. f.
*  Manque ou refus d’obéissance, action de désobéir. Désobéissance au prince. Désobéissance à la loi. Désobéissance criminelle. Persister dans la désobéissance. Les factieux entretenaient le peuple dans la désobéissance. Acte de désobéissance.
*  Il signifie également, L’habitude de désobéir. La désobéissance est le défaut principal de cet enfant.
*  Il se dit aussi d’Un acte de désobéissance, et, dans ce sens, il peut s’employer au pluriel. C’est pour une seule désobéissance qu’il a été puni. Les désobéissances de cet enfant lui attirent de fréquentes punitions.
DÉSOBÉISSANT, ANTE. adj.
*  Qui désobéit. Fils désobéissant. Fille désobéissante. Sujets désobéissants.
DÉSOBLIGEAMMENT. adv.
*  D’une manière désobligeante.
DÉSOBLIGEANCE. s. f.
*  Disposition à désobliger. Il est d’une désobligeance insupportable.
DÉSOBLIGEANT, ANTE. adj.
*  Qui désoblige. Un homme désobligeant. Une personne désobligeante. Action, manière, parole désobligeante. Procédé désobligeant. Il lui a fait une réponse désobligeante.
DÉSOBLIGEANTE. s. f.
*  Sorte de voiture étroite qui ne peut contenir que deux personnes.
DÉSOBLIGER. v. a.
*  Faire de la peine, du déplaisir à quelqu’un. Il m’a fort désobligé, désobligé sensiblement, extrêmement. Il ne faut désobliger personne. Vous me désobligeriez beaucoup en n’acceptant pas.
*  DÉSOBLIGÉ, ÉE. participe
DÉSOBSTRUANT, ANTE. adj.
*  T. de Médec. Il est synonyme d’Apéritif. On l’emploie aussi comme substantif, au masculin. Ce remède est un bon désobstruant.
DÉSOBSTRUCTIF. s. m.
*  T. de Médec. Il est, comme le précédent, synonyme d’Apéritif.
DÉSOBSTRUER. v. a.
*  Débarrasser, dégager de ce qui obstrue, bouche, encombre. Désobstruer un passage, une rue, un canal, etc.
*  Il signifie particulièrement, en termes de Médecine, Détruire, faire cesser une obstruction. Désobstruer le foie, les entrailles. Ce sens a vieilli.
*  DÉSOBSTRUÉ, ÉE. participe
DÉSOCCUPATION. s. f.
*  État d’une personne désoccupée. La désoccupation est un état pénible pour ceux qui ont passé leur vie dans les affaires. Il est peu usité.
DÉSOCCUPÉ, ÉE. adj.
*  Qui n’a point d’occupation, qui ne s’occupe de rien. Homme désoccupé. Esprit désoccupé. C’est un homme qu’on trouve rarement désoccupé. Des gens désoccupés. Mener une vie désoccupée.
DÉSOEUVRÉ, ÉE. adj.
*  Qui n’a rien à faire, qui ne sait point s’occuper. La visite d’un homme désoeuvré est fatigante. Il est tout désoeuvré. Le temps pèse aux gens désoeuvrés.
*  Il s’emploie quelquefois substantivement. Ils sont là un tas de désoeuvrés.
DÉSOEUVREMENT. s. m.
*  État d’une personne désoeuvrée. Il passe sa vie dans le désoeuvrement.
DÉSOLANT, ANTE. adj.
*  Qui désole, qui cause une grande affliction. Ce que vous dites là est désolant. Une nouvelle désolante.
*  Il se dit, par exagération, D’une simple contrariété. Il se fait bien attendre, cela est. désolant.
*  Il se dit aussi Des personnes, et signifie, Insupportable, ennuyeux, importun, fatigant. Cet homme est désolant, avec ses vers. Elle est désolante, avec ses caprices. Ce sens est familier.
DÉSOLATEUR. s. m.
*  Celui qui désole, qui ravage, qui détruit. Ce conquérant fut le désolateur de l’Asie. Il est peu usité.
DÉSOLATION. s. f.
*  Ravage, ruine, destruction. Horrible désolation. La peste a causé une grande désolation dans ce pays. C’est une désolation. En style de l’Écriture, L’abomination de la désolation.
*  Il signifie aussi, Extrême affliction. Cette nouvelle l’a mis dans une grande désolation. Toute cette famille est plongée dans la désolation. C’était une désolation générale.
*  Il se dit quelquefois, par exagération, pour exprimer Le chagrin, le vif déplaisir que cause une contrariété. Vous me voyez dans la désolation, je n’ai pu obtenir ce que vous désiriez.
DÉSOLER. v. a.
*  Ravager, ruiner, détruire. Désoler un pays, une province. La famine et la contagion désolaient cette ville.
*  Il signifie aussi, Causer une grande affliction. La perte de ce procès me désole. La mort de son ami le désole. La mauvaise conduite de son fils le désole.
*  Il s’emploie quelquefois par exagération, à propos d’une simple contrariété, d’un désagrément, etc. Ce contre-temps, ce retard me désole.
*  Il signifie encore, Tourmenter, inquiéter, importuner beaucoup. Les solliciteurs le désolent. Elle l’a tant désolé pour obtenir cette grâce, qu’il a fini par la lui accorder. Les mouches désolent ce cheval. Les cousins, les moustiques nous désolaient. Ce vent me désole.
*  Il s’emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Se livrer à une grande affliction. Il se désole nuit et jour. Sa mère se désolait de son absence. Elle s’est longtemps désolée.
*  DÉSOLÉ, ÉE. participe, Une ville désolée par la peste. Une province désolée par la guerre.
*  Il signifie adjectivement, Qui éprouve une grande affliction. Il est désolé de cette perte. Une veuve désolée. On l’emploie aussi dans ce sens par exagération. Je suis désolé de vous avoir fait attendre. Vous m’en voyez désolé.
DÉSOPILATIF, IVE. adj.
*  T. de Médec. Apéritif propre à désopiler. Il n’est guère usité que dans cette locution, Remède désopilatif.
DÉSOPILATION. s. f.
*  T. de Médec. Débouchement de quelque partie obstruée. Un remède excellent pour la désopilation de la rate.
DÉSOPILER. v. a.
*  T. de Médec. Déboucher ; détruire les obstructions, les opilations. Il a la rate gonflée, il faut la désopiler. Ces médicaments ont la vertu de désopiler.
*  Fig. et fam., Désopiler la rate, Réjouir, faire rire. Cette scène burlesque nous a désopilé la rate.
*  DÉSOPILÉ, ÉE. participe
DÉSORDONNÉ, ÉE. adj.
*  Où il y a du désordre. Une maison désordonnée.
*  Il signifie également, Mal réglé, déréglé. C’est un homme désordonné dans sa conduite. Mener une vie désordonnée.
*  Il signifie encore, Excessif. Une passion désordonnée pour la chasse. Un appétit désordonné. Une faim désordonnée.
DÉSORDONNÉMENT. adv.
*  D’une manière désordonnée, avec beaucoup de licence et de désordre. Vivre désordonnément.
*  Il signifie aussi, Excessivement. Il aime le jeu désordonnément. Ce mot est peu usité.
172 désenrayer > désordonnément 172
<> 04/04/2021

 

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